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Safi: Les conserveries sortent la tête de l'eau

Par L'Economiste | Edition N°:1669 Le 24/12/2003 | Partager

. La restructuration du secteur a permis de tripler la production. Plus de 7.000 tonnes de sardine sont traitées annuellement Célèbre pour sa sardine, la ville de Safi avait développé, jusqu'au début des années 90, l'ensemble de son tissu industriel autour de cette ressource halieutique. Mais depuis quelques années, les conserveries qui avaient fait le bonheur de la classe ouvrière dans cette région ont commencé à fermer les unes après les autres. La raison officiellement invoquée est la baisse des prises et le développement de nouvelles unités qui se sont installées plus au sud, d'abord à Agadir puis vers Dakhla.Ainsi, de près de 120 unités qui étaient encore opérationnelles il y a encore cinq ans, il ne reste que 14 conserveries encore en activité. Ces dernières offrent actuellement plus de 6.000 emplois directs et autant d'emplois indirects. Mais malgré la fermeture d'une centaine d'unités, le secteur de la conserverie de sardine est arrivé à récupérer en valeur le manque à gagner enregistré en volume au cours des dernières années. Cette situation est jugée tout ce qu'il y a de «normale dans une économie de marché et est, somme toute, le fruit du développement de l'activité de la conserverie dans d'autres villes du littoral atlantique», comme le souligne un industriel. Safi, qui a connu son âge d'or en tant que capitale mondiale de la sardine, arrive quand même à se maintenir, bon an mal an, au top ten des premiers producteurs de sardine dans le monde. En effet, la valeur commerciale des prises réalisées en 2002 a avoisiné les 150 millions de dirhams.Actuellement, le secteur de la conserve de sardines se trouve à un tournant décisif. «Les impératifs de la concurrence internationale ont imposé sa restructuration. Résultat: il y a moins de conserveries qu'auparavant certes, mais la restructuration a régénéré le secteur en le rendant plus performant», souligne un haut responsable de la ville. Le secteur a effectivement triplé sa production en moins de deux décennies. Une performance que l'on doit à des «méthodes de gestion de la qualité et de la production, mieux adaptées aux conditions dictées par le marché international», souligne Mohamed Yacoubi, directeur du Centre régional d'investissement de Doukkala Abda. C'est ce qui fait qu'aujourd'hui ces unités produisent davantage et exportent encore plus, réalisant annuellement un bien meilleur chiffre d'affaires que par le passé. L'autre raison invoquée comme cause de la fermeture de nombreuses unités c'est que « les normes d'exploitation et d'exportation sont devenues beaucoup plus strictes, les contrôles de qualité en amont et en aval de plus en plus rigoureux. Donc, de nombreuses unités, particulièrement des entreprises familiales, n'ont pu tenir le coup et ont décidé de fermer», souligne un responsable. Destinée tout autant à la consommation locale qu'à l'exportation vers des marchés extérieurs, la production des conserveries de Safi souffre tout de même de la concurrence des conserveries d'Agadir. En contrepartie, à Safi, on ne produit plus que très peu de farine de poisson à base de sardines, l'activité s'étant développée à Dakhla et dans la capitale du Souss. En gros, les industries de la conserve de poisson installées à Safi traitent plus de 7.000 tonnes annuellement, particulièrement la sardine. Safi est donc en passe de retrouver sa vocation de premier port sardinier du royaume tant au niveau des prises que de la commercialisation de la sardine en produit frais ou en conserves. Les pouvoirs publics sont déterminés à réussir ce défi. Des mesures incitatives et d'encouragement de l'investissement dans le secteur ont été mises en place. Elles sont notamment destinées aux jeunes promoteurs issus de la région et qui souhaiteraient revenir s'y installer. Déjà, comme le souligne un élu, le prix du mètre carré dans les zones industrielles de Safi est le moins cher de tout l'axe atlantique s'étendant de Safi à Kenitra (à peine 180 DH le m2). La relance semble donc amorcée.


200 MDH investis dans le port

L'Office d'exploitation des ports (ODEP) va investir 200 millions de dirhams dans le port de Safi entre 2003 et 2005. Le plus gros du montant sera investi en 2004 tout autant dans le port de commerce que dans le port de pêche. Le port sera entièrement réorganisé dans toutes ses branches d'activité et connaîtra la création d'une petite zone industrielle sur une extension de 12 hectares. Cette Z.I sera destinée à des unités dont l'activité est tournée vers l'export.Côté équipement, deux grues de 40 tonnes (au lieu de grues de 6 tonnes) sont déjà en cours d'installation. C'est ce qui permettra d'ouvrir d'autres perspectives au port de Safi. Des pourparlers sont d'ailleurs engagés avec l'ODEP pour l'ouverture d'un quai à conteneurs. L'idée est de faire du port de Safi un port de transit pour les conteneurs à destination de Marrakech.


Un quartier industriel à revaloriser

La fermeture de dizaines d'unités de production de conserve de sardines a permis de dégager un certain nombre de parcelles. Les pouvoirs publics se penchent actuellement sur la meilleure manière d'exploiter ces lots de terrains bâtis dans un ancien quartier industriel. L'idée est de revaloriser la zone pour en faire un véritable quartier industriel correctement aménagé. Les unités qui ont fermé posent des problèmes notamment d'environnement. Propres à l'intérieur, les unités sont délabrées de l'intérieur et nuisent à l'aspect général du quartier. Les autorités ont proposé aux propriétaires soit de redémarrer leurs unités dans le cas où ils disposent de projets, soit de s'associer à d'autres entrepreneurs, soit tout simplement de céder leurs unités. Jamal Eddine HERRADI

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