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    Entreprises

    Selon la Banque Mondiale : L'agro-industrie a abandonné la compétition

    Par L'Economiste | Edition N°:133 Le 09/06/1994 | Partager

    Les défaillances relevées dans la gestion des agro-industries par des experts de la Banque Mondiale ne sont pas spécifiques au secteur. La plupart d'entre elles sont communes à l'entreprise marocaine.

    "Les entreprises agro-industrielles marocaines devront modifier leur gestion si elles veulent prospérer dans ce nouvel environnement caractérisé par un changement fondamental, la pression croissante de la concurrence", note un rapport de la Banque Mondiale(1). Celui-ci insiste sur l'adoption de styles de gestion tournés vers une planification et un marketing axés sur le consommateur, la transparence et la fiabilité des méthodes et documents comptables et sur "une véritable" délégation de responsabilité. Car "les styles de gestion propres à un environnement réglementé, protégé où la demande est excédentaire ne sont pas axés sur le consommateur". Les problèmes "chroniques" des agro-industries, tels que recensés par les auteurs de ce rapport, sont relatifs au manque de fiabilité de l'approvisionnement en intrants d'origine agricole, à la médiocrité des emballages et à la pénurie de techniciens et cadres moyens expérimentés.

    Parmi les contraintes liées à l'approvisionnement figurent le morcellement des exploitations agricoles et la faible performance économique de l'industrie du commerce de gros et l'irrégularité de la qualité. Les politiques de différenciation des produits par les agro-industries impliquent pourtant une maîtrise de l'approvisionnement, rappelle le rapport. Autre raison invoquée: les agriculteurs ne se sentent pas légalement liés par des contrats d'approvisionnement, que ce soit auprès d'un négociant, d'une coopérative ou d'un industriel local, précise le rapport. Cette situation complique donc la tâche des entrepreneurs qui veulent maîtriser, régulariser et assurer leur approvisionnement. La Banque Mondiale recommande alors un plus haut niveau d'engagement entre les entreprises agro-industrielles et leurs fournisseurs.

    A ces difficultés viennent s'ajouter des contraintes dans l'approvisionnement de produits d'origines non-agricoles. Les experts de la Banque Mondiale dénoncent en effet la position de quasi-monopole des entreprises fournissant les emballages. Ce quasi-monopole constitue un frein à l'amélioration de la qualité des emballages.

    Marchés excédentaires

    Pour ce qui est du financement, le rapport met en exergue la faiblesse générale dans la structure de la dette et des fonds propres, qui est attribuée au caractère familial des entreprises. "Il est relativement dangereux, note-t-il, de financer des investissements par un recours important à l'emprunt, et souvent même par des crédits à court terme renouvelés".

    Autre faiblesse: la gestion des besoins nets de trésorerie. Contrairement à un petit nombre d'entreprises qui prévoient suffisamment à l'avance leurs besoins de financement, d'autres les gèrent "à chaud " et demandent aux banques de financer 100% de leurs stocks, "ce qui est impossible à obtenir".

    Le rapport explique que les entreprises qui ont orienté leurs stratégies d'exportation vers l'Union Européenne voient de nombreuses zones de consommation devenir de plus en plus autosuffisantes, voire excédentaires. Par ailleurs, les protections douanières ainsi que le plafonnement des régimes d'exportation préférentiels ne permettent pas le plein développement du potentiel de production de plusieurs produits agricoles. En outre, les experts affirment qu'un nombre important d'agro-industries ont développé leurs activités dans des secteurs considérés comme sensibles par les pouvoirs publics (sucre, oléagineux, raffinage des huiles etc...). Ce qui explique que l'ensemble des coûts de transformation de ces secteurs aient été pendant longtemps couverts par des subventions. Conséquence: les entreprises ne cherchent plus réellement à affronter la compétition. Les spécialistes de la Banque Mondiale citent entre autres le cas des coopératives agricoles. L'orientation de l'économie nationale vers la déréglementation et le désengagement de l'Etat obligera donc les entreprises à modifier leurs comportements commerciaux et financiers "en passant d'une situation d'assistance, de contrôle et de protection à une situation d'autonomie dans la décision, de confrontation avec les forces du marché, de prise en compte de l'incertitude et des risques", conclut le rapport.

    H.E.

    (1) Voir les deux précédentes éditions de L'Economiste. Ce rapport a été la base d'un récent colloque tenu à Rabat.

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