×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Sel: La mise à niveau occulte la stratégie d'iodation

    Par L'Economiste | Edition N°:269 Le 27/02/1997 | Partager

    La stratégie d'iodation du sel alimentaire tarde à se généraliser. Mais c'est surtout la mise à niveau du secteur qui préoccupe les professionnels. La production se caractérise par sa faible industrialisation, ce qui ne garantit pas toujours une bonne qualité du sel alimentaire.


    La qualité du sel alimentaire a ravi la vedette à son iodation.
    Réunis samedi 22 février à Salé, lors de la journée nationale sur l'impact socio-économique de l'iodation du sel, les opérateurs du sel ont surtout mis l'accent sur l'urgence de la mise à niveau de leur secteur. Ils se sont rendu compte que c'était l'unique alternative s'ils veulent à l'avenir rester compétitifs dans le cadre du démantèlement douanier. Pour faire preuve de leur bonne volonté, des industriels affirment avoir entamé une série de réunions avec la Division de la Normalisation du MCIA. Objectif: parvenir à un consensus sur la qualité du sel commercialisé au Maroc.
    Une vingtaine d'entreprises semi-industrielles et artisanales animent ce marché. La consommation totale de sel alimentaire représente près de 180.000 tonnes. Ces besoins sont assurés par la production locale qui atteint 300.000 tonnes (y compris le sel à usage industriel).
    Quoiqu'inéluctable, la mise à niveau bute pour l'heure sur des problèmes structurels. En particulier celui de la rentabilité et de la maîtrise des coûts. Les opérateurs ont avoué «être peu incités à investir, le sel étant un produit à faible valeur ajoutée».

    Reste la stratégie d'iodation du sel alimentaire, le principal sujet à l'ordre du jour. Elle n'est pas tout à fait au point si l'on en juge d'après quelques indicateurs. Sur les 17 producteurs à avoir reçu les machines d'iodation financées par l'UNICEF, seules 13 unités sont fonctionnelles. Le sel iodé existe, donc sur le marché. Le sel non iodé continue d'être commercialisé aussi. Pourtant, les lois sont déjà là. Le texte imposant aux producteurs de sel alimentaire l'obligation de ne commercialiser que du sel iodé a été publié au BO le 20 décembre 1995. En principe son application devait être rendue effective le 20 juin 1996.
    Tout récemment, le 2 janvier dernier un arrêté conjoint des ministres de la Santé Publique et de l'Energie et des Mines, principaux départements concernés par la stratégie d'iodation du sel alimentaire, est paru au BO. Il fixe les conditions de déclaration pour la fabrication du sel alimentaire et les spécifications de ce sel et du matériel utilisé pour son iodation. L'arrêté énumère dans le détail les caractéristiques techniques des machines d'iodation. «La machine doit être équipée d'un dispositif mécanique de pulvérisation de l'iodate de potassium en concentration, doté d'une pompe dont le débit est réglable...». Ces précisions n'ont pas manqué de faire tiquer les producteurs qui doivent acquérir les machines par leurs propres moyens. Ils craignent que leurs machines ne répondent pas à ces normes et qu'ils soient donc en infraction avec la loi. D'autres portent le débat sur un autre terrain. Ils estiment qu'il aurait peut-être fallu commencer par restructurer le secteur avant d'entamer la stratégie d'iodation.

    Les femmes de Brikcha


    Pour M. Hassan Rifki, président de l'Association Marocaine des Professionnels en Supernutriments (AMPS), organisatrice de la journée, le problème ne se pose pas en ces termes. «Il fallait faire face à une situation d'urgence», à savoir la lutte contre les troubles dus à la carence en iode».
    Créée à l'occasion du déclenchement de la stratégie d'iodation du sel, l'AMPS milite plus globalement pour une culture de fortification des aliments au Maroc.
    Les procédés artisanaux de production de sel alimentaire ne doivent pas être tous mis au ban des accusés. Pour preuve, la qualité reconnue du sel alimentaire produit dans la région de Brikcha, entre Chefchaouen et Ouazzane. En effet, une centaine de femmes y exploitent depuis des années une source saline. La production est faible, puisqu'elle ne dépasse guère une centaine de tonnes/an, mais le sel obtenu est d'une qualité irréprochable. L'eau salée est d'abord collectée dans des bassins où elle subit une précristallisation. La saumure de sel fait ensuite l'objet d'un fractionnement dans des bassins de cristallisation avant d'obtenir le produit fini.
    Des unités mobiles d'iodation doivent en principe couvrir ces petits producteurs.

    Mohamed BENABID



    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc