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Politique Internationale

Séminaire sur les femmes entrepreneurs au Maghreb : Plus de 300 femmes chefs d'entreprise en 1992

Par L'Economiste | Edition N°:17 Le 20/02/1992 | Partager

· La détermination permet à ces superwomen
de relever le défi.
· La formation rétablira l'équilibre et la compétence
fera le reste.
· Une enquête est lancée pour déterminer leur part
dans le secteur économique.


PLUS de 300 femmes au Maroc sont actuellement des chefs d'entreprise, sans compter celles qui évoluent dans le secteur informel. Leurs entreprises emploient près de 20.000 salariés.
A l'occasion d'un séminaire sur "Le rôle des femmes entrepreneurs dans les économies du Maghreb", Mme Fadila Bennis, enseignante à la faculté de Droit à Casablanca, a retracé, l'histoire et les facteurs de promotion de l'entreprenariat féminin au Maroc. "L'entreprenariat féminin au Maroc n'est pas un phénomène récent. Il a une histoire. L'esprit d'entreprise chez les femmes a toujours existé. On le situe à l'origine dans le commerce et plus précisément aux souks. Ce fait laisse présager un profil d'entrepreneur. C'est à partir des années 1980 que l'on décèle la présence des femmes dans les PME à caractère familial.
En 1986, on compte 220 femmes à la tête d'entrepriseS et 300 femmes en 1990". Mais les femmes n'ont toujours pas accès aux postes de haute responsabilité. PDG, DG, Administrateur. Elles ne sont guère plus présentes au parlement, ou dans des postes ministériels. Les femmes développent leur créativité, et savoir-faire dans les secteurs traditionnels. La couture, la cuisine sont exploitées pour laisser place à la confection, à la patisserie-traiteur. Surtout que ces activités n'exigent pas au départ beaucoup de capitaux.

Pour accéder aux postes de plus grande responsabilité, la formation constitue un trempling. "Les femmes réussissent mais elles peuvent mieux faire grâce à la formation.
La formation dans des disciplines d'activité telles que le management, le marketing et l'informatique permettront de rendre ces entreprises plus performantes", soutient Mme Souad Filal, Directrice de Delta Management.
L'accent porte alors sur d'autres problèmes rencontrés par les femmes, notamment le contexte socio-culturel qui n'est guère propice à l'esprit d'entreprise chez les femmes: la famille et l'éducation freinent encore nombre d'entre elles. Mais fait curieux, elles sont rares les chefs d'entreprise à avoir des réticences, de la part de leur personnel.
En dépit des mutations qui s'opèrent, les avis des participants sont unanimes quant à la lenteur des changements. Le désir d'entreprendre nécessite encore le visa du père ou du mari.
"Certes, des mutations profondes et rapides, déjà ressenties, vont être occasionnées par le libéralisme économique et politique", déclarent Mme F. Bennis et M.O. Akalay, Directeur à la BMCI, d'affirmer "sans texte, sans loi, avec une volonté ferme et sans marche arrière, les choses ont bougé". Il rajoute ensuite "les réformes se font à dose homéopathiques. Il s'agit de ne pas briser un consensus. D'ailleurs, les femmes avancent par des textes muets".

Si le droit au divorce demeure l'apanage des hommes, la polygamie elle, tombe en désuétude. Reste le problème de l'héritage où les femmes sont défavorisées en tant qu'épouses et en tant que filles. Pour le rôle des femmes dans l'entreprenariat, M.O. Akalay assure que "les chefs d'entreprises recherchent de plus en plus des compétences techniques, de gestion et non plus un homme, ou une femme". Les témoignages des participants convergent dans ce sens.
Il semblerait que les compétences font de plus en plus la différence. "Certaines chefs d'entreprise préfèrent attribuer un poste de responsabilité à une femme. Et une femme qui réussit à percer, ne peut être qu'un brillant élément" ajoute Mme S. Filal. M. Jouahri, de la SMAEX, intervient en précisant "qu'aucune discrimination n'existe à l'égard des femmes. Seule la recherche des compétences prime". Les prises de paroles des intervenants se suivent; et ne se ressemblent pas. Les expériences vécues par les femmes tunisiennes, algériennes ressemblent à celles de Mmes Bouayad Othmani, Berrada, Melloul. Ces femmes ont fait preuve d'obstination face aux préjugés, et aux banquiers.
Elles suscitent à leur passage de l'admiration, parce qu'elles ont bravé les réticences des banquiers à leur octroyer des crédits, et surtout parce qu'elles ont réussi. Pour certaines, dont l'entreprise a plus de 10 ans, elles ont le mérite d'être pionnières dans leur domaine, d'autant plus que le climat d'alors était difficile. Dommage que "les adversaires les plus farouches à l'école aient été des femmes" comme le rappelle M.O. Akalay. On aurait gagné du temps. Rappelons que sur 3 millions de femmes qui travaillent, les 2/3 sont analphabètes!.

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