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Affaires

Réserve monétaire: La réponse de BAM

Par L'Economiste | Edition N°:1599 Le 11/09/2003 | Partager

. L'autorité de régulation estime avoir eu à intervenir pour protéger l'épargne. “Nous ne pouvions jouer indéfiniment sur la reprise de liquidités”On a coutume de dire que l'équilibre d'un marché est aussi fonction de la psychologie de ses intervenants. Cette semaine, c'est assurément la déprime sur la place financière de Casablanca. Le moral des intervenants est au plus bas après la dernière décision de Bank Al-Maghrib de relever le taux de la réserve monétaire à 16,5%. Des mécontents, il y en a et l'affichent au grand jour (voir la tribune du mercredi 10 septembre 2003). Les responsables de BAM affirment avoir le même sentiment: «C'est toujours douloureux d'appliquer une mesure pareille». Pour les raisons qui ont poussé le Conseil de BAM à appliquer ce que certains intervenants qualifient, de «mesure de pompier», ses responsables expliquent «qu'elle a déployé tous les instruments de régulation dont elle dispose pour réduire la surliquidité structurelle dans laquelle baigne le marché depuis plus de trois années». Sans succès. Dans le même temps, les banques ont continué de distribuer des crédits d'investissement au compte-gouttes, accentuant ainsi la tendance. «Face à l'urgence de la situation, poursuivent-ils, l'unique solution qui s'offrait pour endiguer la baisse des taux monétaires et primaires était de relever le taux de la réserve monétaire». Cela pour éponger quotidiennement une surliquidité galopante estimée à plus de 4,5 milliards de dirhams. Cela, les responsables de BAM l'expliquent probablement dans une vision globale des équilibres monétaires du pays. «La profession a tendance à garder les yeux rivés sur les comptes». Pour eux, «l'une des variables les plus essentiels à préserver est certainement une rémunération minimale de l'épargne». Entendons par là, la petite épargne, celle investie dans les comptes sur carnets, les dépôts à terme, les bons du Trésor sur formules à 6 mois, les produits de retraite des compagnies d'assurances ou encore les parts OPCVM. Puisque la rémunération de l'ensemble de ces produits est indexée sur les taux des bons du Trésor par voie d'adjudication (à 52 semaines), leur rendement est en chute ininterrompue depuis l'année 2000. A titre d'exemple, le taux de rémunération des comptes sur carnets a été divisé par deux sur la période. Celui des comptes à terme a baissé en moyenne de près de 150 points de base. Dans le même temps, les compagnies d'assurances -qui pour la plupart adossent les produits de retraite à des placements sur le marché obligataire- ont vu leur rendement, suivant les cas, baissé de 4%. D'une rentabilité moyenne de 8-9% en 2000, la profession a affiché des bas de 4,7-5% en 2002. La tendance baissière des taux monétaires et primaires s'est en effet accélérée en 2001, après l'encaissement du fameux chèque de Vivendi. Pour contrecarrer la baisse des taux, BAM a dû intervenir massivement sur le marché par des reprises de liquidités (voir graphique ci-contre qui reflète le comportement de BAM sur le marché depuis l'année 2001). Elle a marqué une pause en 2002, pour reprendre de belle dès le début de l'année 2003. En effet, la perspective de la privatisation de la Régie des Tabacs et les transferts des MRE ont accentué la surliquidité du marché et par là même les tendances baissières des opérateurs. Les taux ont été tirés vers des bas historiques: les taux monétaires ont atteint les 0,25% et les taux primaires ont perdu, toutes maturités confondues, près de 80 points de base. Entre 2001 et 2003, les taux des bons à 52 semaines et 2 ans ont reculé de 350 points de base. Les maturités à 5 et 10 ans ont perdu, respectivement, 260 et 180 points de base. Par ailleurs, il est un principe que tous les financiers n'ignorent certainement pas: le niveau des taux doit aussi être préservé pour éviter qu'une part de l'épargne étrangère s'envole vers d'autres cieux et pour maintenir celle locale bien au chaud dans le circuit bancaire. Des banquiers le confirment, «il y a eu bien entre 2001 et 2003 quelques mouvements de rapatriement de capitaux étrangers.


Nouveaux outils de régulation monétaire

BAM, avouent ses responsables, «ne dispose pas d'assez d'outils monétaires pour réguler efficacement le marché». Le cas échéant, «la Banque centrale, poursuivent-ils, ne peut pas être partie prenante du marché et s'amuser à opérer indéfiniment des reprises de liquidités». Cela plombe d'abord ses finances et l'écarte tant soit peu de ses missions sur le marché: réguler les variations extrêmes des taux -mais de courte durée, de façon à les cantonner dans une fourchette assez rémunératrices de l'épargne. D'un autre côté, «et cela les intervenants ont tendance à l'oublier, BAM a relevé le taux de rémunération des avoirs des banques de 50%, de 0,50 à 0,75%. C'est un coût financier supplémentaire pour les finances de la Banque centrale», note ces mêmes responsables. Pour remédier à cette situation, BAM prépare de nouveaux outils de régulation monétaire. Le projet va être soumis incessamment au Conseil de gouvernement.

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