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Sécheresse : Pour la première fois le Maroc importe des légumineuses

Par L'Economiste | Edition N°:68 Le 25/02/1993 | Partager

La demande de lentilles, de pois chiches et de fèves, base de la harira, s'accroît pour le Ramadan. Les légumineuses restent par ailleurs une denrée de base. Face à la situation alarmante des récoltes, un programme-cadre d'importation a été lancé.

Deuxième exportateur mondial de légumineuses il y a quelques années, le Maroc doit cette année, pour la première fois dans l'histoire de son commerce extérieur, en importer pour ses propres besoins.

En effet, le bilan ressources-emplois dégage, pour la campagne d'utilisation 1992/93, un déficit important de l'ordre de 400.000 à 800.000 quintaux principalement en fèves, pois chiches et lentilles. La production des légumineuses a enregistré en 1992 une réduction de près des 2/3 par rapport à celle de la campagne précédente.

La situation devient alarmante, mais la prochaine récolte n'est toutefois pas définitivement compromise.

Ainsi, afin de combler le déficit et en prévision de l'accroissement de la demande pendant l'hiver et surtout pour le mois de Ramadan, une Commission interministérielle (1) a décidé l'importation temporaire, en suspension des droits et taxes, de légumineuses. Cette importation qui s'insère dans un programme-cadre porte sur une quantité prévisionnelle de 175.000 quintaux de légumineuses.

Ainsi, un premier appel d'offres, lancé par l'Office National Interprofessionnel des Céréales et Légumineuses (ONICL), du 5 janvier 1993, a concerné l'achat d'une quantité de 74.000 quintaux répartis entre 20.000 quintaux de fèves, 14.400 de lentilles et 40.000 de pois chiches. Sur ces 74.000 quintaux sont inclus 9.400 quintaux engagés par des opérateurs privés avant les appels d'offres et dont l'importation coïncide avec la période de franchise (fixée au 28 février). L'appel d'offres du 5 janvier a été complété par celui du 13 du même mois et a porté sur l'achat de 56.200 quintaux répartis entre 45.000 quintaux pour les fèves, 10.000 pour les pois chiches et 1.200 pour les lentilles. Ainsi, le total acheté s'élève à 140.000 quintaux par rapport au programme fixé par la commission interministérielle.

Le prix moyen d'importation, au 5 janvier, a été de 526,56 Dollars la tonne pour les lentilles (environ 4,66 DH/Kg), de 419,80 Dollars la tonne pour les pois chiches (environ 3,71 DH/Kg) et de 428 Dollars la tonne pour les fèves (environ 3,79 DH/Kg).

Face à l'évolution de la sécheresse, la commission interministérielle a maintenu le programme d'importation selon les mêmes procédures. Ainsi, un second appel d'offres interviendra entre le 1er mars et le 15 mai 1993 pour une quantité de 200.000 quintaux répartis entre 50.000 de lentilles, 50.000 de pois chiches et 100.000 de fèves.

La procédure d'appel d'offres, expliquent les responsables de l'ONICL, "nous permet de mieux cerner la période d'arrivage des légumineuses, de maîtriser l'approvisionnement et la qualité et de connaître les différents opérateurs".

Les provenances des différentes légumineuses alimentaires sont le Canada et la CEE pour les lentilles, la Turquie (1er exportateur mondial) pour les pois chiches et la Syrie, l'Australie via l'Egypte ainsi que la Chine pour les fèves.

Aujourd'hui, le secteur est en crise. Depuis une quinzaine d'années, la production est stagnante alors que la consommation intérieure s'accroît (entre 1981 et 1992, la consommation humaine a augmenté de 50% environ) et les exportations diminuent. Ces dernières représentaient près de 45% de la production moyenne pour la décennie 60, elles n'en représentent plus que 5,5% pour la décennie 80.

Selon la Direction de la Planification et des Affaires Economiques au Ministère de l'Agriculture, la production des légumineuses au titre de la récolte 1992 apparaît globalement en baisse de 65,5% par rapport à 1991.

Selon les espèces, cette baisse varie entre un minimum de 42,7% pour les légumineuses diverses et un maximum de près de 85% pour les petits-pois. Les raisons sont, bien sûr, la sécheresse mais aussi les maladies et autres parasites qui ont ravagé les cultures. Ils représentent, depuis longtemps déjà, un fléau majeur pour la production des légumineuses.

Le déficit, déjà cité, estimé à 400.000 quintaux, a été calculé à partir des bilans ressources-emplois pour les trois légumineuses principales (fèves, pois chiches et lentilles) qui sont essentiellement consommées sous forme sèche.

Les fèves et les pois chiches sont les deux légumineuses qui enregistrent un déficit. Pour les fèves, le déficit est d'environ 456.000 quintaux. L'effet de la sécheresse a été pris en considération du fait que les agriculteurs éleveurs ont tendance à diminuer l'utilisation des fèves comme aliment d'engraissement du bétail, vu la cherté du produit et sa non disponibilité. Le même comportement est probablement attendu chez les consommateurs, avancent les spécialistes. Ainsi, pour la récolte 1992, correspondant à la campagne d'utilisation 1992/93, le niveau d'alimentation animale retenu est de 350.000 quintaux, semblable à celui de 1981, année de référence d'une forte sécheresse. Concernant la consommation humaine, le niveau minimum de 1,8 kg par tête et par an a été pris en considération. Pour les pois chiches, le déficit est estimé à 116.000 quintaux. Le bilan des lentilles est, quant à lui, presque équilibré.

M.O.

(1) Cette commission qui s'est réunie au mois de décembre 1992 et qui a décidé de l'importation était composée du représentant du Ministère du Commerce, de l'industrie et de la Privatisation, du Ministère des Finances, de l'ONICL, du Ministère des Affaires Economiques et Sociales, du Ministère de l'Agriculture, du Ministère du Commerce Extérieur et de la Direction Générale des Douanes.

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