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    Responsabilité sociale
    Votre capital-réputation est capital
    Entretien avec Nicole Notat, ex-présidente de la CFDT et fondatrice de Vigeo

    Par L'Economiste | Edition N°:2021 Le 16/05/2005 | Partager

    Personne ne peut plus nier que la responsabilité sociale des entreprises (RSE) s’impose de plus en plus comme une réalité. La performance économique ne peut plus être dissociée de la performance sociale, soutient Nicole Notat, présidente de l’Agence de notation européenne Vigeo et ancienne “patronne” de la CFDT, le plus grand des syndicats français. Pour elle, les entreprises ne doivent pas voir dans les pratiques des moins-disants socialement un alibi pour se dérober à leurs responsabilités vis-à-vis de toutes leurs parties prenantes. - L’Economiste : Quel bilan faites-vous aujourd’hui de l’engagement social des entreprises ?- Nicole Notat: J’observe que les dirigeants prennent de plus en plus conscience de l’intérêt pour eux d’être socialement responsables. Certes, l’entreprise doit produire de la richesse et développer ses affaires, c’est sa finalité première. Mais beaucoup de dirigeants comprennent qu’ils doivent le faire en apportant aussi leur contribution, leur pierre aux solutions des grands défis sociaux, sociétaux et environnementaux. - Qu’en est-il des entreprises marocaines?- Je suis très contente de voir que des entreprises marocaines, et pas seulement des filiales de multinationales, prennent la tête d’actions en faveur de la RSE et du développement durable. En le faisant savoir, ils augmentent leur capital réputation mais aussi leur capacité d’entraînement, redonnant d’une certaine manière de la fierté à leurs salariés et à tous ceux qui gravitent autour. Aujourd’hui des entreprises marocaines se font évaluer. Et si elles le font, c’est qu’elles y trouvent bien sûr leur intérêt mais en même temps, elles apportent une valeur ajoutée, une réelle contribution à toutes les questions dans lesquelles le Maroc cherche -et trouve d’ailleurs- des réponses à apporter. - Certains continuent de parler d’effet de mode à propos de la RSE. Que leur répondez-vous?- Evidement, dès lors que des idées sont nouvelles, des concepts sont nouveaux comme le développement durable et la responsabilité sociale, il y a des risques d’effet de mode et même des réalités d’effet de mode. Mais je dirais que ceux qui voudraient durablement se concentrer uniquement sur des effets d’affichage ou de publicité mensongère, prendraient de gros risques. En fait, ces concepts ne vont prendre de la consistance que dès lors qu’ils s’incarnent dans des actions concrètes et qu’ils sont portés par des acteurs du privé, des pouvoirs publics ou d’autres parties prenantes et avec un grand sérieux. - Des PME refusent d’y aller tant que la loi ne les oblige pas. Sur quels leviers faut-il agir pour changer cet état d’esprit ? - La loi et les réglementations peuvent contraindre des entreprises à négocier, à être économiquement et socialement responsables. Mais une fois que la loi est écrite encore faut-il l’appliquer. De toute manière, la notion de RSE renvoie à la responsabilité du dirigeant d’une entreprise qui trouvera de l’intérêt à aller dans cette direction parce que son entreprise va y trouver du profit, de l’intérêt, des atouts pour s’affirmer, pour se développer sur son marché, que celui-ci soit local ou international. Ceci est vrai pour une grande entreprise, plus directement concernée car elle a plus volontiers accès au marché global. Mais aussi pour une PME. Même si elle opère sur un marché local, elle est dans une relation d’affaires avec d’autres entreprises du marché global. Et donc, elle doit, elle aussi, se donner les atouts d’être respectueuse de normes sociales, environnementales et éthiques qui sont énoncées au niveau international et qu’aujourd’hui aucune entreprise ne peut ignorer au risque que cela lui porte de graves préjudices. Il ne faut pas oublier que les associations des consommateurs, les médias, les syndicats, les ONG peuvent aussi exercer une pression sur les entreprises. - Dans quelle mesure pensez-vous qu’une notation sociale peut contribuer à mieux diffuser cette culture ? - Avec une mission de notation sociale, l’entreprise va connaître quels sont les critères de RSE sur lesquels elle est attendue et les enjeux auxquels elle est confrontée. Elle va éventuellement pouvoir, au regard de ces critères, mesurer la pertinence et l’efficacité des politiques qu’elle conduit. C’est un vrai outil d’aide à l’action des dirigeants. Il leur permet de s’améliorer là où ils doivent ou souhaitent s’améliorer et de valoriser les bonnes pratiques et les bons résultats qu’ils peuvent avoir dans certains domaines de RSE. - Y a-t-il un risque que la notation soit utilisée comme un paravent pour cacher ou détourner l’attention sur certaines pratiques douteuses ?- L’évaluation de la RSE a précisément pour objectif de réduire progressivement les pratiques jugées non socialement responsables. Si une entreprise s’engage dans cet exercice, c’est parce qu’elle a pris conscience de l’intérêt pour elle d’aller vers les meilleures pratiques. Sinon, elle ne s’y prête pas.


    Notation: Des missions sur mesure

    Les missions d’évaluation de l’entreprise sont modulables. Elles sont conçues, tant dans leur périmètre que dans leurs finalités, pour être adaptées aux besoins de l’entreprise au moment exact où elle fait appel aux services d’une agence de notation. Ainsi un premier type de mission sera conçue pour répondre à une structure engagée, par exemple dans une opération de fusion ou de restructuration. Elle tâchera de répondre à son besoin de se repérer dans le maquis des enjeux de la RSE. Ce qui n’est pas le cas des entreprises qui veulent au contraire s’assurer que les orientations qu’elles ont prises, les politiques que les dirigeants ont formulées sont véritablement en bonne adéquation avec les objectifs énoncés par la Communauté internationale. Ce sera donc un autre type de missions. Une troisième mission serait de répondre aux entreprises qui veulent faire passer au peigne fin l’efficacité réelle de leur politique, de l’engagement jusqu’au résultat. Propos recueillis par Khadija EL HASSANI

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