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Safi: Les armateurs tirent la sonnette d’alarme

Par L'Economiste | Edition N°:2309 Le 30/06/2006 | Partager

. Les sardiniers bientôt sinistrés, selon les professionnels du secteur. Taxes élevées, gasoil en hausse… les causes du marasme . Concurrence accrue des bateaux étrangers qui disposent de plus de moyens Rien ne va plus pour les pêcheurs de Safi. Ils en ont pratiquement le mal de mer quand tous les jours ils observent, avec angoisse et amertume, les grands bateaux d’affrètement flottant sous les couleurs de pavillons étranges opérant dans leur port. Ce sont de véritables usines flottantes que les petits sardiniers marocains ne peuvent concurrencer. Et parmi tous, les Norgéviens sont les plus forts. Autant de contraintes qui ont obligé les armateurs locaux à baisser, voire brader, le prix de leur produit. Actuellement, la caisse de sardines est à 2,50 DH le kilo; la vente en vrac est de 2 DH/kg. «La sardine de Safi répond aux normes internationales de qualité», indique Mahjoub Boujmal, armateur et patron de pêche. Il est également président de l’Association des armateurs de poisson industriel. «Ce prix de vente de la sardine ne couvre même plus le prix de revient», est-il ajouté. «Les taxes sont de plus en plus lourdes et le ministère ne fait aucun effort pour les réduire», ajoute Boujmal. De fait, les charges ont sensiblement augmenté. La hausse du prix du gasoil n’arrange pas les choses. Le prix des filets atteint des sommets vertigineux. Il est actuellement à 95 DH le mètre et 98 DH à crédit. Les professionnels soulignent que les prix des cordes ont augmenté de 50% dans un espace de temps court pour atteindre actuellement 32 DH/m si le paiement est comptant. «C’est certain, la commercialisation du produit de la mer n’est plus comme avant», dit l’armateur. Et d’ajouter que «ce sont des usines de Laâyoune et de Dakhla qui ont recours à des bateaux d’affrètement. Et souvent ces derniers ne répondent pas aux normes de l’Union européenne». Des bateaux énormes qui peuvent atteindre une capacité de 500 tonnes. Alors que les sardiniers marocains tournent autour de 40 à 60 tonnes. Le poisson reste emmagasiné dans les bateaux d’affrètement jusqu’à dix jours. «Les Marocains qui ne peuvent rester aussi longtemps en mer livrent de la sardine très fraîche», explique un sardinier. «Et en permettant ce genre de pêche intensive, l’Etat contribue certainement à l’épuisement des ressources halieutiques, regrette un autre pêcheur. La concurrence est aussi déloyale. Les bateaux d’affrètement vendent leur poisson à 1 DH/kg. Par ailleurs, ces derniers pratiquent leur commerce en mer et n’emploient aucun marin marocain. Ils sont autonomes pour regagner leurs pays sans engager aucune dépense au Maroc. En retour, les patrons des bateaux d’affrètement sont payés en devise. Les usines marocaines bénéficiant du quota du ministère reçoivent un surplus de poissons qu’ils se permettent de revendre à d’autres usines à Safi. «Ce qui limite considérablement la sphère de commercialisation des sardiniers marocains», explique Boujmal. Sur un autre volet, le carburant est devenu la grande préoccupation des armateurs. Un bateau de 300 chevaux consomme à raison de 600 litres/jour. «Alors que celui de 450 à 550 chevaux consomme de 700 à 800 litres/jour», affirme Hachemi El Maimouni, président de la Chambre des armateurs à la pêche au chalut. Ce dernier est propriétaire d’un chalutier employant 18 marins. A noter que les chalutiers sont spécialisés essentiellement dans la pêche du poisson blanc comme le merlan ou la sole. «Ces derniers 45 jours, j’ai vendu pour 550.000 DH de poisson. Après déduction des montants des taxes, de la CNSS et des assurances AT (accident de travail), il fallait payer dans les 50 tonnes de mazout, soit 310.000 DH», 20.000 DH pour les caissons en bois, 25.000 DH pour la glace et 18.000 DH pour les vivres. Je ne compte pas les frais d’entretien et le salaire des marins», explique El Maimouni. C’est dire à quel point l’activité ne rapporte plus. Le secteur vit un marasme sans précédent. Pour beaucoup, les accords de pêches et la politique des affrètements est une dilapidation de la ressource. Selon les professionnels, il est plus que jamais urgent pour la survie du secteur de trouver des solutions réalistes et réalisables à moyen et long termes.


Chantage

Les marins ne tiennent pas compte de la propreté et la salubrité de leur bateau. Les cales font office de décharge et sont crasseux. Les marins y jettent tous leurs déchets. Les recoins du bateau qui ne sont pas visibles et ne sont que très rarement désinfectés. «Pourtant, les produits ne manquent pas», est-il indiqué. Les cabines et la cuisine ne sont pas mieux loties. Il faudrait mettre en place des campagnes de sensibilisation à l’hygiène. Car c’est un véritable drame. Les armateurs ont du mal à changer les comportements. Ces derniers craignent même de les réprimer. Les marins exercent le pouvoir sur le bateau et à la moindre remontrance menacent de boycotter le travail ou d’aller ailleurs. C’est un chantage permanent.De notre correspondant, Mohamed Ramdani

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