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Affaires

Rentrée scolaire 2003-2004
Le grand risque des petits libraires

Par L'Economiste | Edition N°:1602 Le 16/09/2003 | Partager

. Dans le système scolaire, l'information ne circule pas . Le risque commercial est pris par des milliers de personnes qui s'improvisent libraires Chaque rentrée scolaire, des personnes s'improvisent libraires pour vendre tout type de cahiers, livres et fournitures scolaires. C'est un commerce saisonnier qui permet d'arrondir les fins de mois. Il n'est pas rare de voir le marchand de légumes ou le snack du coin se transformer lui aussi en libraire. Le phénomène est encore plus répandu dans les quartiers populaires où l'on voit aussi des étals de fournitures scolaires à même le sol. En général, ce sont des produits bon marché. Il est rare d'y voir proposées des grandes marques. Les jeunes au chômage sautent naturellement sur l'occasion. Les plus chanceux se rabattent sur le magasin du rez-de-chaussée appartenant à la famille. La location existe aussi pour des montants variant entre 1.500 et 2.000 DH. Mais quel que soit le type d'installation, tous les marchands s'approvisionnent chez les grossistes de Derb Omar, le célèbre quartier de Casablanca qui, apparemment, fournit l'ensemble du pays, à l'exception des grandes surfaces. Ces derniers ont, en effet, besoin de factures, et même s'il existe au Maroc un réseau de vente de fausses factures, ces dernières conviennent mal à la comptabilité des grandes surfaces. Les importateurs de Derb Omar écoulent en peu de temps des quantités considérables de cahiers et fournitures. Pour trouver le livre scolaire, c'est au quartier des Habous que les libraires de conjoncture vont. Ces derniers doivent pourtant prévoir à l'avance. Les grossistes exigent des commandes au plus tard à la mi-août. Ces commandes dont la livraison est quelques fois prise sur-le-champ, sont petites. Elles vont de 35.000 à 70.000 DH, ce qui impose donc que les libraires de conjoncture soient très nombreux. Ceci pèse fortement sur les marges. Il est bien rare qu'un libraire de conjoncture gagne plus de 10.000 DH sur la saison, qui dure 2 mois. Mais pour beaucoup, c'est un appoint qu'il ne faut pas négliger. L'activité n'est pas sans risque: il faut s'installer le plus tôt possible, mais personne ne sait quels sont les programmes. Il faut donc acheter le stock le plus tard possible, sinon c'est la perte assurée. Les saisonniers doivent en effet attendre que le ministère de l'Education nationale (MEN) communique sur les changements que les manuels doivent subir. Ce qui n'est pas toujours fait dans les délais normaux. A trois jours de la rentrée, “les manuels du septième niveau de l'enseignement élémentaire pour l'année 2003-2004, ne sont pas encore tous disponibles”, affirme un marchand. Un manuel de la deuxième année intitulé “mon livre de français” est introuvable. Les parents ne connaissent que trop bien ces tracasseries de la rentrée. Ils sont plusieurs à se déplacer dans tout Casablanca en quête d'un manuel qui s'est avéré rare ou qui ne serait pas encore disponible. . Eviter les reliquatsPlus compliqué encore, à Casablanca, par exemple, les programmes diffèrent d'une délégation à l'autre. Ceci vient d'une nouvelle vision de l'EN qui veut “rapprocher l'école de son environnement”. Mais pour les fournisseurs c'est l'enfer. Mounir, jeune libraire occasionnel de 33 ans à Hay Mohammadi, l'a bien compris. Il a commencé par établir une liste des besoins en livre de sa zone. Aïcha, jeune commerçante, a elle aussi visité les écoles privées de son quartier. Elle s'est renseignée auprès des directeurs et des enseignants. “Les programmes de la deuxième, quatrième et septième année de l'enseignement élémentaire ont été modifiés”, a-t-elle constaté sur le terrain. Elle veut surtout éviter les invendus qui l'entraîneraient à la faillite. D'après le président de l'Association des Editeurs, Hamouda Boughaleb (www.leconomiste.com) “40 nouveaux livres scolaires ont été conçus uniquement pour les 2 et 4e années du primaire et ce, dans un objectif de pluralité et de diversification”. Et d'ajouter que la nouvelle disposition permet à chaque établissement scolaire de choisir ses manuels. Conformément à la Charte de l'EN, les collèges bénéficient de 15 nouveaux manuels scolaires. Souvent, seuls les noms des livres varient d'une délégation à l'autre de la même ville, le reste est identique. Personne ne sait pourquoi! Mostafa BENTAK

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