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Refonder la politique
Par Mohamed Mjid

Par L'Economiste | Edition N°:2229 Le 08/03/2006 | Partager

«Pousse-toi que je n’y mette»! Qui n’a pas ressenti plus d’une fois cette réflexion souvent pensée mais jamais dite? Qui n’a pas mesuré le fossé générationnel séparant de nos jours ce qu’on appelle sans ménagement la vieille génération et les nouveaux responsables, parvenus aux commandes de l’Etat, des entreprises, des institutions ou autres chefferies? Si l’on ne se garde pas des tentations des slogans ou des caricatures, on versera facilement dans cette coupure qui veut que ceux qui ont participé à la libération du Maroc, et se sont ensuite investis dans sa construction, passent à présent pour des has been et ceux qui les ont relevés pour des étoiles montantes, faisant rayonner leur soleil bienfaiteur.Cela ne se passe pas aussi simplement et sommairement. Le passage de témoins est certes louable, il s’est produit dans cette année charnière de l’année 2000 avec bonheur. Et nous sommes les tous premiers à nous en féliciter. Les nouveaux dirigeants, l’offices publics ou d’entreprises, de grandes ou petites sociétés alignées sur le mouvement, les nouveaux ambassadeurs et les responsables de la politique économique en général sont aujourd’hui à l’image du nouveau Maroc, exigeant en termes de professionnalisme, de créativité, d’audace et d’imagination. De surcroît, ils sont confrontés à de nouveaux enjeux pour ne pas dire de nouveaux périls que l’ancienne génération n’avait pas connus.Issus de Polytechnique, de l’Ecole des mines de Paris, de Ponts et chaussées, Centrale, H.E.C., voire de Harvard ou du MIT, ils nous sont plus familiers parce que leur modestie est à la mesure de leur ardeur à la tâche. On dit d’eux qu’ils sont des «technocrates» comme on disait en France, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les «énarques» pour cette fluide génération qui, une promotion plus brillante que l’autre, avait envahi le Conseil d’Etat ou l’inspection des finances. Allons donc pour les «technocrates» qui ne constituent pas pour autant une génération spontanée ou une race de prédateurs. Ils évoluent au sein de la société et peuvent même exercer, mieux que n’importe quel autre, la politique au sein d’un conseil, d’un office, d’une instance, voire d’un parti. Il y a donc lieu de mettre le holà! S’interdire cette idée qu’ils sont inexpérimentés, novices et coupés de la réalité de leur pays.Un président de la République française, qui avait pour nom Giscard d’Estaing, rompu à la technocratie, n’avait-il pas incarné cette méprisable ambition politique que beaucoup de nos «zouâamas» lui envieraient à tout bout de champ? Comparaison n’étant pas raison, le microcosme des états-majors politiques est demeuré le même depuis quarante ans, sinon plus, fait de petites allégeances, d’exultations infinies. Si de telles inclinaisons assuraient l’avenir du Maroc, je n’y verrais nul inconvénient, mais cet avenir est porteur aussi de mauvaises nouvelles, chômage, mondialisation inégalitaire, radicalités en tous genres, terrorisme, pauvreté endémique, maladies pandémiques, etc. Et puis, tel qu’il peut nous emporter, ce monde dur ne pourrait incarner notre seul horizon à seule fin de justifier les inadmissibles injustices sur terre, l’individualisme et le règne de l’argent. Nous nous sommes essayés, cinq décennies durant, aux joutes politiques, aux jeux des politiques. Beaucoup de leaders, en leur for intérieur, n’y croient que vainement. Pourquoi ne pourrait-on essayer une autre formule, une autre politique, autrement dit une politique qui placerait l’Homme au dessus? Le choix des dirigeants demeure un privilège du peuple marocain et le pays ne saurait être la propriété, on en convient, d’ingénieurs et de technocrates, mais de visionnaires politiques qui placent l’intérêt général au-dessus de leurs ambitions personnelles. Des politiques ayant une foi en l’Homme, une morale sociale, cultivant l’engagement et l’intégrité. Mais pour ce faire, il faut refonder la politique…

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