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Politique

Salafia Jihadia: Un procès «explosif»

Par L'Economiste | Edition N°:1558 Le 10/07/2003 | Partager

. Les requêtes de la défense rejetées et des pièces à conviction constituées d’épées, poignards et explosifs . D’Al Maoudoudi à Choukri en passant par Qotb, le référentiel activiste ne connaît pas de frontièreLa Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca a rejeté, mardi dernier, toutes les requêtes de la défense dans le cadre du procès de la Salafia Jihadia. Celles-ci se référaient à la séparation des cas des différents prévenus, de l’appel au témoignage de certains oulama, experts et officiers de police. La cour a aussi rejeté une requête concernant le réexamen du cas de Mustapha Lakrimi qui a déjà été condamné à 30 ans de prison par le tribunal de Nador. La brève audience de mardi a été consacrée à la présentation des pièces à conviction saisies par la PJ chez certains prévenus. Il s’agit d’épées, de poignards, d’une tenue de gendarme et de sacs contenant des matières explosives. Le premier appelé à la barre, Youssef Fikri, a encore une fois manqué de respect à la cour. Il a demandé à parler librement pendant 10 minutes, avant de répondre aux questions du juge. Ce dernier a vivement refusé avant d’ordonner à l’émir excité de regagner le banc des accusés. Lahcen Tolfi, président de la cour, a ensuite annoncé que la phase des plaidoiries devait débuter hier à 16h30. Tout le monde s’attend à ce qu’elles se déroulent jusqu’à une heure tardive de la nuit de mercredi. L’affaire des 31 prévenus, qu’il a été convenu d’appeler le groupe de Youssef Fikri, suscite d’autant plus d’intérêt que ses péripéties promettent d’autres rebondissements. Les chemins des prévenus se croisent et curieusement leurs réponses aux questions du juge se ressemblent. Les aveux n’ont pourtant pas manqué. Les outrances aux magistrats non plus. Fikri est insolent, Mohamed Damir, son compagnon dans le «Jihad», l’est moins. Bien qu’il n’hésite pas à manifester verbalement sa colère après chaque interpellation. Le jeune Fikri, 25 ans, habitant à Youssoufia, ainsi que ses acolytes, ont toujours été fascinés par la saga des moujahidine afghans. Ces derniers sont les continuateurs d’un mouvement dit de la Salafia Jihadia. Lequel prône le combat pour chasser les impies et instaurer un Etat fonctionnant selon les préceptes de la chariâ. Au début des années 90, il a fonctionné à merveille contre la menace rouge de l’Union soviétique. Les Américains l’ont stratégiquement soutenu, l’Arabie saoudite a assuré le financement. Mais un résultat inattendu fut l’émergence des Talibans qui ont voulu perpétuer ce qui est devenu une tradition de “Jihad”. C’est une culture dont les ténors prétendent détenir la potion magique à même d’instaurer un Etat régi par les fondements de la religion. Plusieurs théoriciens du “Jihad” se sont ingéniés à trouver le chemin le plus court pour y arriver. Abdellah Al Maoudoudi, né en 1903, est par exemple le père de la Hakimia (la gestion divine de la société). Il a traité la société occidentale de dépravée en la comparant à celle de la période de l’empire romain. Saïd Qotb, né en 1906, s’est beaucoup inspiré d’Al Maoudoudi. Il est considéré comme le parrain de «la théorie du Jihad armé». Mieux. Qotb est une référence en matière de tactique et préparation concrète des actes du “Jihad”. Encore plus extrémiste, Mostafa Choukri prône la rupture avec la société «impie» et «aliénée» (il utilise ici un terme marxiste) comme première étape avant la confrontation. Le Maroc n’a pas échappé à cette littérature. Des Marocains ayant voyagé en Afghanistan ont transmis le virus. Au début des années 90, leurs disciples fascinés par la montée en notoriété d’un personnage comme Ben Laden, sont passés à l’acte. Plusieurs passaient des stages de formation en Afghanistan, mais aussi au Soudan et en Algérie.


«Ben Laden mania»

Pour un spécialiste des mouvances islamistes, «à lui seul, le profil sociopsychologique de Youssouf Fikri est capable d’expliquer son comportement». De par son endoctrinement, Fikri a sa propre conception de la société. Pour lui, tous ceux qui n’adhèrent pas à la pensée salafiste «sont des apostats». A la différence de ses compagnons, il est le plus imprégné de la personnalité de Ben Laden. Cette influence est visible à travers son mode de vie caractérisé par une austérité affichée. C’est une schizophrénie qui érige «le charisme» de Ben Laden au premier plan. Autrement dit, la vraie personnalité, qui généralement souffre de traumatisme, est reléguée à l’arrière-plan. Il s’agit d’un problème d’intégration qui se traduit par une «martyrisation» ou «victimisation de soi». Tout cela fait que Fikri ait commis 6 meurtres depuis octobre 1998 quand il a tué son propre oncle Abdelaziz. Meurtre qu’il continue pourtant de nier. Selon le même spécialiste, il s’agit d’un meurtre qui frôle le ridicule, puisqu’après avoir commis leur acte macabre, Fikri et ses complices ont pris 350 DH et une petite moto. «Maigre butin pour un acte aussi ignoble». Mostafa BENTAK

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