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Resaq: Des diplômés chômeurs amorcent leur reconversion

Par L'Economiste | Edition N°:2276 Le 16/05/2006 | Partager

. Une formation financée par L’Economiste. A six mois du démarrage, plus de 220 bénéficiaires. Bureautique, infographie, comptabilité… les modules LE petit groupe de jeunes «élèves» suit attentivement les instructions du formateur. De temps en temps, ils jettent des coups d’œil à l’écran de leur ordinateur, osent un petit clic avec la souris ou tapotent sur leur clavier. Il est 17 h et le cours de bureautique a démarré depuis une trentaine de minutes dans cette «classe» atypique du com-plexe culturel Kamel Zebdi, à Ben M’Sick. Les «élèves», des garçons mais surtout des jeunes filles, sont majoritairement issus de ce vieux quartier périphérique de Casablanca. Installés, chacun devant son PC, ils sont suspendus aux lèvres de leur instructeur pour ne rien rater de ses explications. Le module bureautique est l’un des plus prisés du projet IDMAG II monté par l’Association Assade pour l’action en faveur du développement et l’environnement de Ben M’Sick, et financé par le groupe Eco-Médias, éditeur des quotidiens L’Economiste et Assabah. Financement qui s’inscrit dans le cadre d’un partenariat consécutif à l’opération réalisée sous l’égide du Resaq (Réseau des associations de quartiers de Casablanca) et de la Commission entreprise et proximité sociale de la CGEM (www.leconomiste.com). Il consiste à financer la formation cette année de quelque 180 diplômés chômeurs et étudiants issus de milieux défavorisés afin d’améliorer leur employabilité et faciliter leur insertion dans le milieu professionnel. Rappelons que le coût global du projet est estimé à plus de 245.000 DH. Le groupe Eco-Médias y contribue à hauteur de 100.000 DH, en finançant le volet rémunération de formation. «Nos prévisions ont été largement dépassées. Au départ, on tablait sur 180 personnes. Nous en sommes aujourd’hui, six mois après le démarrage de l’opération, à quelque 207 bénéficiaires. Sans compter un dernier groupe de 12 personnes inscrites en cours accéléré», souligne Mostafa Oumali, vice-trésorier de l’association. Soit 220 bénéficiaires. Selon Oumali, les candidats sont essentiellement des licenciés, des étudiants universitaires, des bacheliers ou des lauréats de l’OFPPT.«Ce cours est une réelle aubaine pour moi. Cela me permettra de revaloriser mon diplôme, ou mieux, m’aider à amorcer une reconversion», confie cette jeune fille désabusée. Awatef M., 25 ans, n’en est, pourtant, qu’à ses premières tentatives de recherche d’emploi. Titulaire d’une licence en biologie animale, elle ne se fait déjà plus d’illusions sur les opportunités du marché de l’emploi. Son expérience se limite, en tout et pour tout, à 6 mois de stage passés à l’Institut Pasteur et toutes ses demandes d’embauche sont restées sans réponse. Normal, lance-t-elle, «si rien que pour décrocher un stage, il faut savoir faire jouer ses relations».Comme beaucoup de ses camarades de classe, elle est convaincue qu’une licence seule ne vaut plus grand-chose sur le marché de l’emploi. «Sans un piston, véritable sésame, ou de solides atouts, les chances des lauréats de nos facultés sur le marché de l’emploi, où débarquent chaque jour les profils les plus pointus, sont minimes. Tous mes amis qui ont réussi à se faire embaucher me l’ont confirmé», lâche-t-elle avec amertume avant d’enchaîner: «mais, cela ne veut pas dire qu’il faut se résigner et baisser les bras. Des formations, comme celle-là, arrivent à point nommé. Ce sera un plus sur mon CV». C’est aussi l’avis de son camarade, Saïd E., 26 ans, titulaire depuis deux ans d’un diplôme de technicien qualifié en climatisation de l’OFPPT. «La maîtrise de l’outil informatique est devenue indispensable. Elle est requise, presque systématiquement, par tous les employeurs. Et cela quel que soit le secteur d’activité», précise ce jeune lauréat de l’OFPPT qui déplore que, dans les établissements scolaires de son quartier, ce genre de formation fasse toujours défaut. «Et ailleurs, dans les instituts privés, cela coûte les yeux de la tête», dit-il.Aujourd’hui en chômage, Saïd E. parle en connaissance de cause: «Faute de connaissances informatiques, toutes mes demandes d’embauche, une fois mes stages arrivés à terme, n’ont jusque-là jamais reçu de suite favorable». Le cas d’Abdelaziz Y., 39 ans et père de deux enfants, est encore plus éloquent. Titulaire d’une licence en biologie animale depuis dix ans, il n’a réussi qu’à décrocher des contrats à durée déterminée (CDD). «Pendant deux ans, j’ai travaillé dans le même laboratoire pharmaceutique avec, à chaque fois, des contrats de six mois et toujours le même salaire: 1.800 DH», raconte-t-il. «Et si seulement c’était des fonctions valorisantes. Souvent, on me confiait des tâches qui ne correspondaient nullement avec mon profil.Pis, elles n’exigeaient souvent aucune qualification», poursuit ce père de famille issu du quartier de Lalla Meriem, un des plus pauvres de Casablanca. D’ailleurs, tous les bénéficiaires sont issus du quartier de Ben M’Sick, ou de quartiers avoisinants tout aussi pauvres et connaissant une forte concentration de jeunes diplômés au chômage. Au bout de deux ans, perdant tout espoir que son diplôme et ses compétences soient reconnus à leur juste valeur, et confronté aux réalités quotidiennes, Abdelaziz Y. a fini par opérer une reconversion en mettant à profit un petit local familial. De la biologie animale, il s’est converti dans la réparation de matériel audiovisuel. En s’inscrivant au module de maintenance informatique, il espère élargir ainsi son champ d’activité à la réparation de matériel informatique. Comme beaucoup de ses camarades, il pense que des filières universitaires, véritables usines à chômeurs, doivent être remplacées par des disciplines et des formations plus adaptées à la demande sur le marché de l’emploi. En attendant, ils se débrouillent comme ils peuvent. La reconversion par l’apprentissage et l’acquisition de nouvelles compétences plus demandées sur le marché de l’emploi semblent être le moteur qui aiguillonne la majorité des bénéficiaires de ce programme. «C’est notre chance pour échapper au chômage et préparer notre insertion dans la vie active», reconnaît Ibrahim H., 26 ans, qui poursuit encore ses études d’économie en 3e année. Afin de perfectionner son apprentissage, il s’est inscrit à ce programme de formation financé par le groupe Eco-Médias. Comme ses autres camarades, il projette de s’inscrire à d’autres modules, l’année prochaine. L’infographie et la comptabilité assistée par ordinateur (CAO) sont les deux modules qui l’intéressent particulièrement. Dans le choix des formations, les initiateurs du projet se sont attaché, en effet, à programmer des modules adaptés aux besoins du marché du travail comme la bureautique, la maintenance informatique, la comptabilité assistée par ordinateur ou encore l’infographie. Des filières prisées qui facilitent l’insertion des diplômés chômeurs et futurs diplômés.


Le Pnud, l’autre bailleur de fonds

Sise au complexe culturel Kamal Zebdi, dans un local communal (2 salles), l’Association Assade avait démarré son cycle de formation en 2003. Elle avait initié, en partenariat avec le Conseil communal et le concours financier du Pnud, le projet d’un centre de formation et de perfectionnement des acquis des diplômés chômeurs et des jeunes issus des milieux défavorisés.Le soutien du Pnud, dont la subvention s’élève à 210.000 DH financés en trois versements, a permis l’acquisition de 36 ordinateurs (30 PC et 6 Macintosh), un photocopieur et un data-show. Des cotisations mensuelles des bénéficiaires de la formation permettent de financer la maintenance des ordinateurs. Elles varient entre 50 et 170 DH. Mais, pour les nécessiteux, c’est la gratuité. Pour rappel, l’année dernière, l’association a pu former 120 élèves, dont une bonne partie suit des stages ou a intégré le milieu professionnel.Khadija EL HASSANI

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