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Economie

Rencontre Banque mondiale à Tunis
Maghreb: Cap sur l’économique
DNES, Bouchaïb EL YAFI

Par L'Economiste | Edition N°:2030 Le 27/05/2005 | Partager

. Le flop politique ne doit pas décourager. Une dynamique communautaire accélérera les réformes locales . Les recommandations de cette rencontre de 2 jours Le Maghreb a fait sa catharsis à Tunis dans la bonne humeur, malgré les rebondissements politiques de ces derniers jours (www.leconomiste.com). La table ronde sur «l’emploi, commerce extérieur, genre et gouvernance» organisée les 24 et 25 mai par la Banque mondiale en collaboration avec la Banque africaine de développement est d’abord un «succès humain». Plus de deux cents experts, officiels, chefs d’entreprise et économistes du Maroc, d’Algérie et de Tunisie ont pu débattre à coeur ouvert des maux de leur pays, sur la base de 4 rapports de l’institution de Bretton Woods. Tout le monde est d’accord sur les diagnostics établis sur «ce qui ne marche pas» dans ces pays. Ils ont les mêmes enjeux et sont conscients qu’ils doivent y faire face dans un espace communautaire. L’une des idées phare qui se sont dégagées de cet espace de discussion est de séparer l’économique et le politique pour recréer l’Union du Maghreb arabe (UMA) par le bas. Une Union économique maghrébine (UEM) forgée par l’homo oeconomicus est nécessaire pour accélérer l’intégration, les réformes et ouvrir les opportunités d’échanges.L’idée est qu’agir au niveau régional imposerait localement des deadlines pour réussir les réformes engagées. L’institutionnel suivra l’économique pour harmoniser les règles et les normes afin de formaliser le cadre de coopération et faciliter davantage le rapprochement. La gouvernance s’en trouverait ainsi améliorée. Et l’ouverture des marchés dynamisera l’emploi et offrira des opportunités pour l’intégration de la femme. Cette dynamique, qui devrait être complémentaire au processus de Barcelone et aux règles de l’OMC, impose toutefois des préalables. C’est tout l’objectif de cet espace d’échanges, baptisé «esprit de Tunis», d’où se sont dégagées des pistes de réforme dans les pays maghrébins. Le groupe de travail sur «l’intégration, commerce et investissement dans le Maghreb» a recommandé de saisir les opportunités de la mondialisation dans un cadre préalable d’intégration régionale à travers de nouveaux mécanismes de l’UMA. Prendre le train de la mondialisation passe ainsi par l’ouverture de l’économie, l’amélioration du climat des affaires et la construction de partenariats public/privé. Dans cette ouverture, l’institutionnel doit gérer les transitions sociales et économiques, comme il doit tenir compte des politiques des partenaires afin de coller à la réalité de leur marché. Le rapprochement régional permet dans ce sens d’accroître la taille des marchés et gérer les spécialisations des partenaires. Il augmente également le pouvoir de marché et de négociation dans une économie multipolaire. C’est dans ce sens que le groupe de réflexion sur «l’emploi» appelle à un marché maghrébin du travail. Comme il recommande un nouveau rôle des Etats en matière de d’emploi, d’amélioration de l’environnement des entreprises‚ d’adéquation du triptyque éducation-formation-emploi ainsi que l’adaptation des politiques de protection sociale. Ce n’est pas un simple démantèlement auquel appellent les experts, mais un vrai marché commun basé sur des règles de jeu claires. Pour cela, il faut repenser les aspects de la concurrence: mesures non tarifaires, règles d’origine, normes, propriété intellectuelle ou encore de circulation des capitaux, jugent les participants. Repenser le grand Maghreb dans une démarche économique, c’est évoluer par la suite vers des politiques communes dans l’agriculture, les mesures tarifaires, la fiscalité, la circulation des hommes et des femmes. Jeter in fine les bases d’une concurrence saine et loyale fondée sur l’Etat de droit. La femme est partie prenante de cette mouvance. La table ronde sur «Genre et développement au Maghreb» a globalement appelé à prendre en compte le genre dans toutes les réformes, améliorer la scolarisation des filles et les orienter vers les filières techniques. Les recommandations ont trait également à l’encouragement de l’entreprenariat féminin et la création de structures pour la reconversion professionnelle. Sans parler du suivi informationnel sur les lois et dispositions réglementaires existantes en faveur des femmes. Des recommandations, beaucoup de recommandations. Reste maintenant à les traduire en actions concrètes.


Rôder les mécanismes de gouvernance

La base idéologique de l’UMA s’est effritée, faillant ainsi à toutes ses promesses économiques. Les participants appellent à la reconstruction d’un nouvel argumentaire mobilisateur. Une sorte de projet structurant qui explicite les bénéfices, pour chacun des membres, les coûts par secteur et par pays.Le politique est en cela appelé à améliorer ses mécanismes de gouvernance par une meilleure production et application des lois ainsi qu’un meilleur respect de la hiérarchisation des normes et des institutions. C’est ce qui est globalement ressorti de la table ronde sur «la gouvernance», qui insiste sur l’indépendance des appareils exécutif et législatif tout en leur garantissant une mise à niveau continuelle en phase avec les changements national et international. Plus de transparence dans la gestion de la chose publique, avec des procédures claires et des comptes rendus aux citoyens devrait améliorer sensiblement le niveau de gouvernance dans les pays maghrébins. La société civile et la presse sont appelées à participer activement à ce processus. Car le partage de l’information et une réelle liberté d’expression sont également de puissants leviers de changement qui forgeraient une opinion publique régionale. Un élan qui devrait, selon les participants, émerger pour soutenir la création de «l’espace Maghreb, lieu d’échanges, de partage et de libertés».


Ce qui accélérera l’intégration

Plusieurs points favorables à l’accélération de l’intégration économique maghrébine ont été relevés. Il s’agit de l’amélioration des infrastructures entre les différents pays et de la libre circulation des hommes et des marchandises. Mais aussi des politiques communes complémentaires dans l’énergie et l’agriculture ainsi que de lutte contre l’informel et la contrebande. Cette démarche exige des autorités une nouvelle perception des intérêts de chaque pays. Par exemple, il ne faut pas considérer l’Algérie comme étant un simple marché ou que les économies maghrébines sont similaires. Il faut encore se défaire du poids du passé dans les relations bilatérales et combattre des lobbies puissants qui veulent perpétuer leurs systèmes de rente.

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