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Economie

Réformes agricoles
Les facteurs de blocage connus, reste à...

Par L'Economiste | Edition N°:2745 Le 31/03/2008 | Partager

. La nébuleuse des céréales. L’enjeu : 5, 5 millions d’ha et 60 millions de journées de travailDu fait de son rôle multifonctionnel, l’agriculture exerce un impact considérable sur le développement économique et social. Le constat est largement partagé. Le secteur «se trouve au carrefour de problématiques et enjeux essentiels», relève une étude stratégique élaborée conjointement par le Haut commissariat au Plan (HCP) et le Conseil général du développement agricole. L’occasion? La réflexion prospective «Maroc 2030» concernant les secteurs stratégiques. L’étude met clairement en évidence la dimension stratégique du secteur agricole pour l’avenir du Maroc, l’ampleur des changements annoncés et les risques d’«impasses» qui pourraient résulter de certains choix. Et pour cause! Le secteur est confronté à de nombreux défis: s’adapter à l’ouverture sur l’extérieur et aux changements climatiques, contribuer à la croissance économique, assurer la sécurité alimentaire, limiter la dégradation des ressources naturelles et améliorer le niveau de vie des ruraux. Mais la question centrale a trait à la capacité du secteur à être un facteur de renouveau ou une cause de fragilités et de risques d’instabilités accrus. Dès lors, quelle agriculture pour demain? Le diagnostic de la situation a été établi. Depuis fort longtemps. Et les réformes qu’il appelle ont été aussi identifiées. Seulement, la volonté d’opérer les changements qui s’imposent, a cruellement fait défaut. Aujourd’hui, la donne semble avoir changé. Dans la mesure où l’une des missions assignées au département de l’Agriculture est d’initier justement ces réformes. Sur une base réfléchie, dit-on. Autrement dit, une étude exhaustive et de préférence élaborée par un cabinet international.Or, de toutes les réformes projetées, car il s’agit de plusieurs, la plus laborieuse à mener est celle de la filière des céréales et légumineuses. Tout d’abord, elle met en équation l’importance des superficies et populations concernées. Pas moins de 5, 5 millions d’hectares englobant le bour dit favorable et non favorable. Elle concerne ensuite toutes les régions de production agricole, y compris l’élevage. Plus encore, le poids socio-économique demeure déterminant : environ 60 millions de journées de travail par année normale. La filière assure la couverture des deux tiers des besoins alimentaires et 40% de l’alimentation animale. Le tout contribue pour plus de 30% de la valeur ajoutée agricole. Mais la réforme suppose, outre le maintien de protections douanières, le réajustement des subventions et les reconversions à opérer. Pourtant, il a suffi d’une mauvaise campagne en interne et d’une flambée des matières premières à l’international pour que toutes les appréhensions liées à la protection des produits locaux se dissipent. Pour preuve, la suspension des droits de douane à l’importation des céréales, du beurre et autres produits laitiers n’a gêné en rien l’écoulement des produits locaux. Au contraire, le recours à la subvention a été et reste de rigueur. Tout particulièrement pour ce qui est des céréales et aliments de bétail importés. Pourquoi alors a-t-on longtemps différé cette réforme? On est en droit de s’interroger. Surtout que l’objectif affiché est de rationaliser l’utilisation de la ressource hydrique. En l’affectant de manière parcimonieuse aux cultures qui la rentabilisent peu, et de manière judicieuse à celles recélant une forte valeur ajoutée. Quoi qu’il en soit, le secteur ne manque pas d’atouts. Il recèle des potentialités jusque-là non encore suffisamment exploitées. Et les marges du progrès technique demeurent aussi considérables.En fait, les facteurs de blocage résident ailleurs. Ils ont pour noms la complexité et la diversité des statuts fonciers, le morcellement et l’exiguïté de l’exploitation, les circuits de commercialisation des produits et les difficultés d’accès au financement et, partant, l’investissement. Jouer sur ces facteurs revient à passer d’une agriculture caractérisée par un faible niveau de productivité, une forte vulnérabilité aux aléas, une dégradation croissante des ressources naturelles et une pauvreté largement répandue parmi les agriculteurs, à une agriculture d’un niveau élevé de productivité, fortement intégrée à l’économie nationale et largement ouverte sur l’extérieur.


Obstacles

La modernisation du secteur suppose des agriculteurs qui sont en mesure de regrouper et de mobiliser les quatre facteurs de production que sont la terre, l’eau, le capital et le savoir-faire technique et managérial. En plus, ils devront être en mesure de commercialiser leurs productions dans des conditions acceptables. Encore faut-il atténuer l’impact de certaines contraintes structurelles. Celles-ci ont trait aux aspects suivants : * Problèmes fonciers;* La structure par âge des agriculteurs et leur niveau d’instruction;* L’inadéquation de l’environnement de production et d’écoulement de la production agricole;* Le développement insuffisant des marchés des inputs et des outputs; * La faiblesse du marché financier;* Les limites et la faiblesse de la demande intérieure et extérieure pour la production à haute valeur ajoutée;* Coûts élevés des transactions et du transport.


Le poids de l’irrigué

La croissance du secteur irrigué a joué un rôle primordial dans le développement du pays. En année normale, il contribue, sur 13% de la superficie agricole utile, à 75% des exportations et 35% de l’emploi agricole. Toute la production d’agrumes, de sucre, prés de 80% du maraîchage, des productions fourragères et laitières, mais aussi prés de 20% des viandes et céréales, relèvent de l’irrigué. L’importance stratégique du secteur est particulièrement mise en évidence lors des années de sécheresse. A.G .

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