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Economie

Settat/Ras El Aïn: Comment des réseaux locaux participent au développement

Par L'Economiste | Edition N°:2331 Le 01/08/2006 | Partager

. Sur place, une association crée des projets . Alphabétisation, coopératives, activités culturelles au programme. Des diplômés chômeurs engagés comme bénévolesRas El Aïn, une commune rurale à la fois proche et éloignée des centres urbains. Située à l’est de Settat et au nord de Ben Ahmed, elle abrite quelque 30.000 habitants répartis sur plusieurs douars(1) qui tirent l’essentiel de leurs revenus d’activités agricoles. La commune est pauvre, sa population aussi. L’essor économique connu par la région Chaouia-Ouardigha ne l’a pas touchée. Les petits lopins de terre, après les sécheresses successives, ne produisent pas grand-chose. Les gens vivotent et s’en remettent au ciel pour tous les besoins de la vie. Les jeunes, diplômés ou non, n’ont qu’une envie: prendre le large et tenter l’aventure de l’autre côté de la Méditerranée. Les filles quittent, elles, l’école très vite et s’en retournent aux champs. Bref, à Ras El Aïn, c’est comme dans toutes les zones enclavées du pays, il n’y a pas de visibilité. Et quand on parle aux habitants de vision 2015 ou 2030, c’est à des années lumières. Car, pour eux, il faut avant tout trouver des réponses au quotidien. Des réponses de proximité qu’une femme offre depuis plus d’une dizaine d’années. L’histoire commence presque comme un conte de fées. Une dame, au gré d’un certain destin, a été sensible au désarroi de certaines personnes et a décidé d’agir. Elle a entrepris, d’abord seule, de venir en aide à ces personnes, puis il fut décidé de rendre les actions plus structurées et plus régulières. Ainsi, Malika Bidah, vice-présidente de l’association Madinat Al Hayat -créée officiellement en 2005- agit sur le terrain et anime la vie associative et sociale dans tout le village et sa région. A noter que l’association est présidée par son mari, Aziz Bidah, dont le rôle est notamment de développer le réseau des partenaires. Ras El Aïn regorge de potentialités mal exploitées. Aussi, Malika propose aux femmes et aux jeunes -les plus motivés- de s’en sortir par leurs propres moyens. L’objectif est d’agir en matière d’éducation, de formation, d’emploi et d’assister les personnes malades et handicapées. Une œuvre entreprise sous l’égide de l’association dont le nom évoque à lui seul l’idéal recherché par ses fondateurs. Des premiers cours d’alphabétisation sont organisés. Des mères de famille qui découvrent les bancs de l’école, cela ne s’est jamais vu. Les premières classes sont aménagées dans les dépendances de fermes et dans les mosquées rurales. De quelques dizaines d’apprenantes au début, en 2006, elles sont plus de 1.000 à suivre le programme. Des classes de remise à niveau sont ouvertes pour aider à l’insertion ou à la réinsertion des enfants qui ont quitté le cursus scolaire. L’école du village a mis à disposition des élèves des locaux. La dynamique fait boule de neige. La bataille est sur tous les fronts. En effet, elle agit pour le développement du monde rural qui constitue plus de 50% du Royaume. Et si le pays manque cruellement de bénévoles et d’associations à même de soulager les démunis, les actions existantes visent plutôt les quartiers défavorisés des villes et leur périphérie. La démarche est aussi originale: elle vise l’action participative des villageois. Elle œuvre aussi pour des partenariats avec des départements publics (wilaya, autorités locales, délégations ministérielles) et opérateurs privés pour la mise place de projets dans lesquels sont impliqués tous les acteurs locaux. Pour Madinat Al Hayat, le savoir est la clé du développement. Outre les programmes d’alphabétisation et de scolarisation informelle, une bibliothèque et un centre multi-média ont été installés dans le centre de la commune. Les jeunes et surtout les diplômés sont mis à contribution. Pas question de gâcher les compétences. Ces derniers s’occupent de la maison des jeunes, du cyber, de l’alphabétisation. Les femmes sont aussi un élément-clé dans cette dynamique. Sensibilisées à l’environnement, elles traquent aujourd’hui le moindre bout de papier dans leur douar. Des arbres ont été plantés pour égayer le paysage. Certaines se sont lancées, avec succès, dans des élevages de lapins ou de chèvres. «Mieux vaut gagner peu que de tendre la main», explique Khadija, la quarantaine et maman de trois enfants. Question loisirs et divertissements, les idées ne manquent pas. Des tournois de football et des représentations théâtrales sont régulièrement organisés, histoire de mettre un peu d’animation à Ras-El-Aïn. Des personnalités, des associations -notamment les Inner Wheel (version féminine du Rotary)- sont régulièrement invitées à des journées champêtres animées par les habitants de la région. Pour Madinat Al Hayat, c’est aussi l’occasion de sensibiliser les bienfaiteurs à soutenir ses actions. Car l’objectif est de créer de véritables activités génératrices de revenus afin de garder à la région toutes ses compétences et lui donner l’opportunité de décoller un tant soit peu.


Coopérative

Depuis quelques mois, une quarantaine de femmes travaillent à la coopérative de couscous mise sur pied par l’association Madinat Al Hayat. Il s’agit d’un couscous roulé de manière artisanale et à base de blé complet, maïs, orge, blé dur ou semoule. Actuellement, 400 kg sont produits chaque semaine, soit 7 kg par heure par femme. Des horaires à la carte sont aménagés en fonction des disponibilités de chacune. Les demandes d’emploi sont nombreuses et déjà des projets d’expansion sont à l’étude. Mais il faut auparavant régler le problème de la commercialisation du produit. Pour l’heure, le couscous est vendu dans le local de l’Union des femmes à Casablanca. Des contacts sont en cours avec une association étrangère pour organiser la commercialisation des paquets de couscous. Enfin, question rémunération, l’association pense à une rétribution au rendement.. Bénévoles Malika Bidah, vice-présidente de l’association Madinat Al Hayat, plaide pour le partage des décisions. Pas question d’imposer ses idées, il faut l’adhésion de tous et notamment des personnes concernées par les projets. La prouesse est d’avoir pu recruter des bénévoles parmi les diplômés chômeurs de la région. Aucun salaire ne leur est promis… mais on leur offre la possibilité de faire autre chose que de «tenir les murs» et broyer du noir toute la journée. Et ils sont des dizaines aujourd’hui à soutenir l’action de l’association à Ras El Aïn. Enseignants, responsables de la bibliothèque ou du cyber, coordinateurs à la coopérative... jeunes femmes et hommes sont l’élément-clé du programme Madinat Al Hayat. «Le soir, quand je rentre chez moi, j’ai le sentiment du devoir accompli. C’est mieux que de rester à tuer le temps au coin de la rue», affirme Ahmed, en charge du programme scolarisation informelle.Fatima EL OUAFI(1) Recensement de 1982. La densité est de 129 habitants au km2

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