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Séisme d'El Hoceïma
Imzouren en état de choc
De notre envoyée spéciale à El Hoceïma, Amal TAZI

Par L'Economiste | Edition N°:1712 Le 25/02/2004 | Partager

. A 17h, hier, le bilan était de 229 morts et 150 blessés. Des familles entières ont péri sous les décombres Béni Ayache. Entre Caseta et El-Hoceïma. Les premières traces du tremblement de terre qui a secoué la région, tôt hier matin, commençaient à être visibles. Les murs des maisons sont fissurés; sur d'autres, de larges ouvertures montraient que l'onde de choc a été très forte. Tout le monde était silencieux dans la voiture qui roulait vers Imzourene. La radio donnait quelques détails. On annonçait à chaque fois les bilans provisoires. 20 morts, puis 40, 50, 82.. Le compte grimpe en flèche et la désolation se lisait sur les visages. Plus on s'approchait d'Imzourene, plus la boule qui nouait les gorges se serrait davantage. Que va-t-on y trouver? Personne n'osait se hasarder à faire un quelconque commentaire. Encore des maisons dont les murs sont fissurés. Des fissures plus importantes, plus béantes. Imzourene n'est plus très loin. Le bruit provoqué par les sirènes des ambulances de la Protection civile se fait plus strident. Dans les deux sens de la route, elles foncent à toute allure. Les blessés sont donc nombreux. Les premières maisons d'Imzourene pointent à l'horizon. Premiers aspects de désolation aussi. Des citoyens, hagards, le regard perdu, avancent vers on ne sait quelle destination. Des remblais, des tas de pierre, des engins de terrassement. L'opération sauvetage et secours avaient déjà commencé. La secousse tellurique s'est quand même produite vers 02h37 du matin. Il est midi. Dans leur douleur, les populations d'Imzourene prêtaient main-forte aux secouristes arrivés très tôt sur les lieux. La mobilisation est générale et totale. Les nombreux éléments de la Gendarmerie royale, des Forces Armées royales, des Forces auxiliaires et de la Protection civile se démènent comme de beaux diables pour retirer les corps de sous les décombres. A défaut de sauver des vies. On cherche des survivants et le bilan des dégâts continue à grimper. Pourvu que cela s'arrête. La voiture s'arrête devant une maison de trois étages qui s'est affaissée comme un château de cartes. Une dizaine d'hommes dégageaient les gravats. Il y a des morts sous ces débris. Des corps avaient déjà été retirés. Enveloppés dans des couvertures, ils seront bientôt évacués. Des familles entières ont péri sous les décombres de leurs maisons. Les secours s'étaient organisés très vite et la recherche de survivants s'est faite rapidement. Un homme pleure son frère et sa belle soeur. Ses larmes ne l'empêchent pas d'aider les secouristes. Aucun vent de panique, mais une psychose de répliques s'était installée chez les gens. C'est ce qui fait que des dizaines et des dizaines de personnes ont rejoint un vaste parking. Assises à même le sol, des femmes serrent leurs enfants sur leurs poitrines. Elles sont toutes en vêtements de nuit. Elles n'ont pas eu le temps de s'habiller. Dans une région connue pour son conservatisme, voir des femmes, dans de tels habits est plutôt rare. Tous les commerces sont restés fermés. Les écoles et les administrations aussi. Seules les téléboutiques et les pharmacies sont en activité. Les premières pour permettre aux habitants de communiquer avec leurs proches, habitant loin. Les secondes pour fournir médicaments et autres produits pharmaceutiques pour les premiers soins. Le spectacle n'est que désolation et pleurs. Dans la dignité certes. Le tremblement de terre a touché même les constructions en dur. Rien n'a été épargné, même si la plupart des maisons sont restées debout. La recherche des corps se poursuit. L'évacuation aussi. Le ballet des ambulances continue. On transporte les blessés vers les hôpitaux d'El-Hoceïma, Tétouan, Fès, Taza. L'équipe médicale dépêchée sur place n'arrête pas de donner des soins aux blessés, de calmer quelques crises d'hystérie, de rassurer. Il y a encore des évacuations de corps. On parle de 182 morts, le bilan s'alourdit. Celui des dégâts devient encore plus important. Sur la route vers El-Hoceïma, c'est le même spectacle de ballet d'ambulances. Les mêmes sirènes rappellent comme quoi une catastrophe naturelle s'est produite ce jour-là, dans cette région même. Une région très exposée aux risques de séisme. Les premiers camions chargés de tentes, de couvertures, de produits alimentaires et de médicaments font leur apparition. Ils roulent difficilement sur cette route de montagne, pas très large. Le temps est frais, les visages sont tendus, crispés. Les secouristes s'activent toujours. On essaie de sauver celui qui peut l'être.A l'entrée d'El-Hoceïma, hier vers 14h30, rien ne laisse deviner que la ville a été touchée par un tremblement de terre. Les dégâts ne sont pas de l'importance de ceux constatés à Imzourene où des familles entières sont restées sous les décombres. Mais la ville a été fortement secouée. Selon des éléments de la Protection civile, la nature et la structure montagneuse de la ville ont amorti l'onde de choc.Le bilan continue à devenir dramatiquement lourd. Les autorités font alors état de 229 morts et 150 blessés. Beaucoup plus, selon des sources médicales. Plus de 400 morts, avance-t-on. L'hôpital d'El-Hoceïma est en ébullition. Tout le monde est sur le pied de guerre. Les médecins de la ville se sont tous mobilisés. Des équipes médicales sont arrivées de Rabat, Nador et des centres avoisinants. Beaucoup d'habitants se sont portés volontaires. Les pharmaciens d'El-Hoceïma ont fait don de médicaments d'urgence. Un véritable mouvement de solidarité s'est constitué, spontanément. Les familles des victimes se tiennent le coude et se soutiennent mutuellement, dans la douleur et la dignité. Pas de cris, ni de lamentations dans l'enceinte de l'hôpital. On pleure, dans le silence. Un silence horriblement pesant. Une petite fille, à peine âgé de 8 ans, explique à une dame qu'elle savait que ses parents étaient morts. Elle a été prise en charge par la pauvre dame qui a perdu un membre de sa famille.

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