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    Salon du livre : Librairies: Du casse-tête scolaire au salon littéraire

    Par L'Economiste | Edition N°:155 Le 24/11/1994 | Partager

    Une librairie micro-entreprise peut devenir un foyer de rayonnement culturel, phénomène encore rare au Maroc. En attendant, le livre technique suscite de plus en plus d'intérêt et le livre scolaire reste cher. La profession est jeune et insuffisamment structurée.

    La librairie est une jeune branche d'activité qui a accompagné l'éclosion de l'édition au Maroc. Il est vrai que les "traditionnelles" Librairie Faraire, ou Librairie des Ecoles appartiennent aux plus anciens paysages casablancais, mais un véritable réseau de librairies ne s'est constitué à travers le pays que depuis environ deux décennies. On dénombre aujourd'hui près de 300 librairies dans le Royaume. En fait, aucun travail de recensement précis n'a jamais été entrepris auprès des librairies, jusqu'à ce que "France Edition", dans le cadre de sa mission de formation au Maroc, entreprenne de le faire.

    Pourtant certaines librairies ont disparu, comme "Les 1000 feuilles" ou la Librairie de France, devenue une papeterie, rappelle Mme Marie-Louise Belarbi, propriétaire de Carrefour des livres. Cette librairie a choisi le créneau de la littérature générale, avec un grand rayon pour les auteurs maghrébins et une place importante pour le livre pour enfants. Mme Belarbi, première innovatrice dans le métier, a d'emblée introduit des activités d'animation au sein de sa librairie: signatures d'auteurs, expositions de jeunes peintres, dans un esprit de mécénat.

    Un petit journal

    Carrefour des livres ressemble parfois à un petit salon littéraire. "Cette activité est importante dans la mesure où elle fait venir du monde dans la librairie. Beaucoup de personnes n'osaient pas y entrer tant qu'ils ne pouvaient pas y acheter un livre. Or une librairie est aussi un lieu de rencontres, de discussions", estime Mme Belarbi. Carrefour des livres édite un petit journal, Carrefour Infos, qui contient un calendrier des manifestations, des petites critiques de livres et des pages enfants. Il est envoyé par courrier à 2.000 personnes et distribué dans la librairie. "Le libraire a un rôle d'incitation à la lecture, à l'intérieur comme à l'extérieur de sa librairie: en discutant avec les lecteurs potentiels, en les amenant à s'exprimer sur leurs goûts", dit Mme Belarbi.

    A Rabat, la librairie Kalila wa Dimna se distingue aussi par cette activité d'animation culturelle, en consacrant, par des signatures, aussi bien la littérature française que la littérature arabe. Mais Kalila wa Dimna ne se confine pas dans la littérature générale, elle commercialise aussi le livre technique, universitaire et professionnel, ainsi que le livre scolaire. "L'intérêt pour le livre technique se développe de plus en plus au Maroc, chez les professionnels notamment", affirme Mme Souad Douiri, propriétaire de Kalila wa Dimna. Le livre technique représente aujourd'hui 50% du chiffre d'affaires de cette librairie, sa fourchette des prix s'étalant de 100 à 1.700 DH. Un livre cher et tiré à un faible nombre d'exemplaires. Un lot destiné aux étudiants est vendu avec 50% de réduction accordée à la base par l'éditeur.

    Mme Douiri, ex-propriétaire de la librairie Faraire, une des pionnières dans le secteur, connaît l'évolution de ce dernier et mesure ses difficultés actuelles. "Tout d'abord, il souffre d'une structuration insuffisante, si bien que les différents maillons de la chaîne n'ont pas un rôle bien défini: le distributeur, par exemple, peut empiéter sur le domaine du libraire". Ensuite Mme Douiri soulève le problème de la concurrence des grandes surfaces. Avant d'y arriver, le livre passe souvent par un circuit de soldes. "Les soldeurs ressortent des stocks de livres mal vendus, les bradent. tout en réalisant beaucoup de profits". Par ailleurs, Mme Douiri ne manque pas d'évoquer la cherté du livre, surtout vis-à-vis du pouvoir d'achat estudiantin, et en considération d'une demande réelle. Toutefois, note-t-elle, aucune enquête sur la lecture n'a jamais été réalisée au Maroc.

    Autre remarque de Mme Douiri: l'absence quasi-totale de formation professionnelle dans les métiers du livre: édition, distribution, librairie. Dans toutes ces branches, les professionnels se sont formés par eux-mêmes, sur le tas. "Mais aujourd'hui est requise une formation adéquate, pointue", estime Mme Douiri. Quant au livre scolaire, bien qu'il jouisse d'un marché assuré, il pose aussi des problèmes. Tout d'abord il reste un livre cher, explique M. Hadj Mouksit, propriétaire de la Librairie Idéale, qui commercialise tous les genres de livres: le livre de l'enseignement primaire coûte entre 60 et 200DH. La plupart de ces livres sont accompagnés de livres d'exercices qui coûtent entre 80 et 100 DH. " Une autre difficulté surgit du fait que les écoles privées procèdent chaque année à des changements de programme et que le libraire ne peut pas retourner la marchandise: jusqu'au tiers d'invendables pour le libraire averti".

    B.L.

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