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    Selon les concessionnaires privés du transport urbain : Le cahier des charges est devenu pénalisant

    Par L'Economiste | Edition N°:191 Le 03/08/1995 | Partager

    Les concessionnaires privés du transport en commun se trouvent dans une situation paradoxale. D'un côté, il leur est demandé de jouer un rôle social, et d'un autre ils opèrent avec un cahier de charges contenant des clauses devenues lourdes. Parmi celles-ci figure le versement de 5% du chiffre d'affaires aux collectivités locales.


    La situation du transport urbain à Casablanca est peu enviable. La RATC, qui existe depuis le début des années soixante, n'a pas pu atteindre des résultats performants. Son déficit, qui ne cesse de s'accentuer, explique en grande partie la vétusté de son parc. Plusieurs autobus ont une moyenne d'âge qui dépasse 10 ans. Plus de 80% des lignes sont déficitaires. Lors d'une conférence ayant eu lieu le 13 juillet à la Chambre Française de Commerce et d'Industrie, un représentant des collectivités locales avait soulevé la question de la réorganisation et de la restructuration de la Régie. Les collectivités locales veulent ainsi constituer une commission d'experts afin de diagnostiquer la situation de la Régie en vue d'entreprendre les mesures nécessaires permettant de dépasser sa crise. Parmi les points qui ont été soulevés figurent le sureffectif, le faible taux d'encadrement, le déficit sur les lignes rurales et scolaires, les resquilles, la gratuité...

    Zones peu desservies

    Avec toutes ces difficultés, la RATC n'a pas pu développer son réseau en fonction des besoins des quartiers périphériques de Casablanca. Ces zones restent très peu desservies. Cette situation permet aux concessionnaires privé d'avancer progressivement leur terminus de quelques centaines de mètres. Faute d'autorisation écrite, les transporteurs privés sont à chaque fois rappelés à l'ordre. "Si la Régie n'a plus les moyens de développer son réseau, le privé est capable d'élargir et d'injecter des lignes dès qu'on le lui demande", confie un transporteur privé.
    Après le Discours Royal de 1984 sur le transport urbain, beaucoup d'entreprises privées telles que Rahabus, Casabus, Sotrum, Américar, Rafahyabus, Stums, Hanabus... ont été créées dans l'espoir de jouer un rôle complémentaire par rapport à celui de la Régie. Le privé se déclare capable d'assurer un transport de qualité en l'absence de certaines entraves qui freinent le développement du secteur. "La Régie ne peut plus subvenir seule aux besoins de la ville de Casablanca", note un concessionnaire privé.
    Actuellement, les transporteurs urbains privés (dépendant de la direction des régies et service concédés, qui est une Direction du Ministère de l'Intérieur) souffrent d'un cahier des charges devenu lourd. Ce cahier des charges devait évoluer pour prendre en considération les nouveaux besoins en transport urbain, disent-ils.
    Parmi les clauses figure le prélèvement de 5% du chiffre d'affaires des concessionnaires par les collectivités locales. Interrogés sur cette question, la majorité des concessionnaires avaient affirmé que ce pourcentage excède la marge bénéficiaire des entreprises privées de transport en commun.

    Mesures contradictoires

    Certains transporteurs privés estiment que cette mesure est contradictoire avec le rôle social qu'ils doivent jouer. Outre ce rôle, le privé veut en parallèle rentabiliser son activité. "Les lignes qui sont déficitaires ne peuvent être maintenues". Une révision des lignes de transport urbain est devenue nécessaire pour la bonne continuité du secteur. La première étude des lignes a été réalisée sur la base de "cartes muettes". Actuellement, l'analyse doit être centrée sur les motivations de déplacement des personnes susceptibles de prendre le bus tout en identifiant les besoins en transport urbain. Des études ont été faites à l'initiative de certains concessionnaires qui ont pu améliorer leur service de manière remarquable. La compagnie Rahabus par exemple a mis en service il y a quelques mois des minibus avec un transport de luxe pour les courts trajets. L'investissement s'est élevé à près de 20 millions de Dirhams. Optimiste, M. Abdelkader Anuwar, PDG de Rahabus, estime que le transport urbain à Casablanca se porte bien. Pour lui, "seules les entreprises les plus organisées parviennent à s'en sortir". Rahabus déclare réaliser des bénéfices confortables. L'évolution annuelle de son chiffre d'affaires est estimée entre 8 et 10%.
    Pour d'autres concessionnaires, la situation est plutôt grave. Selon eux, l'Administration doit prendre les mesures nécessaires pour relancer le secteur. A commencer par la révision du cahier des charges, les pouvoirs publics sont appelés à redéfinir le statut des concessionnaires. "Le transport privé ne doit plus être considéré comme une passerelle pour résoudre temporairement un problème".

    Hicham RAÏQ.

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