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Economie

Rivaliser avec les grandes métropoles
Entretien avec Fouzia Imensar, gouverneur de l’Agence urbaine de Casablanca

Par L'Economiste | Edition N°:2209 Le 08/02/2006 | Partager

L’urbanisation rapide et non maîtrisée de la métropole a généré bon nombre de dysfonctionnements. Architectes, promoteurs immobiliers et urbanistes disent manquer de visibilité. Le système actuel de dérogation, en attendant le nouveau schéma directeur, ne leur donne pas de marge de manœuvre. Fouzia Imensar, gouverneur de l’Agence urbaine, explique les contraintes actuelles et les réponses qu’apportera le nouveau schéma directeur qui verra le jour en 2007.- L’Economiste: La deuxiè-me phase du schéma directeur de Casablanca tire à sa fin. Quelles en sont les conclusions? - Fouzia Imensar: Je tiens tout d’abord à rappeler que l’Agence urbaine de Casablanca a entamé, dès avril 2004, avec l’appui technique de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile-de-France (IAURIF) et de compétences nationales, l’étude d’élaboration d’un plan de développement stratégique à traduire en nouveau schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU). Cette étude se décline en 7 phases. Nous en sommes au diagnostic (phase 2), dont les conclusions seront rendues publiques en février. Effectivement, nous abordons la dernière ligne droite de la phase «diagnostic», qui a été marquée par des ateliers thématiques et territoriaux. Le point a été ainsi fait sur les atouts et contraintes du développement urbain de la région du Grand Casablanca. Du diagnostic, en cours de finalisation, il ressort que Casablanca dispose d’importants atouts, découlant notamment de son dynamisme sur le plan économique et financier, de l’importance de son potentiel industriel et de ses infrastructures portuaires et aéroportuaires. Le changement du contexte international et l’intensification de la compétition au niveau mondial militent en faveur de la préservation de ces atouts, leur confortement et mise en valeur par le biais d’un positionnement de la ville sur des secteurs créateurs d’emploi et porteurs d’avenir: tourisme d’affaire, économie de service et les secteurs d’activités industrielles de pointe. - Quelles seront les grandes orientations du plan de développement stratégique?- Pour le moment, nous sommes encore en phase de diagnostic. Quant aux orientations stratégiques de développement, qui présideront à l’élaboration du projet de la métropole et du SDAU, elles font l’objet de la phase 4 et seront connues à l’issue de la concertation avec les acteurs de l’aménagement du Grand Casablanca sur le choix du ou des scénarios de développement durable. Il est donc prématuré de parler des grandes orientations.- Architectes et urbanistes parlent d’un grand flou urbanistique qui caractérise de plus en plus la métropole… - L’on ne peut parler de flou du moment que tout le territoire régional est couvert par des documents d’urbanisme, en particulier les plans d’aménagement qui, comme le prévoit la loi, restent valables jusqu’à l’approbation de nouveaux plans. Certes, le SDAU de 1985 est arrivé à échéance, ce qui rend nécessaire et urgente l’adoption d’un nouveau schéma de développement stratégique régional, porteur de visibilité et d’un projet urbain permettant à la métropole économique de conforter sa position de leader national et régional. L’objectif est aussi de rivaliser avec les grandes métropoles internationales, en termes de compétitivité et de positionnement économique.- Le manque d’équipements est flagrant. Que prévoit le plan de développement à ce sujet et quelles seront les priorités?- Il est vrai que la situation des équipements collectifs demeure insatisfaisante. Malgré les efforts consentis jusque-là, les déséquilibres persistent globalement entre les différents quartiers et particulièrement entre le centre et la périphérie. Le décalage est notoire entre les prévisions des documents d’urbanisme et les réalisations. La question des équipements est vitale. Elle constitue une préoccupation à laquelle nous nous confrontons quotidiennement à l’occasion de l’examen de projets de construction et de lotissement où l’équipement doit trouver la place qu’il mérite. Autrement, le projet n’est plus viable. Bien entendu, le futur SDAU, dont la fonction essentielle est de fixer les orientations fondamentales du développement urbain, doit se prononcer sur la question des équipements en définissant la stratégie globale et la localisation des équipements structurants: principaux espaces verts, installations aéroportuaires, portuaires et ferroviaires, principaux établissements sanitaires, sportifs et d’enseignement ayant un rayonnement régional. Il revient ensuite aux plans d’aménagement de préciser les emplacements réservés aux équipements publics (équipements administratifs, sanitaires, culturels, cultuels et d’enseignement ainsi que les espaces verts) à l’échelle de la commune, voire même du quartier. - Le problème du foncier et l’absence d’une agence foncière sont pointés du doigt. L’Agence urbaine continuera-t-elle d’assumer ce rôle? - Le foncier est au centre de la problématique urbaine. Le SDAU de 1985 avait recommandé la création d’une agence foncière, mais celle-ci n’a pas vu le jour. Certes, le législateur a confié à l’AUC des prérogatives dans le domaine foncier, mais il n’est pas allé jusqu’à lui faire jouer le rôle d’une agence foncière. A mon sens, et je m’associe en cela à l’avis des professionnels, l’idée de création d’une agence foncière n’a pas perdu de sa pertinence. Une structure entièrement dédiée peut contribuer à une meilleure connaissance et une maîtrise par une régulation du marché et une mobilisation du foncier destiné à des projets d’utilité publique et aux équipements. - Des urbanistes plébiscitent l’approche concertée et d’aller au-delà d’un urbanisme réglementaire. Pensez-vous que ce type de gestion est le mieux indiqué?- A mon sens, l’aménagement concerté mérite d’être introduit en droit marocain. Il ouvre la voie à un urbanisme fondamentalement opérationnel, se préoccupant du moyen de mise en œuvre des documents d’urbanisme par le biais de la concertation dans le cadre d’opérations d’aménagement ayant un caractère d’intérêt général. Je crois aussi que, pour Casablanca, l’aménagement concerté peut être d’une grande utilité puisqu’il permet de raisonner en termes de projets d’aménagement d’intérêt général. Il permet également d’aller au-delà d’une simple approche réglementaire qui s’est souvent révélée étroite et inerte et de viser l’aménagement et l’équipement des terrains. Ce qui donne à la collectivité la possibilité d’intervenir sur des secteurs qu’elle a préalablement identifiés comme stratégiques, au lieu d’agir au gré des opportunités foncières. - La mise en œuvre des outils d’aménagement reste tributaire de leur budgétisation. De quels moyens dispose-t-on aujourd’hui? - Je tiens à préciser que la démarche du projet de développement stratégique a le mérite de bâtir une vision, définissant les futurs possibles et le futur souhaitable. Elle permet aussi de mobiliser, à cet effet, tous les moyens nécessaires dans une optique de synergie et de rationalisation, évitant immanquablement le double emploi et la dilapidation des deniers publics. Tout doit se faire aussi en fonction d’objectifs et d’actions clairement inscrits dans une charte de développement durable liant les différents partenaires et les engageant dans le financement de leur mise en œuvre; le développement de Casablanca étant un enjeu d’ordre national.


Priorités

Quel sens donner à l’urbanité en l’absence d’équipements de proximité et d’équipements d’accompagnement scolaires, sanitaires, culturels? De l’avis du gouverneur de l’AUC, toute démarche corrective nécessite de s’attaquer de front aux contraintes entravant le développement de la métropole, révélées par le diagnostic. Parmi celles-ci, Fouzia Imensar cite la multiplication des opérations en dehors des zones d’aménagement sans lien avec le tissu environnant, le sous-équipement en zones périurbaine et rurale  ainsi qu’en équipements de proximité.


Dysfonctionnements

Economiste: Globalement, quels sont les grands dysfonctionnements dont souffre la métropole? - Fouzia Imensar: Si l’Agence s’est engagée dans cet effort de mise en place de nouveaux outils de planification urbaine, c’est parce qu’un pré-diagnostic, réalisé en 2003, a révélé un certain nombre de dysfonctionnements. A leur tête, l’urbanisation rapide. Pas assez maîtrisée, cette dernière a abouti à une prolifération de l’habitat précaire et insalubre et d’unités industrielles sur les espaces naturels. Conséquence directe: des difficultés persistantes dans le domaine des équipements où les besoins se font de plus en plus pressants et les réalisations en deçà des prévisions. De même qu’une situation inquiétante de la mobilité et du transport ainsi que des conditions de desserte des quartiers et des pôles périphériques, aujourd’hui mal desservis ou pas du tout desservis. Enfin, des dysfonctionnements liés à l’environnement, à savoir les différentes formes de pollution occasionnées par l’activité industrielle et la circulation automobile.Propos recueillis par Khadija El Hassani & Amin RBOUB

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