×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Sécurité sociale: La retraite à 55 ans coûtera 3 milliards de dirhams

Par L'Economiste | Edition N°:1504 Le 23/04/2003 | Partager

. La retraite anticipée introduite dans le projet de réforme de la sécurité sociale pourrait se heurter au financement. La population éligible est estimée à 30.000 personnesLe principe du départ à la retraite anticipée à l'âge de 55 ans prévu dans le projet de texte de réforme du régime de sécurité sociale, qui se trouve actuellement au Secrétariat Général du Gouvernement, apparaît comme une navigation à contre-courant des tendances qui se dessinent un peu partout, notamment dans les pays industrialisés. La plupart des pays qui ont mené une réforme de leur système de retraite ou qui sont en train de le faire ont agi sur le levier de la durée de cotisation afin de préserver les équilibres financiers et la viabilité de leur régime. Le législateur a surtout cherché à repousser l'âge de la retraite. Dans son économie générale, le départ à la retraite anticipée version marocaine est avant tout un régime exceptionnel, et doit être une résultante d'un accord entre employeur et salarié. C'est une condition incontournable car c'est l'employeur qui devra prendre en charge les cotisations complémentaires, commente un expert dans les affaires sociales. L'éligibilité n'est donc pas automatique. Théoriquement, la population susceptible de prendre la retraite à 55 ans est évaluée à 30.000 personnes sur 1,5 million de salariés actuellement inscrits au régime de base de la sécurité sociale. Sur le plan intellectuel, le schéma de la retraite à 55 ans est plutôt alléchant. Mais très vite, il pourrait se heurter à la dure réalité du financement. Selon les simulations demandées par le gouvernement et qui sont pour l'instant tenues confidentielles, la mesure nécessiterait la mobilisation de 3 milliards de dirhams, soit en moyenne 100.000 dirhams par salarié. Le montant est déterminé en fonction du nombre d'années et la durée de cotisation. A titre d'exemple, pour un salarié de 55 ans qui aura cotisé pendant 3.240 jours (condition ouvrant droit à 50% du montant de la pension), le complément de cotisations que supportera l'employeur est de 100.000 dirhams. Pour une personne qui aura cotisé plus de 7.000 jours et qui a droit à 70% du montant de la pension, le coût du départ à la retraite anticipée pour l'entreprise s'élève à 180.000 dirhams. Le différentiel entre ces deux cas tient au fait que le deuxième salarié percevra une retraite plus importante que celui qui n'aura cotisé que pendant 3.240 jours.Au Maroc, l'idée d'introduire le principe de la retraite à 55 ans, très largement défendu par le patronat, est présentée comme un moyen de permettre aux entreprises de mener leur mise à niveau via l'allégement des charges sociales. Cet argument est pour le moins discutable. La problématique au Maroc est davantage celle de création d'emplois que de l'équilibre financier du régime général des retraites. Sur une population active évaluée à près de 10 millions de personnes, seuls 1,5 million sont couverts par le régime général de sécurité sociale (CNSS). Contrairement aux pays développés, le ratio cotisants/retraités au Maroc est de 7 contre un, et est somme toute d'un niveau correct. Par ailleurs, l'objectif de mise à niveau au nom duquel on tente de justifier le principe de la retraite anticipée va aussi se heurter à l'obligation légale de remplacer tout départ à la retraite par un nouveau recrutement. C'est une lapalissade d'affirmer que peu d'entreprises appliquent cette disposition, y compris des firmes contrôlées par l'Etat d'ailleurs. Valeur aujourd'hui, le projet de retraite anticipée qui fait partie du paquet global du projet de la réforme du texte sur la sécurité sociale a été adopté par le conseil d'administration de la CNSS. Le texte se trouve actuellement au niveau du Secrétariat Général du Gouvernement. Rien n'est gagné pour l'instant, le sujet fait encore l'objet d'âpres négociations, les syndicats (dont les représentants l'ont pourtant adopté au conseil d'administration de la CNSS) voulant absolument obtenir des garanties sur la «préservation de l'emploi«.


Le contrepied de l'OCDE

Dans les pays de l'OCDE, l'âge moyen du départ à la retraite dans les régimes publics est de 65 ans. Et globalement, l'âge moyen effectif du départ à la retraite est compris entre 60 et 63 ans. Dans une étude publiée à la fin de l'année dernière, les experts de l'OCDE disent tout le bien qu'ils pensent du maintien en activité des personnes âgées. C'est d'ailleurs la tendance qui se dessine dans tous les grands pays industrialisés. Pour l'OCDE, relever l'âge du départ à la retraite atténuerait le fardeau du vieillissement. Dans l'hypothèse que ceux qui partent à la retraite plus tard exercent un emploi, le report de la retraite augmente le niveau de la production et accroît par conséquent les ressources disponibles pour la consommation. C'est le cas même si les salariés âgés ont une productivité moyenne plus basse que les jeunes. En outre, les ménages verseraient davantage de prélèvements (impôts et cotisations sociales), ce qui améliorerait les finances publiques et la viabilité financière du régime. Toutefois, d'autres experts soutiennent qu'en repoussant trop loin l'âge de la retraite, cela se répercutera sur le niveau de l'épargne. Abashi SHAMAMBA

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc