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Russie: La reconstruction de la puissance

Par L'Economiste | Edition N°:2301 Le 20/06/2006 | Partager

. Deux époques opposées: Eltsine et Poutine. Jeu très trouble des Etats-UnisAprès une bataille parlementaire, dont on n’a eu que de faibles échos, la Russie a décidé la semaine dernière que seule son entreprise Gazprom pourrait exporter des hydrocarbures. Ce retour de monopole est le dernier de signes de «reprise de puissance», si l’on peut s’exprimer ainsi. Depuis la fin du système communiste, la Russie sera passée par deux étapes, totalement opposée: la période Elstine et la période Poutine.Naturellement cela va au-delà des deux hommes, qui ne sont que le reflet de leur époque, mais qu’il est commode de personnaliser, pour bien en cerner les différences.La période Eltsine devra être retenue comme celle d’une immense braderie des éléments de la puissance, le gaz et le pétrole en premier lieu, mais aussi, et c’est peut-être plus important, de la puissance organisationnelle de l’Etat russe.On le sait très bien depuis l’exemple afghan, où l’Etat en s’effondrant avait écrasé la population et laissé le champ libre aux Talibans comme aux seigneurs de guerre: les habitants d’un pays ont un besoin absolu d’une organisation sociale (donc politique) et, valeur aujourd’hui, aucune organisation ne s’est montrée supérieure à ce que peut procurer un Etat (en dépit de toutes les critiques qui peuvent lui être adressées, notamment celle d’avoir tendance à abuser de son pouvoir). Sous Eltsine, le démontage de l’Etat s’est fait principalement via les privatisations. Les Russes avaient décidé de ne pas permettre aux étrangers de participer aux rachats, mais comme seuls les corrompus du pouvoir soviétique et les mafias avaient un peu d’argent, ils ont été les seuls à s’octroyer les pans économiques russes. Ils sont devenus les célèbres «oligarques» (les potentats des oligopoles). Parmi ces secteurs, celui de l’énergie: un géant qui a donc été découpé et soldé pour quelques millions de roubles, autrement dit pas grand-chose.Pendant ce temps, les impôts qui n’étaient pas vraiment dans la tradition soviétique n’ont pas été payés, si bien que l’Etat n’arrivait plus à payer ses fonctionnaires, y compris ses soldats, nombreux. Les employés de l’Etat, même ceux des armées, ont alors vendu ce qui pouvait se vendre pour survivre. C’était l’époque où on pouvait trouver n’importe quoi sur le marché, même des armes sophistiquées… Le FMI et la Banque mondiale, sur injonction américaine, ont alors brisé tous leurs critères d’intervention et ont apporté, à fonds perdus, quelques subsides: si au Maroc ou ailleurs il faut un programme de redressement rigoureux pour avoir droit à ces aides, pour la Russie ces critères n’avaient pas cours.. Commencer par la dignitéQuand Poutine succède à Eltsine, la donne change: une réforme institutionnelle met les décisions présidentielles à l’abri des marchandages avec les mafias. On peut aussi dire: le président s’octroie l’essentiel des pouvoirs. Poutine envoie les chars de l’armée pour exiger le paiement des impôts par les oligarques. On peut aussi dire que Poutine emploie la menace armée pour éliminer ses concurrents potentiels. Dans les présentations américaines de l’évolution russe c’est toujours la deuxième version qui prime. Ceci va avoir son importance.Les fonctionnaires sont payés, y compris les militaires qui recouvrent ainsi une dignité: c’est notable pour une armée qui avait perdu une guerre face aux bandes afghanes, puis qui était devenue une «mendiante corrompue».La reconquête de la puissance liée à l’énergie se fait contre l’influence américaine et anglaise. Par une série de manœuvres, y compris judiciaires, Poutine redonne à l’Etat russe la maîtrise du gaz en faisant prendre le contrôle de l’entreprise oligarque Ioukos, par l’ancien Gazprom, qui n’avait pas juridiquement disparu mais qui avait été dépouillé de toutes ses propriétés durant l’ère Eltsine. Et par touches, Poutine montre qu’il serait capable, le cas échéant, de se servir de la puissance énergétique de son pays… à la grande colère des anciens alliés américains.Nadia SALAH

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