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    Société

    Régions du Sud
    La dépendance énergétique, principale faiblesse
    Entretien avec Henri-Louis Védie

    Par L'Economiste | Edition N°:2779 Le 19/05/2008 | Partager

    . Les choix économiques étaient les seuls possibles . Pêche et tourisme, principaux vecteurs du développement Docteur d’Etat en sciences économiques et diplômé d’Etudes supérieures de Droit, Henri-Louis Védie vient de publier aux éditions Eska un ouvrage intitulé «Une volonté plus forte que les sables: l’expérience du développement durable des régions sud-marocaines». Dans cet entretien à L’Economiste, l’auteur analyse la portée de ce travail. - L’Economiste: Pourquoi ce choix de la thématique du développement des régions du Sud?- Henri-Louis Védie: J’ai eu la chance de visiter les régions du Sud à travers un voyage que j’ai effectué au Maroc. Quand je suis arrivé en avion dans la ville de Lâayoune, c’était vraiment exceptionnel. Une ville en plein désert qui est partie de 25.000 habitants et en compte 200.000 aujourd’hui. Pourtant personne n’en a jamais parlé. A partir de là, j’ai commencé à étudier ce qui s’est fait dans ces régions depuis 1976 jusqu’à aujourd’hui et j’ai découvert des choses très intéressantes. J’ai fait une photographie de la situation et demain personne ne pourra oublier ce qui a été fait par le Maroc dans les régions du Sud. - Vous vous êtes abstenu d’analyser la dimension politique qui est une composante indissociable du développement durable, pourquoi?- C’est pour ne pas nuire à la qualité scientifique de mon travail. Je voulais avoir une vue objective sur le développement économique dans ces provinces.- Que pensez-vous des choix économiques adoptés par le gouvernement? - Je crois qu’ils étaient les seuls possibles. Actuellement, il existe deux axes de développement, la pêche qui est très bien exploitée, et le tourisme, peu développé. Ces deux vecteurs de croissance constituent le solde durable de ces régions. Pour avoir des effets rapidement, il n’existait pas d’autre choix que de développer le côté maritime. C’est un challenge en passe d’être réussi par les autorités marocaines. Un challenge qui a permis à ces provinces d’accéder à un niveau de développement économique que beaucoup d’autres régions du monde envieraient. La mobilisation financière considérable a été aussi nécessaire à cet effort.-Y-a-t-il des recettes bonnes à prendre et qui pourraient être appliquées dans d’autres régions du Royaume?- Par définition, il n’existe pas de recettes exportables. Il est impossible d’exporter l’ensemble de ce modèle, parce qu’il y a des enjeux géopolitiques énormes propres aux provinces. Les leçons à tirer, c’est de toujours privilégier l’existant comme source du développement et éviter les modèles totalement importés. Chaque région a ses caractéristiques spécifiques et ses richesses propres. Le développement doit partir de ces bases pour pouvoir réussir. -Est-ce qu’il y a eu des points noirs ou des loupés?- Tout ce qui a été fait dans ces régions est irréversible et cela a abouti à des résultats plus que tangibles. Je ne sais pas si c’était possible de faire autrement, mais le fait de choisir l’axe côtier a nécessairement eu pour conséquence de négliger les zones intérieures. Des écarts considérables de développement dans ces zones ont été relevés. Il ne faut pas oublier que c’est le cas pour beaucoup de pays. La dépendance énergétique constitue actuellement la principale faiblesse des provinces du Sud. Tout repose sur une énergie difficile à contrôler, à savoir le choix des centrales électriques à consommation de gasoil ou de charbon. Ce choix ne rentre pas dans une logique de développement durable, surtout avec les prix des matières premières. Ce qui est considéré aujourd’hui comme la faiblesse des provinces peut devenir l’atout de demain. Si le coût du pétrole continue à augmenter, cela va engendrer une alternance vers les énergies renouvelables, coûteuses certes, mais qui ont tendance à devenir plus accessibles grâce au prix élevé du pétrole. - Comment le projet d’autonomie du Sahara pourrait-il impacter d’avantage la politique de développement dans la région? - L’ambiguïté de la situation sur le plan politique a un effet pervers sur le plan du développement économique. Peut-être qu’il ne le freine pas sur le plan maritime, mais, sur le plan touristique, ce n’est incontestablement pas un élément porteur. Je pense que le projet d’autonomie va permettre de trouver une solution politique qui va permettre d’asseoir un programme de développement durable pour toute la région.Saad Souleymane BOUHMADI

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