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Reins: Un million de malades au Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:2735 Le 14/03/2008 | Partager

. Une caravane de sensibilisation à l’occasion de la journée mondiale du rein. Dépistage de 1.000 personnes à la préfecture Moulay Rachid«Prenez soin de vos reins», tel est le slogan de la campagne de sensibilisation menée par l’association de lutte contre les maladies rénales à l’occasion de la journée mondiale du rein qui a lieu le 13 mars de chaque année.Cette année, un millier d’habitants des quartiers Moulay Rachid et Sidi Othmane à Casablanca avaient rendez-vous, le jeudi 13 mars, avec une caravane médicale de dépistage et d’information sur les maladies rénales. Une opération organisée par l’association REINS en collaboration avec la Fondation Mohamed V pour la solidarité et les autorités de la préfecture Moulay Rachid à Casablanca.L’objectif est d’informer la population sur le rôle des reins, leurs maladies et les possibilités de traitement. Un service de communication a été mis en place à cet effet, en plus de l’organisation d’ateliers de sensibilisation sur les différents aspects de la maladie.Ainsi, l’information du public sur les maladies rénales et leurs traitements représente une des premières étapes de la prévention. D’ailleurs, une évaluation effectuée par l’association a pu révéler l’ignorance des personnes concernant les maladies pouvant toucher les reins. Concernant le dépistage, 1.000 personnes issues de ces quartiers ont fait l’objet d’une analyse d’urine par bandelette réactive, d’une prise de la tension artérielle, et au besoin d’une consultation médicale, d’une échographie ou d’une radiographie. Les patients ayant besoin de traitement ont reçu des médicaments gratuits sur place. Une carte personnelle de la situation des reins en cette date a été remise à la suite du dépistage. Par ailleurs, les spécialistes mettent l’accent sur l’importance de l’implication de toute la société dans le combat contre les maladies des reins vu l’importance de ces organes vitaux.En effet, ces deux petites poches ressemblantes à des haricots de 180 g et placées de part et d’autre de la colonne vertébrale remplissent entre autres trois rôles essentiels pour l’organisme. Ils filtrent et purifient le sang par l’élimination des déchets dans l’urine. Ils régularisent le contenu de l’organisme en eau et en divers minéraux de même qu’ils contrôlent la tension artérielle et la formation des globules rouges.De plus, les maladies rénales constituent des multiplicateurs de maladies et ont des retentissements considérables sur tout le système cardiovasculaire. Aussi, l’insuffisance rénale est une maladie qui reste silencieuse trop longtemps. Elle évolue souvent sans trop de symptômes spécifiques. De même, personne n’est à l’abri des maladies rénales dans la mesure où ces organes fonctionnent moins bien avec l’âge. A partir de 60 ans, on perd 10% de fonction rénale tous les 10 ans. Face à cela, seul le dépistage précoce permet de détecter à temps une diminution de la fonction rénale et de la traiter. Ce qui permet de reculer, voire d’éviter le recours à la dialyse ou à la greffe.Sur un autre plan, depuis son introduction au Maroc, le nombre de centres d’hémodialyse est passé d’un seul centre en 1981 à 114 centres à fin 2007. Le Maroc comptait aussi près de 370 hémodialysés en 1986, chiffre qui est passé à plus de 5.000 à fin 2007.Cependant, la dialyse se heurte à de nombreux problèmes et se développe de manière très lente au Maroc. Les 114 centres mis en place actuellement ne permettent pas de prendre en charge tous les patients, en particulier les plus pauvres.Le manque de moyens reste aussi une entrave importante au développement de la dialyse. Concernant la couverture médicale, l’AMO permet à une catégorie de la population d’avoir accès aux traitements, comme la dialyse et la transplantation dans le cadre de la prise en charge des maladies chroniques et des maladies de longue durée. Cependant, la prise en charge concerne seulement 70% du coût de traitement. Le reste est payé par le patient. Ainsi, il paraît nécessaire d’harmoniser la prise en charge des malades par les organismes de remboursement comme la CNSS ou la CNOPS.D’un autre côté, la greffe rénale est, de l’avis des spécialistes, meilleure que la dialyse et avec un moindre coût.En effet, la greffe représente un des rares traitements qui satisfait à la fois le patient, le médecin et le gestionnaire de la santé. Les avantages de la greffe rénale se traduisent en termes de survie et de qualité de vie mais aussi en termes économique, du fait que la greffe mobilise moins de ressources financières que la dialyse. De plus, elle permet d’éviter la perte de temps et souvent du travail du patient liées aux contraintes de la dialyse.Cependant, la situation des transplantations rénales au Maroc reste très en retard. Face à cela, une action urgente s’impose.


Détecter et prévenir

Cette campagne de sensibilisation s’inscrit dans la logique du thème choisi cette année pour célébrer la journée mondiale du rein, à savoir «la détection précoce et la prévention». Dans ce cadre, les spécialistes insistent sur l’importance de la détection précoce dans la lutte contre la maladie. Le dépistage peut être fait par tous les médecins pratiquants. Néanmoins, l’importance de cette opération est encore sous-estimée au Maroc.La détection précoce de la maladie et sa prévention sont importantes dans la mesure où les maladies du rein posent un problème de santé publique. Près de 500 millions d’individus dans le monde, dont au moins 1 million au Maroc sont atteints d’une maladie rénale. La situation est alarmante si on prend en compte les prévisions des spécialistes qui affirment que le taux des personnes atteintes d’une maladie rénale va aller crescendo.Au Maroc, environ 3.500 personnes nécessitent chaque année un traitement par dialyse chronique mais seule une minorité peut y accéder. Actuellement, près de 5.000 patients sont dialysés régulièrement et seul 130 ont bénéficié d’une greffe rénale.


Greffe

La première transplantation rénale au Maroc a eu lieu en 1986 avec l’aide d’un chirurgien américain. Par la suite, il y a eu des blocages et des problèmes qui n’ont pas permis à la transplantation rénale de poursuivre le parcours souhaité.Ce n’est qu’en 1990 qu’une équipe 100% marocaine a effectué quelques greffes à partir de donneurs vivants, sur des patients bien sélectionnés et correctement préparés. L’expérience aurait bien pu continuer si des problèmes, d’ordre humain essentiellement, n’avaient pas entraîné des discordes au sein des équipes de transplantation. Ceci a conduit à un énorme retard dans ce domaine qui est dû aussi à d’autres facteurs notamment économiques, logistiques et socioculturels.Mohamed Ali Mrabi

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