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Séisme d'El Hoceïma
Un immeuble sur 150 s'est effondré

Par L'Economiste | Edition N°:1723 Le 11/03/2004 | Partager

. Les premières évaluations des dégâts matériels. 5.000 habitations à reconstruire à Imzouren . Un cordon de sécurité autour des immeubles menacés en projetFaut-il démolir la ville d'Imzouren et tout reconstruire? Selon certains professionnels du bâtiment, c'est la plus sage des solutions pour parer à d'éventuels dégâts matériels, et surtout humains. C'est le constat établi par une commission, regroupant des membres de différents secteurs du bâtiment. Il s'agit de l'Association marocaine du conseil et de l'ingénierie (AMCI), le Conseil régional de l'Ordre des architectes du Nord, l'Ordre des ingénieurs géomètres topographes et des bureaux de contrôle.La commission, qui s'est rendue sur les lieux du drame, a pu constater les dégâts provoqués par le séisme et mis le doigt sur les causes de l'effondrement de certains bâtiments et la fissuration d'autres. Lesquelles se résument essentiellement au non-respect des normes réglementaires en matière de construction. Selon Aboukacim Nekmouche, membre de la commission, «la prochaine secousse peut provoquer l'effondrement des constructions qui ont résisté».Les membres ont pu constater qu'un immeuble sur 150 (majoritairement des bâtiments du type R+2 à R+4) s'est effondré. Côté fissures, 3 immeubles sur 100 sont gravement endommagés.Sur le terrain, la qualité des constructions laisse à désirer. Ferraillage structuré en acier doux, dalle non ferraillée et épaisseur de plancher insuffisante, tous ces éléments ont contribué à la catastrophe. Ces ouvrages ne répondent non seulement pas aux normes des techniques de construction en vigueur (BAEL ou autre norme parasismique) mais ne disposent guère non plus de plans de structure. Les autorisations étaient délivrées sur la base de plans établis par des représentants locaux du service technique de l'administration ou des architectes qui donnent leur aval au projet sans un quelconque suivi. D'ailleurs, «la ville d'El Hoceïma ne dispose que d'un seul bureau d'études, récemment créé», affirme Nekmouche. . Degré de vulnérabilitéAutre constat des professionnels à la commission, la non-consultation du laboratoire géotechnique lors de la construction pour faire une étude sur la nature du sol abritant l'édifice. Laquelle permettrait d'éviter des ouvrages sur des sols vulnérables. Selon les professionnels de la construction, 3 immeubles sur 100 ont enregistré des dégâts sérieux, surtout au niveau des poteaux de rez-de-chaussée. D'autres dégâts ont touché les éléments porteurs structurels au niveau des ferraillages ou des piliers. Ainsi, sur quelque 7.000 bâtiments, 45 n'ont pas résisté à la secousse. Dans les bourgades, les dégâts ont été plus importants malgré des constructions sur un niveau. C'est le cas de la localité de Aït Kamra et Bouham. Selon Nekmouche, le fait que les maisons soient construites sur des espaces éloignés augmente leur degré de vulnérabilité. De surcroît, la construction est édifiée avec des pierres empilées les unes sur les autres, avec un jointoiement de terre, ce qui ne confère aucune résistance à l'ouvrage. Ce genre de bâtiments peut s'effondrer en cas de fortes pluies et pas seulement en cas de séisme de forte magnitude, poursuivent les professionnels.Les constructions dans la ville d'El Hoceïma sont sorties indemnes de ce séisme. Mis à part quelques fissures, la totalité l'ont échappé belle sans pour autant répondre aux normes réglementaires. Mais n'y a-t-il pas risque d'effondrement en cas de secousses? Noureddine Benyahia, président de la Fédération marocaine du conseil et de l'ingénierie, répond par l'affirmative. La résistance des constructions à El Hoceïma constitue une énigme, surtout pour ce qui est des immeubles attenants à des ouvrages effondrés.Certains trouvent la réponse dans la technique locale de construction. Selon Nekmouche,» ces habitations ont été construites d'une manière différente de celle adoptée dans les autres régions du Maroc». Quelle est la spécificité de cette méthode? «On l'ignore», déclare le membre de la commission. Seule certitude: ces constructions ne répondent pas aux normes réglementaires. Aujourd'hui, 5.000 logements doivent être édifiés, sur un site moins sensible aux déchaînements de la nature. D'où l'obligation de recourir aux services du laboratoire géotechnique pour identifier ce sol. De plus, la formule adéquate n'est pas encore retenue. Car à côté des maisons effondrées, d'autres ont été fissurées. Pour la prochaine étape, il s'agira de trancher sur certains points: remettre en état de conformité les constructions à risque ou les démolir complètement?L'estimation du coût global de l'opération de reconstruction ou de restauration n'a pas encore été arrêtée. En attendant, la commission a proposé des mesures de sécurité dont l'établissement d'un cordon autour des immeubles menacés.


Commission technique ministérielle

Outre la commission regroupant les professionnels de la construction qui ont procédé à l'opération d'inspection à titre volontaire, une commission technique est toujours sur les lieux de la catastrophe. Chapeautée par le ministère du Logement et de l'Urbanisme, elle procède à une première évaluation de la situation dans les zones les plus touchées. Ces résultats serviront d'éléments de base pour définir les contours d'un plan d'urgence.Amal BABA ALI

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