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Séisme d'El Hoceïma
Construire une maison solide et conforme

Par L'Economiste | Edition N°:1723 Le 11/03/2004 | Partager

. Attention au sol et aux fondations. Le coût d'un procédé antisismique ne dépasse pas 5% du coût des gros oeuvresPlus de trois semaines après le tremblement de terre d'El Hoceïma, le débat sur la nécessité de respecter les normes parasismiques bat toujours son plein. Comment doit être construit un bâtiment conforme? Les normes parasismiques sont un ensemble de calculs établis par les ingénieurs et les bureaux d'études. Concrètement, “il s'agit de savoir si la construction sera suffisamment forte pour supporter les charges verticales et les surcharges pour lesquelles elle a été dimensionnée”, explique Mohammed Errouaiti, expert, chef de la division Maintenance et réhabilitation au Laboratoire public d'études et d'essais (LPEE). Toute construction est mesurée par rapport aux charges et surcharges qu'elle va supporter. Par charges permanentes, l'expert entend le poids du bâtiment lui-même et ce qu'il incorpore en charges fixes statiques (matériel de travail lourd comme dans les hôpitaux, les scanners…). Puis les surcharges, qui se rapportent aux charges variables d'exploitation (les habitants …). Ceci est le travail effectué dans une étude normale. Viennent ensuite les données parasismiques. Ici, il s'agit d'effectuer un ensemble de calculs afin de dimensionner la construction pour qu'elle puisse supporter les sollicitations supplémentaires générées par l'action sismique. Pour l'expert, le bâtiment doit non seulement supporter ces perturbations, mais dissiper cette énergie. Qu'est-ce qui se passe pendant un tremblement de terre? Selon Mohammed Errouaiti, “dans un séisme, la libération de l'énergie existant au centre de la terre se traduit par une onde. Celle-ci, quant elle arrive à la surface de la terre, excite les constructions et les met en mouvement vibratoire dans les trois directions. Deux directions planes et une qui leur est perpendiculaire (plus simplement, le mouvement s'effectue dans le sens de la largeur, longueur, et en hauteur). Et ensuite le bâtiment se met en mouvement”. Le Maroc est une zone à risque sismique. Il est réparti en trois territoires selon l'intensité du risque. A chaque zone correspond un calcul avec des coefficients de sécurité caractéristiques. Si les études respectent la conformité des calculs, le bâtiment ne devrait pas s'effondrer. La sécurité dans le bâtiment ne dépend pas uniquement des calculs, mais aussi du respect des phases de construction. Un travail préliminaire doit être fait. Errouaiti explique: “Il faut faire une étude géotechnique préliminaire du terrain pour savoir si le site ne présente pas de dangers. Une fois l'accord de principe donné sur le choix du site, il faut faire une deuxième étude géotechnique globale pour connaître le niveau de fondation (car c'est le bon sol qui est recherché), le type de fondation qui s'adapte à ce sol (semelle isolée, filante ou radier généralisé, ou alors des fondations profondes), puis le taux de travail de cette fondation. Ce sont ces trois éléments réunis qui permettent d'éviter les risques liés aux mouvements de fondation sous charges sismiques, notamment le tassement, les dislocations ou le glissement. Ensuite, ces données sont transmises au bureau d'étude auteur du projet et à l'architecte pour qu'il commence la phase de conception. “Le travail de l'architecte et de l'ingénieur doit être réalisé de manière concertée et étroite, pour pouvoir choisir les bonnes dispositions à la fois structurelle et architecturale, permettant ainsi de réduire le coût engendré par la prise en compte de l'action sismique sur la construction. Coût qui ne dépasserait pas 5% du coût des gros oeuvres”, explique l'expert. Sans oublier la bonne qualité des matériaux et d'exécution.


Quelques procédés

Certaines entreprises ont des procédés de construction antisismique qui ont fait leur preuve. C'est le cas de Sedec, installée à Témara, dont la technique de construction s'appuie sur une structure porteuse en bois et un bardage (murs) en panneaux industrialisés type Durisol en béton de bois. Le panneau “Durisol” est composé de copeaux de bois et d'un liant, le ciment et d'adjuvants. La construction avec ce procédé a un poids cinq fois plus léger que l'acier et le béton, ce qui la rend moins sensible aux effets du séisme. Par sa masse réduite, elle amortit mieux les vibrations. et permet de dissiper l'énergie lors d'un séisme. Pour Mehdi Sebti, responsable commercial Sedec “aucun des bâtiments construits avec cette technique ne s'est détérioré lors du séisme d'El Hoceïma”. Un autre procédé est une invention de Mohammed Labi. Il s'agit, selon lui, “d'un procédé de construction à sec, ne nécessitant l'emploi d'aucun mortier de pose, réalisé à partir de blocs modulaires. Les blocs sont profilés verticalement de façon à permettre un assemblage entre eux et horizontalement. Ils sont profilés à feuillures et contre feuillures permettant l'encastrement et assurant la stabilité. Grâce à ces assemblages verticaux et horizontaux, il est impossible que ces blocs se désolidarisent les uns des autres”, indique l'inventeur. Houda BENBOUYA

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