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Réunifier les ministères des Pêches et de la Marine marchande
Par Abdelkabir RAFIKY

Par L'Economiste | Edition N°:2412 Le 30/11/2006 | Partager

Abdelkabir Rafiky est président de l’Association nationale des administrateurs de l’administration maritime (Ph. privée)La communauté maritime internationale a célébré, le 30 septembre, la Journée mondiale de la mer, rendez-vous annuel fêtant les mers et les océans. Au Maroc, cette journée est passée inaperçue.. Incohérence et illogismeLa raison de cette négligence se situe dans l’inexistence d’une instance de coordination ou d’une administration à part entière traitant des questions maritimes dans leur globalité et communiquer de manière complète et entière.Aujourd’hui la dichotomie de la gestion de ce secteur empêche une telle approche, voire l’application avec efficacité de la résolution OMI/60/1 qui appelle les Etats membres, la société civile… et le système des Nations unies, à passer à l’action et faire preuve d’une plus grande cohérence en vue d’atteindre les objectifs de développement du Millénaire. Voilà, le terme est dit: cohérence. Existe-t-elle au sein du système de gestion? De notre point de vue, non.Cette cohérence devrait normalement être l’émanation d’une vision stratégique intégrée du développement du secteur maritime national qui fait défaut, alors que cette branche constitue, à l’heure où les ressources naturelles sont de plus en plus rares, un atout pour notre pays, dont la vocation devrait être tout naturellement maritime, le privilégiant par rapport à de nombreux pays de la région, voire dans le monde. La coupure, en 1997, du ministère en deux a donné lieu à un découpage des prérogatives qui n’a pas été sans conséquence sur la gestion du secteur maritime national. Dès lors, la gestion unifiée du secteur maritime a été abandonnée au profit d’une approche sectorielle. Une telle coupure ne pouvait que donner lieu à des illogismes de gestion tant au niveau central que régional. . Dualité et dysfonctionnementEn effet et depuis cette scission, nous assistons paradoxalement à de nombreux dysfonctionnements dans la gestion d’un espace maritime commun aux deux administrations et de dossiers naturellement indivisibles, puisqu’ils constituent l’ossature même de l’administration maritime: gens de mer, navires, milieu marin, sécurité de la navigation, sauvetage des vies humaines en mer, réglementation maritime...).. Pas d’administration entreprenanteCette dualité a entraîné une incohérence dans l’action administrative. Ceci a été accentué par des divergences entre les deux administrations sur certains dossiers. Il y a eu des redondances: délégations régionales, services de sécurité, services de lutte contre la pollution marine, services de gens de mer, services d’immatriculation, services des hypothèques. Sans compter la production de documents administratifs dupliqués servant aux mêmes actes administratifs: livrets maritimes, fichiers marins, registres des navires!...Cette situation constitue un facteur de blocage notamment en ce qui concerne les textes réglementaires, la sécurité des navires, la promotion professionnelle des marins, le mouvement des gens de mer entre les deux activités, les passerelles de formation entre les deux secteurs, etc.Sur un autre registre, bien des attributions, notamment au niveau régional, sont mal prises en compte faute de professionnalisme ou sont en voie de disparition en raison de l’absence d’une administration maritime entreprenante.Quant à la concertation au sujet de dossiers aussi sensibles que la préservation du milieu marin, la sécurité de la navigation et des gens de mer, les enquêtes nautiques ou d’autres questions maritimes traitées au niveau national ou à celui des instances internationales spécialisées, elle est bien timide pour ne pas dire inexistante.Cette manière de gérer le maritime donne lieu à une déperdition d’énergies et des moyens financiers, ainsi qu’à une utilisation irrationnelle des compétences humaines, notamment au niveau régional et local.De ce fait, nous nous éloignons chaque jour d’une gestion homogène des attributions régaliennes de l’Etat dans le domaine maritime, dont les composantes pêches et marine marchande devraient normalement constituer un seul pôle stratégique de développement d’un Maroc maritime prospère.L’importance aux plans économique et social d’un tel secteur dont la gestion, faut-il le rappeler, est des plus complexes, impose plus que jamais la mise en place d’une administration maritime intégrée et autonome, dont la pérennité réside dans un statut qui la prémunirait contre les fréquents découpages administratifs et dont la stabilité serait synonyme d’efficacité et d’économie en termes de moyens et de structures dans la recherche d’une utilisation optimale des ressources.


Un seul «vizir al Bahr»

Au XIXe siècle où le maritime trouvait toute son importance avec la haute fonction de vizir al Bahr qui était en fait le ministre des Affaires étrangères du Maroc. Retrouvons-la, encore dans le Code maritime de 1919 que des visionnaires avaient élaboré en consacrant l’unicité de gestion du secteur maritime et donner force à son administration, au moyen de dispositions juridiques dont la pertinence nargue encore notre modernité et que peu de juristes confirmés se hasarderaient à le qualifier, même partiellement, de caduc. C’est que ce même code a inspiré, tout récemment encore, de nombreux pays dans le processus de réglementation de leur domaine maritime. Malheureusement, la législation maritime nationale stagne, peu servie par l’assoupissement de l’administration maritime marocaine vers la fin des années 90. Elle n’a pu être assez lucide pour sauvegarder son unicité historique, en vue d’aborder, avec le même esprit, son développement sur les plans juridique, humain, technique et administratif. En effet, le secteur maritime national était regroupé depuis le début du siècle sous la même administration de la marine marchande et des pêches maritimes qui s’est vue érigée en ministère des Pêches maritimes et de la Marine marchande en 1981. Une consécration qui valut au secteur d’être hissé au rang de priorité nationale pour produire, sous l’effet d’une gestion harmonieuse, les retombées bénéfiques du développement du pavillon Maroc et du secteur halieutique national. Une telle organisation homogène a permis de garantir une gestion intégrée du secteur maritime national dans une démarche fédératrice des ressources et des énergies, soldée par l’affirmation de ce secteur en tant que composante essentielle du développement économique et social de notre pays, ainsi que par la reconnaissance de la position appréciable de notre pays sur l’échiquier maritime mondial par la communauté internationale.Mais cet élan a été interrompu en 1997, par une décision aussi incompréhensible qu’inattendue qui a scindé l’administration maritime en deux: la Marine marchande a été transfé-rée au ministère du Transport, et les Pêches maritimes ont gardé un département spécifique.

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