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Politique

Remaniement ministériel
Le monde des affaires content…

Par L'Economiste | Edition N°:1787 Le 10/06/2004 | Partager

Comment les décideurs économiques, hommes politiques et représentants de la société civile conçoivent-ils les récents changements au sein de l’équipe gouvernementale? La plupart d’entre eux, contactés par L’Economiste, avouent être satisfaits. D’abord parce que le remaniement effectif va enfin mettre fin aux rumeurs persistantes de ces dernières semaines. Le climat de morosité qui s’ensuivait ne se prêtait guère à une relance économique, encore moins à celle de l’investissement, nerf de l’activité économique. Et si tous estiment, à juste titre par ailleurs, qu’il ne s’agit là que d’un changement plutôt technique, ils ne manquent pas d’en espérer beaucoup.Le changement à la tête du ministère de la Pêche est unanimement salué. Les désaccords de l’ancien ministre avec l’ensemble des membres de la profession étaient devenus notoires.A Mohand Laenser, qui hérite de ce ministère, parallèlement à celui de l’Agriculture dont il avait la charge dans l’ancien gouvernement, les décideurs souhaitent du courage. Il en aura bien besoin. L’arrivée de Salaheddine Mezouar, industriel et homme de terrain, est perçue comme un signe encourageant. La mise à niveau du tissu industriel est un impératif et Mezouar ne le sait que trop pour avoir présidé l’Amith ces dernières années. C’est surtout à Abderrahim Harouchi que la société civile s’intéresse. Connu pour être un homme de dialogue et d’ouverture, il devra s’atteler aux chantiers de lutte contre la pauvreté, de la condition féminine et sociale de façon globale.Cependant, tous espèrent davantage de visibilité ainsi que beaucoup d’efficacité. “Nous n’avons plus le temps”, clament-ils en substance. Les échéances d’ouverture et d’intégration à l’économie mondiale ont déjà fixé des dates butoir. Alors, place au travail!


“J’espère que le gouvernement sera plus efficace”

Hassan Chami, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc(CGEM) «Le choix des hommes qui font leur entrée au sein de l’équipe gouvernementale met en exergue leurs compétences techniques. En tout état de cause, les capacités techniques et entrepreneuriales ne peuvent qu’être renforcées. Certaines figures ont déjà fait leurs preuves dans le secteur privé. Nous espérons que cette technicité conférera au gouvernement davantage d’efficacité et que sa capacité soit plus grande. La grande déception concerne le secteur de la pêche. Ce secteur, stratégique, aurait mérité de disposer d’un ministère à part entière. Or, il a été rallié à l’Agriculture, ce qui est en contradiction avec la volonté exprimée d’en faire un secteur vital pour l’économie nationale».


“Dommage qu’il y ait moins de femmes!”

Seloua Kerkri Belkziz, chef d’entreprise «Je tiens tout d’abord à exprimer mon enthousiasme quant au maintien de Driss Jettou à la tête du gouvernement. Cet homme d’affaires avisé connaît le monde de l’entreprise et, en tant que chef d’entreprise, je ne peux que m’en réjouir.Je salue également l’initiative de changement qui a mis fin aux rumeurs. Le climat de ces dernières semaines n’incitait pas à avancer. Aujourd’hui, je pense que les dossiers en instance vont enfin pouvoir être traités avec plus de célérité. Certains nouveaux membres que je connais ont des compétences certaines qu’ils sauront, j’en suis sûre, mettre au service de leur pays. Je regrette toutefois qu’il y ait moins de femmes au sein de l’équipe gouvernementale». Pour ce qui est des perspectives, je souhaite que l’efficacité constitue le nerf des actions qui seront entreprises. Le Maroc en a bien besoin.


“C’est pas plus mal!”

Driss Faceh, président du CRT de Fès«C’est plus d’un réajustement de l’équipe dont il faut parler et non d’un remaniement. Je salue par ailleurs l’initiative et considère qu’elle entraînera forcément une redynamisation. Pour ce qui est du tourisme, la reconduction de Adil Douiri est une excellente initiative. Il a fait , au cours de ces deux dernières années, de l’excellent travail. Cela est d’autant plus appréciable qu’il a su insuffler au secteur public les techniques managériales du privé qui sont efficacité et logique de rendement. J’espère qu’il en fera de même pour le secteur artisanal qui a toujours été le laisser-pour-compte des précédents gouvernements. Ce secteur n’a jamais bénéficié d’une véritable vision ni d’une stratégie marketing capable de le commercialiser et de le développer à l’export. Je suis sûr que Douiri saura en faire une branche d’activité dynamique et la hausser au niveau de ses potentialités.Ma satisfaction est également grande par rapport au secteur de la pêche. L’échec du précédent gouvernement en la matière a été immense. Confier ce département à un nouveau ministre est fortement appréciable».


“Tant mieux pour la pêche”

Mohamed Karia, vice-président du comité des armateurs du Maroc«Je tiens à exprimer mon regret quant au départ de Abderrazak El Mossadeq. Cet homme de terrain était disponible et a réalisé du bon travail sur de nombreux dossiers notamment en matière de mise à niveau et de réflexion sur la concurrence. Nous sommes par ailleurs totalement satisfaits quant au maintien de Karim Ghellab au poste de ministre des Transports. Il a à son actif le lancement de dossiers très importants pour le secteur des transports. Nous regrettons toutefois que la marine marchande ne dispose pas de plus d’intérêt. Il faudra changer les textes pour que cette activité puisse être en conformité avec les standards internationaux. En tout état de cause, l’initiative de regrouper l’agriculture et la pêche au sein d’un même portefeuille est louable».


Harouchi, “un homme de terrain et de dialogue”

Assouli Fouzia, secrétaire nationale de la Ligue démocratique pour les droits de la femme«En tant que militante des droits de la femme, je salue la création d’un ministère en charge de la question féminine et familiale. Ce point figurait parmi nos revendications puisque nous estimions que le secrétariat d’Etat ne disposait pas des prérogatives nécessaires pour entreprendre des actions significatives en la matière. Le ministère sera certainement doté de davantage de poids et pourra de ce fait mieux négocier les accords de coopération internationaux ainsi que la mise en marche de mesures destinées à améliorer la condition des femmes et des familles de façon globale. Abderrahim Harouchi est de surcroît un homme de terrain connu pour ses qualités d’homme de dialogue et de concertation. Sa fibre sociale ne devrait pas manquer de l’interpeller, notamment en matière de scolarisation des filles en milieu rural. Mais pour véritablement juger, il faudra attendre».


«Mezouar va faire bouger les choses très vite»

Abdelhak Bennani, directeur de la FicopamPour le directeur de la Ficopam (fédération des industries, des conserves et des produits agricoles du Maroc), Salah Eddine Mezouar, le tout nouveau ministre de l’Industrie et du Commerce et de la Mise à niveau économique, est quelqu’un de très expérimenté et de très dynamique. «Je pense qu’il va insuffler du sang neuf dans le secteur, même si son prédécesseur n’a pas démérité. Je pense que les choses vont bouger très vite». Selon Abdelhak Bennani, Mezouar a donné des preuves de son sens de l’organisation. «J’espère qu’il va réussir aussi bien qu’il l’a fait dans l’Amith. Pour notre secteur, nous sommes en train de préparer un plan à l’image de celui déployé par l’Amith. J’espère que nous trouverons beaucoup de compréhension et aussi de conseil auprès de Salah Eddine Mezouar», ajoute-t-il, précisant que cela reste un avis personnel qui n’engage que lui.


«Où sont les femmes?»

Mohamed M’jid, président de la Fondation pour la jeunesse, l’initiative et le développementPour Mohamed M’jid, il n’y a pas photo: «Le gouvernement reste pléthorique». Ensuite, il déplore la très faible représentation des femmes au sein de ce gouvernement. «Dans un gouvernement de près de 35 ministres, il n’y a que deux femmes, ce n’est pas normal. L’Espagne, par exemple, a un gouvernement de 16 personnes dont 8 femmes, et le Premier ministre a 43 ans».Enfin, le président de la Fondation pour la jeunesse et le développement ne comprend pas l’utilité d’un ministre d’Etat. «Que fait un ministre d’Etat dans un gouvernement? quel est son rôle? D’autant que Abbas El Fassi critiquait Jettou du fait qu’il n’était pas issu des urnes. Et là, on le retrouve à ses côtés. Il faut mettre un terme à cette schizophrénie».Les nouveaux arrivants devront faire leurs preuves, selon lui, en se basant sur les résultats et non sur les discours. C’est-à-dire qu’il va falloir «ne plus s’enfermer dans un bureau, répondre aux citoyens, et aller leur parler là où ils sont pour être en conformité avec cette politique de proximité dont tout le monde se gargarise», explique-t-il. «Je fais confiance à Jettou parce qu’il a fait ses preuves partout où il est allé. Alors que l’ensemble des partis, y compris les mastodontes, qui représentent une «légitimité historique», n’ont eu aux dernières élections que moins de 30% de voix. Il n’y a pas de relève issue des urnes», poursuit M’jid. Une manière de dire que Jettou a au moins une légitimité de compétence, même si elle demeure informelle.


«Bon point pour les portefeuilles regroupés»

Hammad Kessal, président de la Fédération de la PME-PMI (CGEM) “Nous sommes pour le regroupement des portefeuilles. Certes, nous nous attendions à ce qu’il soit plus consistant, de façon à regrouper un certain nombre de départements. Mais globalement, nous sommes satisfaits qu’un membre de la Confédération soit nommé à la tête de l’Industrie et du Commerce. En terme d’attentes, nous espérons une continuité en matière de mise à niveau avec plus d’agressivité. L’intérêt est de capitaliser sur les acquis de l’ancienne équipe pour pouvoir avancer. Surtout pour des secteurs comme l’agriculture où il faut accélérer les réformes et non tout remettre en question et recommencer à zéro. Il en est de même pour la PME-PMI, nous souhaitons l’accélération de la politique de mise à niveau dans un esprit de concertation, comme cela a été le cas avec El Mossadeq. Bref, nous attendons le nouveau gouvernement et l’évaluerons sur ses actes en souhaitant une accélération des réformes».


«Nous espérions un remaniement plus vaste»

Karim Ayouch, industriel dans le secteur de la pêche «Personnellement, je suis un peu déçu par ce remaniement. Car nous étions plusieurs à nous attendre à un réajustement plus fort. C’est la montagne qui accouche d’une souris. Mais globalement, dans le secteur de la pêche, nous sommes soulagés par départ de Rhafès, qui n’était pas l’homme de la situation. Autre déception, notre département de tutelle a disparu et il va être noyé dans le portefeuille de l’Agriculture, alors que le secteur avait réalisé des résultats probants du temps de Sahel et de Chbaâtou. Maintenant, du côté positif, cela permettra aux techniciens écartés par Rhafès de poursuivre leur travail».


«La mise à niveau peut vraiment démarrermaintenant»

Karim Tazi, industriel et président de la Commission Entreprise & Proximité sociale de la CGEM et président du Pôle Formation à l’Amith Il faut dire que c’est un réajustement technique. A présent, les attentes des professionnels convergent toutes dans le même sens: que la mise à niveau puisse vraiment démarrer. Car elle était en panne. Ce qui ne veut pas dire que c’était la faute à El Mossadeq. A vrai dire, quelque part, quelque chose n’a pas fonctionné dans ce processus de mise à niveau. Je souhaite que Mezouar, qui est issu de la CGEM et de l’Amith, puisse appuyer sur les bons ressorts et amorcer cette dynamique de mise à niveau. Actuellement, nous assistons à une certaine frilosité dans le monde des affaires. La priorité est que ce gouvernement accélère la cadence. Un certain nombre d’ingrédients sont déjà mis en place, l’arrivée de Mezouar peut servir de catalyseur. D’un autre côté, nous sommes satisfaits de la reconduction de Adil Douiri à la tête du département du Tourisme.


«Bon point pour la nomination d’un industriel»

Adil Raïss, président de la ZI de Tanger «C’est un satisfecit dans la mesure où un industriel vient d’être nommé à la tête du département de l’Industrie et de la Mise à niveau. Aussi, le fait de regrouper Commerce, Industrie et Mise à niveau au sein d’un même département nous paraît un choix judicieux. Nous aurions aimé que le Commerce extérieur soit aussi intégré au sein de ce département pour plus de synergie. Pour ce qui est des attentes, il est souhaitable que le ministère des Finances puisse accompagner la dynamique escomptée dans la mise à niveau en se penchant davantage sur les moyens de financement». Propos recueillis par A. D., M. Kd et A. R.

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