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Politique

Sahara: La partie se corse

Par L'Economiste | Edition N°:1574 Le 04/08/2003 | Partager

. Dure bataille diplomatique en perspective . Trois mois pour négocier… est-ce suffisant?Choquée, l'opinion marocaine s'interroge de la tournure que prend l'affaire du Sahara. Très attachée à ses provinces du sud, l'opinion publique critique les modalités de règlement de ce conflit, vieux de plus d'un quart de siècle, qui apparemment tourne au vinaigre. Au Parlement, où s'est réuni vendredi dernier la Commission des Affaires étrangères et de le Défense nationale, comme chez les partis, l'Istiqlal et l'USFP notamment, une seule ligne de conduite prévaut: vigilance. Le plan Baker II, que, pour la première fois, l'envoyé onusien signe seul, a failli être «imposé«. Choc national: comment ce plan a-t-il pu voir le jour, en janvier dernier, donnant le sentiment au Maroc d'être pris à revers par ses amis (les Etats-Unis et même l'Espagne)? Réponse d'un diplomate: «Nous avions invité James Baker en juillet 2002 à penser à une solution politique qui assure l'autodétermination, l'émissaire onusien prend note et disparaît pendant six mois«. Il revient au Maroc en janvier dernier, poursuit ce diplomate, avec ledit document, assurant qu'il était quasi conforme à l'accord-cadre mais avec quelques petits changements«. Les changements étaient «loin d'être menus: il s'agissait d'un plan de règlement-bis mais plus dangereux, car il préconisait une période transitoire où le Sahara serait autonome avec une sécurité substantielle pour l'autorité locale et le droit de participation aux négociations internationales pour les questions le concernant! Autant instaurer une campagne électorale de quatre ans (durée minimale avant la mise en oeuvre d'un référendum)!«. Zone sensibleUn «délire acrobatique« pour la diplomatie marocaine qui a dû faire en urgence un saut périlleux: elle aura réussi à empêcher le passage tel quel du plan. Mais en tant que «bonne base de négociations«. L'entrée en vigueur du plan est désormais impossible sans le consentement des parties. La résolution 1495 adoptée jeudi dernier est donc conforme au chapitre VI de la charte de l'ONU. «C'est aussi la première fois, depuis 1991 et une vingtaine de résolutions sur la question, qu'on ne parle plus du plan de règlement«, souligne un haut responsable marocain: il est exact que le terme ne figure pas dans la résolution du 31 juillet, mais il figure dans le plan Baker II. Une belle bataille diplomatique en perspective. Partant de là, le Maroc peut souffler et appréhender l'avenir du dossier avec plus de quiétude. Le tour de force que désirait Baker a été désamorcé. Soumis à de très vives critiques, l'arsenal diplomatique marocain a donné au moins ce résultat. «Washington n'a pas fait la promotion du plan Baker II«, note la diplomatie marocaine qui veut y voir sinon un soutien, du moins une neutralité. L'appui ferme de la France a été déterminant. Mitigés entre deux feux (Baker et le Maroc), les Etats-Unis ont finalement soutenu une résolution qui offre une porte de sortie au Maroc: «Non, on ne peut rien imposer aux parties«. Les enjeux sont importants. Et pas que ceux du Sahara. Actuellement bien sécurisé, l'axe Rabat-Nouakchott-Dakar pourrait devenir une zone très sensible, comme en témoigne la tentative du coup d'Etat déjouée grâce à l'aide marocaine en Mauritanie. Mais l'Espagne doute ou fait mine de douter de la capacité des pays du Maghreb à assurer la sécurité de leur zone. Dans le cas de l'Algérie, on peut le comprendre, mais pour la Tunisie et le Maroc, non. Toujours est-il que Madrid nourrit le dessein de s'occuper elle-même de la police dans le nord-ouest de l'Afrique, ce qui ne convient évidemment pas du tout à Paris. On comprend ici que la France se soit battue aux côtés du Maroc. D'abord dans l'affaire de l'ilôt Persil, et la semaine dernière au Conseil de sécurité. Bien sûr sans aller jusqu'à jouer de son droit de veto: l'affaire du Sahara est une bien petite affaire au regard des enjeux mondiaux actuels. . «Pas sorti de l'auberge»«On n'est pas pour autant sorti de l'auberge«, soupire le responsable marocain. Un travail diplomatique d'envergure doit être entamé. «Pour régler ce conflit, c'est l'association ou l'accord politique qui sera l'issue«, souligne le diplomate. L'Algérie est dorénavant traitée par le Conseil de sécurité comme un pays voisin et non plus comme partie à part entière. Une reconsidération de taille: «On se dirige vers autre chose«. Le Maroc attend que «les modalités de négociations soient fixées par le Conseil de sécurité«. Une autre tournée pour James Baker, une réunion des deux parties ou chacun à part? La manière dont se dérouleront les négociations en dira long sur le temps réel que risque de prendre ce dossier…


Revirement de Baker

Le changement radical d'optique a beaucoup surpris. La diplomatie marocaine refuse de mettre en doute la personnalité de l'émissaire des Nations unies, mais l'opinion publique, elle, ne s'en prive pas: elle ne voit pas d'autre explication à un revirement aussi radical, que des implications personnelles qu'il pourrait avoir avec le commerce du pétrole. Fondé ou non, le simple fait que l'accusation existe constitue une entrave nouvelle au règlement: contrairement à la situation algérienne, aucun gouvernement marocain ne peut s'engager sur une voie quelconque sans l'assentiment de son opinion publique. Cette dernière, qui doute maintenant de la neutralité de James Baker, accroît en toute logique sa pression sur le gouvernement. Elle n'est pas loin de réclamer des têtes pour sanctionner la trop grande confiance de deux gouvernements marocains à l'endroit du travail de Baker, confiance qui aux yeux de l'opinion constitue une impéritie diplomatique.Mouna KADIRI

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