×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Entreprises

Recyclage industriel : Les vieux papiers font des cartons

Par L'Economiste | Edition N°:208 Le 14/12/1995 | Partager

Les vieux papiers et les invendus de journaux servent à fabriquer des cartons d'emballage destinés aux grandes entreprises de production de biens de consommation courante. La plus grande part de ce recyclage est effectuée par la CMCP qui en a recyclé 65.000 tonnes au cours de l'exercice 1994-1995.


Dans moins de trois semaines, la Compagnie Marocaine des Cartons et Papiers (CMCP) aura réalisé son programme d'investissement en matériel. Ces nouvelles installations permettront à l'usine de se mettre à un niveau technique équivalent à celui des papeteries européennes, soutient M. Jean-Louis Bunout, directeur technique de la CMCP. "Sur le plan technologique, nous n'aurons rien à envier aux unités européennes concernant le papier recyclé pour ondulé".
Le recours au papier recyclé n'a pas été la conséquence de la pression d'un quelconque mouvement écologiste mais dicté par un souci d'économie. Ce procédé présente en effet l'avantage de générer des coûts de production réduits par rapport à ceux des papiers fabriqués à partir de fibres vierges. "Pour mettre en oeuvre de la pâte à partir de vieux papiers, il suffit simplement de remettre en suspension la fibre et l'épurer", affirme M. Bunout. Pour lui, la fibre vierge est plus coûteuse et nécessite des opérations plus lourdes: abattre des arbres, les transformer en copeaux de bois qui seront cuits dans des lessiveuses avec une approbation de liqueur. Interviennent ensuite les stades de raffinage et de récupération de liqueur. Ce processus met donc en oeuvre des moyens techniques dont se passent les papiers recyclés.

Si ce procédé permet de faire des économies, il préserve aussi les forêts et participe à la protection de l'environnement.
Avec un chiffre d'affaires de 6OO millions de DH, la CMCP a recyclé 65.000 tonnes de vieux papiers dans son usine du quartier industriel de Kénitra au cours de l'exercice 1994-95. Les deux tiers de ces cargaisons provenaient de récupérations locales, assurées par la filiale MACARPA, société spécialisée dans le ramassage de déchets de papier, bien implantée à Casablanca et Rabat, et des ramasseurs indépendants. Le tiers restant a été importé.
Au cours du même exercice, les papiers recyclés ont représenté 85% des besoins de l'entreprise en matière première. Ce pourcentage s'élèvera à 88% au cours de l'année prochaine. Cette entreprise, présidée par Steve O'Hana, recycle différents types de papiers : vieux journaux, rognures de caisseries, caisses recyclées, rognures d'imprimerie, listages et vieux papiers mélangés.

Des clients solides


Ces produits sont ensuite triturés par catégories ou en mélange suivant les compositions des papiers à fabriquer.
Le papier ainsi recyclé par cette entreprise créée en 1949 sert principalement pour la fabrication de papier ondulé des caisses en carton, des cartons plats couchés (où des vieux papiers sont introduits dans les couches intermédiaires). L'entreprise dispose de trois machines dont l'une sert à fabriquer des cartons plats (jusqu'à 500 grammes), les deux autres fabriquent du papier ondulé. Cet équipement place la CMCP au rang du premier producteur de papier carton et carton ondulé. En outre, l'usine confectionne des produits finis pour les imprimeries et les cartonneries.
Considérée comme la plus grande entreprise d'Afrique (à l'exception de l'Afrique du Sud), la CMCP détient la plus grande part du marché et compte parmi ses clients réguliers les grandes entreprises de produits de consommation courante, comme l'Office National de Thé et de Sucre, la Cosumar, l'OCE ou les IMM (Tide).
Contrairement à l'Europe où les prix des vieux papiers connaissent souvent des fluctuations dues essentiellement à leur exportation vers les pays du Sud-Est asiatique, au Maroc ils restent stables, même si le ramassage n'est pas assez développé, précise M. Jean-Louis Bunout.

La concurrence des marchands de cacahuètes


La seule contribution de la municipalité au recyclage du papier se limite à l'octroi d'agréments aux ramasseurs. Ces ramasseurs ambulants qui habitent Kénitra livrent directement l'usine. Mais leurs contributions restent réduites par rapport à l'apport de Macarpa qui fournit à la CMCP une moyenne de 2.500 tonnes par mois. Les prix d'achat varient en fonction de la nature du papier et vont de 0,50DH à 2 DH le kg. Selon M. Abdellah Kassou, chef de service des matières premières à la CMCP, les invendus de journaux sont facturés à 2,50 DH par Macarpa. Ce genre de papier reste rare à cause de "la concurrence des épiceries et des marchands de cacahuètes qui achètent les vieux journaux à 3DH, parfois 4 DH. "
Si sur le plan du recyclage, la CMCP est performante, la variation des prix des vieux papiers au Maroc par rapport à ceux pratiqués en Europe reste inconnue. La crainte se fait également sentir sur le plan du prix de l'énergie. Pour l'instant, 50% de la consommation de l'usine est produite localement. Par ailleurs, l'arrivée du gaz naturel algérien transporté par le gazoduc est attendue avec impatience.

Mohamed CHAOUI.


Le réseau de ramassage


Les ramasseurs ambulants passent la nuit à fouiller les poubelles à la recherche de papiers et cartons pour charger leur charrette. D'autres sillonnent les marchés. Les plus chanceux d'entre eux récupèrent les cartons des supermarchés ou des banques. D'autres stationnent aux abords des décharges publiques en attendant de trier les vieux papiers. Tous convergent, en charrettes ou en camions, vers Macarpa où ils écoulent leurs cargaisons ramassées péniblement. Cette société trie ces amas de vieux papiers pour les dégager des corps étrangers (plastique, ficelles...) avant de les passer en presse et en sortir des balles de 700 à 800kg. Ces balles seront par la suite acheminées par camions vers la CMCP.
Implantée à Casablanca depuis plus de 40 ans, Macarpa ramasse environ 2.500 tonnes par mois. Celle de Rabat récupère à peine 800 tonnes par mois. La plus grande partie du papier récupéré par cette entreprise est composée de rognures d'imprimeries, de cartons et toutes sortes de papiers.

Selon Mme Lunardi, chef d'agence dans cette société, si un marchand ambulant ramasse de 300 à 400kg, les invendus de journaux restent très recherchés et sont dans la plupart des cas achetés par des entreprises qui fabriquent des alvéoles d'oeufs. Du reste, cette dame avec ses seize ans d'expérience regrette le gâchis des administrations qui brûlent leurs archives au lieu de les broyer et les recycler.
Avec un réseau de plus de 200 fournisseurs, quatre presses à balles et plus de cinq camions, la société Macarpa détient plus de 70% du marché de la récupération de vieux papiers. Ce secteur est qualifié de "prépondérant sur la place" par M. Pellas, secrétaire général de cette entreprise leader. Selon lui, les quantités ramassées ont progressé d'environ 20% ces deux dernières années, même s'il s'abstient de fournir les prix et les statistiques des quantités récupérées ces dernières années.
De l'avis des professionnels de ce domaine, le monopole de fait de Macarpa commence à s'effriter avec l'installation de nouveaux récupérateurs. Outre des entreprises qui se sont lancées dans ce créneau, une association "Je recycle" ,très dynamique à Rabat, vise à protéger l'environnement en nettoyant la ville. Cependant, la concurrence la plus redoutée vient des Espagnols qui manifestent un intérêt particulier aux vieux papiers marocains afin de les réexporter dans leur pays. Les prix offerts sont plus avantageux que ceux proposés dans le réseau classique de récupération.

Mohamed CHAOUI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc