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Retraite: Vivre avec 1.200 DH/mois

Par L'Economiste | Edition N°:3503 Le 07/04/2011 | Partager
60% des pensionnés CNSS survivent
En 2010, la Caisse a distribué 5,92 milliards de DH de pensions

Les retraités sont-ils plus pauvres que les actifs? Le montant des pensions servies, toutes catégories confondues (vieillesse, invalidité et pension du survivant), est faible. Six pensionnés de la CNSS sur dix perçoivent en moyenne moins de 1.200 dirhams par mois. Un niveau trop bas par rapport à l’évolution du coût de la vie. Surtout que la proportion la plus importante habite les régions du Grand Casablanca, Rabat et Marrakech.
Plus exactement, la retraite moyenne servie est de 1.660 dirhams contre 908 dirhams pour la pension du survivant et 1.922 dirhams pour la pension d’invalidité. En un mot, nos retraités touchent une misère et peuvent être catégorisés parmi les pauvres. Dans ces conditions, et sachant que la retraite complémentaire n’est pas généralisée, la question qui se pose est: une fois les charges mensuelles déduites (loyer, etc.), que reste-t-il à ces pensionnés pour survivre? La CIMR, régime complémentaire, distribue à peine 123.688 pensions. Or la CNSS compte en 2010 près de 243.358 pensions de vieillesse, 131.291 pensions de survivant et 5.637 pensions d’invalidité.
Il est vrai que les ressources ne sont pas identiques lorsque l’on passe de la vie active à la retraite puisque, au meilleur des cas, un retraité de la CNSS se retrouve avec 4.200 dirhams de pension par mois. Et encore faut-il qu’il remplisse toutes les conditions nécessaires : avoir un salaire qui dépasse les 6.000 dirhams puisque le plafond des cotisations à la CNSS est fixé à ce niveau et remplir les conditions de stages exigées. De même, il faut un parcours sans faute et sans trou dans la vie active.
Les statistiques de la CNSS, qui regroupe les pensions de vieillesse, de survivant et d’invalidité, montrent que rares sont les salariés qui une fois à la retraite se retrouvent avec le niveau de pension maximale. En 2010, ils sont 14% à percevoir une pension dont le montant se trouve dans la fourchette des 3.000 à 4.200 dirhams. Ce qui renvoie aussi au niveau des salaires qui étaient et restent très bas (cf. L’Economiste n°3501 du 5 avril 2011). Et donc non seulement les salariés sont dans la précarité mais les retraités aussi. Ainsi 43% des pensionnés touchent entre 500 et 1.200 dirhams, 17% sont à moins de 500 dirhams et 19% sont entre 1.200 et 2.000 dirhams. Et seuls 21% se retrouvent à un niveau supérieur ou égal au Smig, soit 79.860 personnes sur une population de plus de 380.280 personnes. Avec le niveau actuel des pensions, l’on se demande ce que la réforme des régimes de retraites introduira comme changements. Surtout que l’on parle de plus en plus d’une générosité avec laquelle il faudrait rompre. En tout cas, le pensionné CNSS ne ressemble pas au «retraité» des statistiques. Et aussi à celui de la Fonction publique. Car le fossé entre les deux est énorme: la pension moyenne servie par la Caisse marocaine des retraites (CMR) tourne autour de 4.830 dirhams.
Dans le régime CNSS, pour lequel la Commission technique sur les retraites recommande de lever l’aberration des 3.240 jours nécessaires pour prétendre à une pension, seuls 5% ne remplissent pas cette condition de stage. «Il s’agit de personnes relevant des régimes conventionnels ou ayant travaillé dans les secteurs public et privé, et qui obtiennent par totalisation le nombre de jours exigés pour percevoir leur pension», explique la CNSS.

Le nombre de pensionnés a augmenté de 26.929 en 2009 à 30.616 en 2010

En revanche, plus de six pensionnés sur dix ont cumulé entre 3.240 et 7.560 jours, et 31% ont même dépassé le seuil de 7.560 jours cumulés. En 2010, la CNSS a versé 5,92 milliards de dirhams au titre des pensions. Quant au nombre de pensionnés, il a augmenté de 26.929 en 2009 à 30.616 en 2010.
De son côté, le rapport démographique est en hausse passant de 8,20 en 2006 à 8,76 en 2010. Autrement dit, 9 actifs cotisent pour payer la pension de chaque retraité. Ce régime dispose donc d’un atout de taille, soit l’aubaine d’un accroissement de ses cotisants. Mais sa pérennité est tributaire d’une augmentation des taux de cotisation puisque l’apparition des premiers déficits est attendue pour 2026.
Pour l’heure, le dossier des retraites, analysé dans sa globalité, n’est pas encore tranché. Il faudra attendre l’avis du Bureau international du travail saisi par la Commission technique sur les retraites avant d’avoir de la visibilité.

Khadija MASMOUDI

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