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Renault courtise les pays en voie de motorisation
De notre envoyé spécial à Pitesti, Mostafa BENTAK

Par L'Economiste | Edition N°:1785 Le 08/06/2004 | Partager

. Elle compte en produire 700.000 à travers le monde à l’horizon 2010 . Près de 30.000 véhicules par an sortiront de Somaca dès 2005. 500 millions d’euros pour la rénovation de DaciaLa route qui mène de Bucarest à Pitesti est parsemée de villages plus ou moins bien entretenus. Tout au long de ce voyage de 120 kilomètres, ce qui frappe le regard, c’est la femme roumaine cultivant la terre. Elles sont bien plus nombreuses que les hommes à effectuer ce laborieux travail. A l’usine de Dacia, située sur une colline du village de Colibasi, quelques kilomètres après Pitesti, elles sont tout aussi représentatives. Selon le type de chaîne de production, leur nombre varie entre un quart et 30% du personnel. Au village de Colibasi, des villas flambant neuf montrent que les choses ont changé depuis la chute de l’ancien régime. Elles sont occupées par une nouvelle génération travaillant dans la pétrochimie ou dans l’industrie de l’automobile. Elles coupent net avec l’austérité des HLM de Bucarest aux façades écorchées et déteintes, qui rappellent encore les affres du règne totalitaire de Ceausescu. Pitesti, 4e région en terme de richesse, a de beaux jours devant elle. Car bien que l’effectif de Dacia ait été ramené de 21.000 à 12.800 personnes, depuis son acquisition par Renault, sa rénovation -qui a coûté 500 millions d’euros sur 5 ans-, assure sa pérennité pour l’essor de la région. Aujourd’hui, l’usine est détenue à 99,3% par la marque au losange. Lors de sa présentation de la Logan (dernier fleuron dans le segment économique et fer de lance d’une stratégie à l’international), Louis Schweitzer, PDG de la marque, a parlé de «refonte de la Dacia». Il n’a pas caché sa fierté, mercredi dernier à Paris, devant un parterre de journalistes venant du monde entier. Lui qui portait à bout de bras depuis 1998, un projet qui lui tenait particulièrement à cœur et qu’il a fini par faire adopter par ses collaborateurs. Conçue au Technocentre de Guyancourt, région parisienne, «la Logan portera tous les gènes de Renault», affirme Schweitzer. Une voiture à 95% recyclable, qui respecte les normes européennes en matière d’environnement et qui rentre dans la catégorie C, côté habitabilité. En effet, les sièges arrière offrent un espace aussi généreux que la Mégane. D’ailleurs, l’appellation semble aussi être inspirée de cette dernière. Fondée en 1968, l’usine se rapproche aujourd’hui des standards européens. Depuis son acquisition par Renault en 1999, elle a fait beaucoup de progrès. Bien qu’encore tout soit fait manuellement, l’organisation est presque exemplaire. Les procédés de production s’appuient sur le management de la marque au losange. Et les écoles de dextérité, ces espaces aménagés à côté des chaînes de production, assurent une évolution constante du personnel. Comme celle de Pitesti, les usines qui vont industrialiser Logan déploieront les méthodes du SPR (système de production Renault). Initié en 1998, le SPR crée une nouvelle synergie entre les acteurs du système industriel: acheteurs/fournisseurs, logisticiens, ingénieurs et fabricants. Ils étaient quelque 72 journalistes de plusieurs pays à avoir effectué en cette matinée du jeudi 3 juin, la visite de la gigantesque usine entièrement reliftée. De nouvelles presses ont été mises en place et les machines qui fabriquent les carters sont les mêmes utilisées dans les usines européennes. De nombreuses pièces mécaniques sont usinées sur place: couvercle de culasse, supports intermédiaires, supports moteurs, carters d’huile, etc. Les moteurs et les boîtes de vitesses seront entièrement assemblés localement.Dès le second semestre 2005, la Logan sera assemblée au Maroc à la Somaca. Une production de 30.000 véhicules par an est prévue dont la moitié sera destinée à l’export, notamment pour les pays du Maghreb. Renault compte investir 22 millions d’euros pour porter l’usine au standard exigé. Elle soutient en même temps la mise à niveau en termes de qualité, coûts et délais du tissu d’équipementiers marocains. Lors d’une entrevue avec la presse marocaine, Georges Douin, directeur général adjoint, directeur du plan, du produit et des opérations internationales de Renault, a souligné que «l’expérience de Fiat au Maroc est intéressante, bien qu’elle ait connu une fin malheureuse». Pour lui, «Renault arrive avec plus de maturité, de notoriété et de qualité» pour conquérir des pays «en voie de motorisation». Outre le Maroc, la Russie, la Colombie puis l’Iran à partir de 2006, devront avoir leurs parts de production de la Logan. L’objectif est d’arriver à 700.000 unités par an à l’horizon 2010. A cet effet, Schweitzer n’exclut pas que l’Inde soit aussi de la partie. La Logan constitue presque une pièce maîtresse dans la nouvelle stratégie Renault qui vise 4 millions de voitures par an. La voiture sera badgée Renault dans certains marchés comme la Russie ou l’Iran. Au Maroc, sa calandre portera le blason de Dacia. Le fabricant veut capitaliser sur la marque roumaine, dans un pays où celle au losange est très bien implantée. Reste à savoir comment l’automobiliste marocain apprivoisera une voiture qui porte la garantie de Renault, mais prend une autre identité. La question du prix reste aussi entière. «C’est pays par pays», souligne Douin. Ce qui laisse présager que la voiture aux 5.000 euros devrait dépasser au Maroc le seuil des 70.000 DH. D’autres marques attendent Renault au tournant. Toyota, Ford… auront elles aussi leur mot à dire sur le segment de la voiture économique.


Daces

Les Daces sont pour les Roumains ce que sont les Gaulois pour les Français. Ce sont les ancêtres vénérés et la marque Dacia l’est autant justement parce qu’elle prend son nom de ce référentiel. Un chiffre parle de 2 millions de voitures de cette marque qui circulent en Roumanie. Mais depuis quelques années, de plus en plus de voitures de luxe arrivent. Durant les Jeudis, soirées étudiantes par excellence en Europe, les jeunes issus des familles riches de la capitale au volant de leur BMW et Mercedes sport, rivalisent de vitesse sur la grande avenue. Il faut dire que les Roumains ne sont pas tous des inconditionnels de Dacia. Les Japonaises par exemple ont la cote parmi les cadres moyens.

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