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Culture

Salon du livre de Tanger
Mohammed M’Rabet: Au cœur de la légende

Par L'Economiste | Edition N°:2225 Le 02/03/2006 | Partager

. Le peintre, ami de Bowles, expose au Dawliz . Il a côtoyé les personnalités littéraires les plus en vogue. Portrait APRÈS le vernissage, la veille de l’exposition «L’Art et L’Ecriture», avec ses nombreuses signatures illustres et, pour certains participants, un destin hors normes, c’était faire preuve de foi en la légende littéraire de Tanger que de se présenter au vernissage. Cette fois, des œuvres picturales de Mohammed M’Rabet, ami de 40 ans de Paul Bowles. Tout le charisme de cet homme de 68 ans, au maintien modeste et réservé, tient au fait qu’il s’est très tôt mêlé à l’entourage des intellectuels de la période internationale de Tanger. Ami et confident de certains d’entre eux, il était apprécié également du fait d’une personnalité particulière, très tôt forgée aux épreuves de la vie, puisque dès l’âge de 11 ans, il a quitté sa famille pour s’en aller vivre de la pêche. Que faire d’autre dans le Tanger de l’immédiat après-guerre? La mer, décidément, a joué un grand rôle dans sa vie: c’est une femme sauvée de la noyade quelques années auparavant qu’il a épousée en 1960… Mais de présence marine dans les quelque trente travaux accrochés, il n’y a point. Réalisés de 2004 à 2006, ces tableaux se sont peut-être dégagés des influences les plus lointaines, et synthétisent avec davantage de recul une vie des plus singulières. Les Marocains qui ont partagé l’existence d’une sommité littéraire n’étaient pas légion, et M’Rabet s’est peut-être penché sur cette particularité dans ces dernières œuvres, c’est-à-dire sur le fait qu’il était perçu comme peu intégré dans sa communauté d’origine: il n’y a pratiquement pas de tableau, sur l’ensemble, qui ne comporte pas un regard, un œil, deux, ou plus encore. Une véritable obsession! Face à un groupe d’étudiants venus le saluer, une fois que le flot des visiteurs s’est calmé, il déclare avec humour qu’à tour de rôle, une trentaine de personnes, l’ayant cru décédé suite à une rumeur tenace, sont venues frapper à sa porte pour présenter leurs condoléances. Dans le bagout elliptique de l’enfant du pays, apparaît le conteur prompt à l’échange, mais aussi au verbe tranchant: «Trop d’envieux. Tel est le maître mot».L’omniprésence des yeux sur les tableaux est frappante, mais aussi, que de vert! Une couleur terrienne, matricielle, où surnagent des masques en folie, dans une symétrie souvent inversée. L’homme a trop écouté, et trop raconté d’histoires, pour se laisser facilement cerner. On ne fréquente pas, des décennies durant, des esprits affûtés, pour surnager au plus élémentaire de l’art naïf. Ici, pas de figuratif. Il y a bien des mains qui sont reconnaissables, ou des doigts, mais le sens qu’ils transmettent demeure mystérieux, si ce n’est qu’ils rappellent «Five Eyes», le recueil de nouvelles publié avec un texte de Mohammed Choukri, un autre de Abdeslam Boulaïch, Ahmed Yacoubi, Larbi Layachi. Et un texte de M’Rabet lui-même. C’est Bowles qui l’avait encouragé à conter et à dessiner. Mohammed M’Rabet le Tangérois, bien qu’orphelin d’un ami et d’un maître, continue simplement à le faire. De notre correspondant,Nacer OURAMDANE

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