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Responsabilité sociale
Royal Air Maroc face à un “Casa-Paris” à 200 euros

Par L'Economiste | Edition N°:2021 Le 16/05/2005 | Partager

. La compagnie anticipe l’arrivée des low-cost européens sur son hub. Le PDG à ses cadres: La réduction des coûts ne suffira pas, il faudra de la vitesse et de l’innovationLorsque le Maroc aura conclu l’accord d’open-sky avec l’Union européenne, l’avenir immédiat sera un billet d’avion entre le Maroc et l’Europe, à un prix moyen de 200 euros (un peu plus de 2.200 dirhams) contre 400 euros actuellement. Cette prédiction vient du DG adjoint en charge du pôle Administratif et Financier de Royal Air Maroc. Ahmed Ammor s’adressait aux 500 cadres de la compagnie jeudi dernier à Casablanca à l’occasion de la convention annuelle.Le principe de discussion avec Bruxelles étant acquis, cette échéance est donc certaine et il va falloir gérer cette “rupture”, autrement plus redoutable que celles que l’entreprise a eu à affronter jusqu’à présent. Car dès que la convention sera ratifiée, la libéralisation ne sera plus “encadrée” mais totale. Il en sera fini avec la clause de nationalité qui verrouillait les accords bilatéraux dans l’aérien et surtout, de la protection de Casablanca qui a permis à la RAM de traverser sans gros dégât l’ouverture prudente du ciel. Elle a été décidée pour accompagner le plan de développement du tourisme. Les compagnies low-cost européennes dont les redoutables EasyJet ou Rayannair, pourraient alors s’attaquer à la lucrative liaison Casa-Paris-Casa, qui génère une grosse part des revenus de Royal Air Maroc. Plus qu’une éventualité, c’est quasiment une certitude malgré l’arme de non-disponibilité des créneaux horaires que l’on pourrait être tenté de sortir côté marocain. “Ce qui est sûr, c’est que ces opérateurs qui ont une structure de coûts ultralégère, en tout cas, rien à voir avec celle des compagnies full service, n’exploiteront pas les routes (lignes) où nous perdons de l’argent”, a prévenu le DGA de Royal Air Maroc. C’est maintenant qu’il faut anticiper par des efforts de réduction drastique des coûts d’exploitation pour se battre avec des compétiteurs bien plus “légers” que nous, lance-t-il à l’auditoire. Et pour des activités qui sont à la traîne comme le handling et la maintenance, il faudra chercher les moyens d’aller vite, quitte à nouer des alliances avec des partenaires car le temps ne pardonne pas. Ahmed Ammor, qui s’est souvenu de ses responsabilités au Raja de Casablanca (il est actuellement secrétaire général de la Fédération royale marocaine de football), a insisté sur la notion de duel. Le coach a fixé une stratégie de jeu, reste maintenant à chaque collaborateur, à quelque niveau que ce soit, pour battre son concurrent. Et chaque duel va compter, martèle-t-il.La chasse aux économies n’a pas attendu la convention des cadres et touche toutes les activités, des achats aux ressources humaines. Avec une masse salariale qui plombe sa rentabilité, le transporteur espère réduire de 500 personnes ses effectifs d’ici à la fin du premier semestre grâce à un plan de départs volontaires lancé en janvier de cette année et aux départs à la retraite (il restera 5.500 personnes). Ces départs ont touché surtout l’exploitation avec quelques grincements de dents, semble-t-il. Mais il en faudra plus pour atteindre le poids de forme, car le passé est très lourd. Malgré une hausse substantielle de la productivité (55% sur dix ans), l’augmentation de la masse salariale a été aussi vertigineuse, confirme le DRH de la compagnie, Rachid Abouelfadel. La direction s’est aussi attaquée à la réduction de la facture du carburant, un des gros postes de dépenses après les salaires dans les compagnies aériennes. Chaque minute de vol équivaut à 50 litres de kérosène et l’embrasement des prix du pétrole sur les marchés internationaux est une réelle menace pour tous les acteurs du transport aérien. A cela s’ajoute un facteur pénalisant pour la RAM: le carburant pour avion coûte 15% de plus au Maroc qu’à l’étranger. Grâce à un deal avec le groupe Akwa (via l’importation), la compagnie a réussi à économiser 58 millions de dirhams l’année dernière. C’est 1/5e de son résultat net annuel. La grosse rupture stratégique a été la décision d’approfondir la diversification sectorielle du groupe, de manière à le rendre moins vulnérable aux retournements conjoncturels dans le transport aérien. Quitte à prendre la direction inverse des majors mondiales qui se sont recentrées sur le transport aérien. “Avec ses six pôles d’activité, Royal Air Maroc se veut aussi un acteur de référence et une locomotive pour l’économie nationale”, affirme son président. La compagnie saisira les opportunités lorsqu’elles se présenteront, mais pas question non plus de se lancer dans le textile, surtout par ces temps, précise Mohamed Berrada.


Chaque filiale doit vivre de ses deniers

La transformation des niches de compétence à l’intérieur de l’entreprise en filiales va dans le sens de cette quête de rationalisation des coûts d’exploitation. Un exemple: quelques mois seulement après la sortie du call-center (devenu Atlas On-line) du parapluie juridique de la compagnie, le coût du traitement d’un appel téléphonique est tombé à 18 dirhams contre 25 auparavant. La formation (RAM Academy), le transport charter, le centre d’appels et bientôt le fret, en attendant demain le handling (assistance des compagnies aériennes au sol) et la maintenance, ont été logés dans des entités indépendantes. L’idée est de les placer dans une relation de client-fournisseur avec la maison mère et donc de les pousser à chercher d’autres clients et plus d’efficacité économique. Un contrat d’objectifs a été fixé à chaque filiale et la pression maximale. Le management du groupe a prévenu: “il n’y aura pas de péréquation financière entre entités, chaque filiale doit apporter sa contribution au développement par sa propre capacité bénéficiaire”. Ce ton est lancé.Au-delà de la volonté de bâtir un groupe structurant, l’objectif de cette stratégie de filialisation tous azimuts est d’ajuster la structure des charges fixes. Au plan des ressources humaines, les nouvelles filiales ont démarré leur activité avec les employés RAM, qui gardent le statut de détachés et la totalité des avantages acquis. Ils continueront à recevoir un bulletin de salaire Royal Air Maroc, insiste le directeur des Ressources humaines. En revanche, tous les recrutements se feront aux conditions du marché, assure Abouelfadel. Avec ses niveaux de salaire, la compagnie ne peut rivaliser par exemple avec les centres d’appels.La réduction des coûts, tout le monde sait faire, constate le PDG de Royal Air Maroc. On ne s’en sortira que si nous nous montrons plus innovant, dit-il, et plus rapide, complète le DG adjoint chargé du pôle Administratif et Financier, car tout va se jouer sur la vitesse. Il reste à faire adhérer l’ensemble du personnel à la nécessité de courir plus vite que la concurrence. C’est un autre challenge qui attend la direction. Pour rappel, la vitesse de croisière d’un avion est de 900 km/heure. Abashi SHAMAMBA

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