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    Politique

    Réforme constitutionnelle
    L’UGTM veut un Chef de gouvernement élu

    Par L'Economiste | Edition N°:3505 Le 11/04/2011 | Partager
    Supprimer le Conseil des ministres et mettre fin aux ministères de «souveraineté»
    Plus aucune tutelle des walis et gouverneurs sur les Régions

    Pour Hamid Chabat et son syndicat, le Chef de gouvernement doit être élu au suffrage universel direct lors des élections législatives et son nom doit être connu à ce moment-là

    Décidément, Hamid Chabat n’a pas froid aux yeux. D’autant plus que le patron de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) ne connaît que la manière directe pour dire les choses. Sans détours ni palabres, il annonce la couleur.
    «Le pouvoir au peuple, la terre à celui qui la cultive et les usines aux ouvriers». Voilà un slogan, si cher au parti de l’Istiqlal, qui revient dans le discours de Hamid Chabat. Ce dernier en a fait le socle des propositions de réformes constitutionnelles de la centrale syndicale qu’il dirige lors de la conférence de presse qu’il a tenue vendredi dernier au siège nouvellement acquis de l’UGTM à Rabat. La centrale syndicale a élaboré des dizaines de propositions de réformes. C’est à croire qu’elle propose tout bonnement une nouvelle constitution plutôt qu’une révision. A commencer par le rôle et les responsabilités du Premier ministre. D’abord, «on ne doit plus parler de Premier ministre, mais d’un Chef ou Président du gouvernement», dira Chabat.
    Un Chef de gouvernement dont il faut renforcer les pouvoirs pour lui permettre de mener à bien sa mission et aussi d’être clairement responsable devant le Parlement puisque c’est à lui, et à lui seul, qu’incombera la tâche de gérer les affaires de l’Etat. «C’est au chef de gouvernement de nommer ses ministres et non plus se contenter de faire des propositions. Il doit présenter sa liste définitive qui ne doit plus faire l’objet d’un quelconque marchandage», souligne Chabat. En plus, le gouvernement ne doit plus comporter de ministères de «souveraineté» (Intérieur, Justice, Affaires étrangères et Affaires religieuses et habous). Faut-il le rappeler, ce sont-là les départements dont les ministres sont, actuellement, directement nommés par le Roi. En plus, il faut «supprimer le Conseil des ministres et constitutionnaliser le Conseil de gouvernement et également transférer les prérogatives du premier au second». Voilà, c’est dit.
    Toujours sur le chapitre de la primature, l’UGTM demande à ce que le candidat à la direction du gouvernement soit connu lors des élections législatives. «Tête de liste, il sera proposé Chef de gouvernement si son parti obtient le plus grand nombre de sièges aux législatives», explique Chabat. De la sorte, «le peuple saura qui sera Chef de gouvernement et ce dernier sera directement issu des urnes et aura la légitimité qu’il faut, car il aura été directement élu par lui». Un détail encore: Chabat insiste sur le fait que le Chef de gouvernement ne doit pas être forcément le secrétaire général, 1er secrétaire ou encore président de la formation politique arrivée en tête des législatives. Il peut être choisi parmi les membres du parti selon des critères fixés à l’avance par les directions.
    Allant plus loin encore, la centrale syndicale propose que les directeurs des grandes administrations et des offices ainsi que les walis et gouverneurs soient nommés par le Chef de gouvernement et, par conséquent, relèveront de son autorité. En somme, ils devront représenter l’Etat et seront directement responsables devant le Chef de gouvernement. Cela, dira Hamid Chabat, pour éviter «les déboires et abus d’autorité et de pouvoir que l’on sait et qui servent des intérêts particuliers au lieu de servir le peuple».
    Abordant la régionalisation avancée, l’UGTM propose de doter les régions de leurs propres gouvernements et parlements comme c’est le cas dans de nombreux pays. Autonomes administrativement et financièrement, elles n’auront plus à dépendre de l’administration centrale et des bons vouloirs des walis et gouverneurs comme c’est le cas de nos jours. Ce n’est qu’ainsi qu’elles pourront prendre en charge leur développement. D’ailleurs, «il faut bien que ce soit le cas si nous voulons que l’initiative d’autonomie au Sahara aboutisse», souligne le secrétaire général de l’UGTM. En effet, l’on ne peut avoir une autonomie dans une région sans que les autres n’en disposent elles aussi. Sinon, «nous irons plus vers une décentralisation renforcée plutôt que vers une régionalisation avancée et ce n’est pas un retour à la case de départ que nous souhaitons», dira Chabat.
    Concernant leur mode de gouvernance, l’UGTM propose que le président et les membres du Conseil de région soient élus au suffrage universel. Dans la liste de candidature, l’on doit déjà mentionner qui sera le président du Conseil dans le cas où la liste en question remporte les élections régionales.


    Parlement et transhumance


    «Il faut qu’il y ait une loi interdisant toute transhumance d’un parti vers un autre après les élections». C’est une autre proposition de l’UGTM pour qui la transhumance «nuit sérieusement à l’action aussi bien du gouvernement que du parlement». Les majorités parlementaires deviennent ainsi fragiles et, partant, flottent d’un courant à un autre. C’est ce qui donne une image d’incohérence au sein des deux institutions et retarde l’examen et le vote des projets de lois.


    Jamal Eddine HERRADI

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