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    Economie

    Selon une enquête de la Direction de la Statistique : Le chômage urbain se stabilise autour de 16%

    Par L'Economiste | Edition N°:155 Le 24/11/1994 | Partager

    De 16% en 1992, le taux de chômage en milieu urbain est passé à 15,9% en 1993. Cette stabilisation ne semble pourtant pas enrayer l'accroissement du volume des demandeurs d'emplois de plus en plus qualifiés et les très fortes disparités régionales.

    L'enquête de la Direction des Statistiques relève une certaine stabilité du taux des demandeurs d'emplois dans les villes en dépit des difficultés économiques consécutives à deux années de croissance négative du PIB réel, -4,1% pour 1993 et -1,1% en 1992.

    Elle relève en outre que le gonflement du volume de chômeurs est imputable à l'augmentation du chômage masculin: 17,1%, alors que la population active féminine a connu, elle, une baisse de plus de 7 points de son taux de chômage. De 38,3% en 1992, celui-ci est passé à 31,1% en 1993.

    La quasi-stabilité du taux de chômage urbain ne doit cependant pas masquer les très fortes disparités relevées au niveau régional. En effet, il ressort de l'enquête que les régions économiques de l'Oriental, du Centre-Nord et du Tensift sont les plus touchées, avec respectivement des taux de chômage de 18,6%, 17,3% et 1,5%.

    En revanche, les améliorations les plus marquantes sont observées dans les régions du Sud (-12,5%) et du Centre-Sud (-12%) en demandeurs d'emplois.

    Par ailleurs, le chômage des jeunes (15-24 ans) ne semble pas faiblir, note l'enquête. Il constitue même, poursuit-elle, un réel sujet de préoccupation. En effet, les 15-24 ans constituent près de 41.3% de l'ensemble des demandeurs d'emploi. Le taux de chômage des jeunes citadins atteint 30,2%, soit pratiquement le double de celui de l'ensemble des actifs vivant en milieu urbain, âgés de 15 ans et plus, note l'enquête. On peut cependant s'attendre à une prochaine amélioration de l'emploi des jeunes, après l'application des mesures prévues par le fonds pour la promotion de l'emploi.

    Une autre constante du marché de l'emploi est l'élévation continue du niveau de formation des demandeurs d'emploi en milieu urbain.

    Actuellement, souligne l'enquête, le marché du travail en ville se caractérise par la présence de chômeurs diplômés qui ne seraient pas disposés à accepter n'importe quelle activité professionnelle. Conséquence: ces derniers se montrent plus exigeants et cherchent à occuper des emplois qui soient conformes à leur qualification.

    La proportion des chômeurs ayant des diplômes d'un niveau supérieur(1) va en s'accroissant: elle est passée à près de 45% en 1993 contre 35,8% en 1985.

    Par ailleurs, si l'on s'en tient à la seule année 1993, il ressort de l'enquête que les jeunes lauréats fraîchement sortis des systèmes scolaires éprouvent des difficultés à trouver du travail: 72% des nouveaux diplômés arrivant sur le marché du travail en 1993 n'ont pas pu être embauchés, soit une hausse en volume de 22.244 chômeurs. Le chômage ''qualifié'' semble, selon l'enquête, affecter plus les femmes que les hommes. Elles en représentent près de 44% du total.

    Pour le reste, le chômage urbain s'apparente de plus en plus à un phénomène structurel, face à une insuffisance d'offres d'emplois. La part des chômeurs de longue durée (12 mois ou plus) prend toujours plus d'ampleur d'une année à l'autre. Selon l'enquête, elle est estimée à 68% en 1993 alors qu'elle était de 54% en 1985. Les experts sont unanimes à reconnaître qu'il n'y a pas de remède miracle à ce "fléau", mais s'accordent à penser que seule une très forte croissance économique durable le combattrait efficacement.

    Abashi SHAMAMBA

    (1) Par diplôme de niveau supérieur, selon l'enquête, il faut entendre: baccalauréat, diplôme de cadre moyen et diplôme supérieur.

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