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    Recherche scientifique et médicale: La mauvaise passe

    Par L'Economiste | Edition N°:499 Le 04/05/1999 | Partager

    · Absence de statuts des chercheurs, manque de coordination entre les institutions de recherche, contraintes financières, fuite de cerveaux

    · L'ère de la chimie est révolue

    Le diagnostic établi par les membres de la commission "Science de la vie" chargée, dans le cadre du Plan quinquennal, de formuler des propositions sur la recherche scientifique est hautement inquiétant. Les dysfonctionnements identifiés dans le secteur de la santé sont multiples: absence de stratégie de coordination et d'orientation de la recherche en science de la santé, mauvaise répartition des crédits de fonctionnement et d'équipement technologique, absence de statut pour les chercheurs, absence de système d'évaluation de la recherche au niveau national, sectoriel et institutionnel... La liste est longue. A première vue, ce diagnostic peut paraître surprenant pour un domaine aussi stratégique que la recherche scientifique.

    Donations étrangères


    En réalité, il n'a rien de nouveau. En privé, les scientifiques marocains ne cachent pas leur inquiétude quant au gap qui se creuse chaque jour entre pays riches et pauvres. Les critiques devenues aujourd'hui officielles émanent, qui plus est, d'experts travaillant dans des organismes publics. Sur le papier, on distingue généralement trois types d'institutions: universités, centres nationaux de recherche sous tutelle de ministère techniques (essentiellement l'Agriculture et la Santé), centres régionaux soutenus par des donateurs étrangers.
    La réalité est tout autre. Face au désistement des instances officielles, l'Etat ayant d'autres priorités, les rares projets qui existent ne doivent leur existence qu'aux donations internationales ou encore à la persévérance de chercheurs qui poursuivent leurs travaux avec le soutien de partenaires étrangers. Dans le secteur public, la crise est d'abord financière. "La crise est telle que bon nombre d'établissements sont désertés par les chercheurs", souligne un haut responsable du Ministère de la Santé Publique. D'autres chercheurs abandonnent les laboratoires pour exercer un second métier ou vont vers des horizons plus accueillants. La recherche dans le secteur privé n'est pas mieux lotie. Pourtant, c'est sur la recherche privée que se concentrent aujourd'hui les efforts. En dehors de rares projets qui ont bénéficié, là aussi d'un financement étranger, l'état des lieux n'est guère encourageant. Le capital-risque est souvent cité comme une alternative aux contraintes de financement. A ce niveau, les initiatives restent frileuses.

    Les multinationales pharmaceutiques continuent d'externaliser la recherche sans pour autant être prêtes à transférer au Sud des connaissances auxquelles elles attachent pouvoir et avantages compétitifs. Pourtant, c'est au sein de la pharmacie que se joue l'avenir de la recherche au niveau mondial. L'ère de la chimie est bel et bien révolue. Il suffit pour cela de voir la restructuration que connaît l'industrie pharmaceutique au niveau mondial. Les laboratoires se regroupent, cèdent aussi leurs activités chimie et concentrent leurs efforts sur le véritable enjeu: les biotechnologies.
    Pour ne citer qu'un exemple l'Interféron, médicament utilisé pour le traitement des malades atteints du Sida, est issu des biotechnologies. Alors qu'elle a été en grande partie à l'origine des dernières découvertes scientifiques, à commencer par les spectaculaires expériences du clonage, la génétique humaine est loin d'occuper la place qu'elle mérite. Elle n'est même pas reconnue au Maroc comme spécialité médicale.
    Après avoir formulé leurs recommandations, surtout pour le volet financement, les membres de la Commission Groupe-Vie s'attendaient sans doute à les voir inscrire dans l'actuel projet de Loi de Finances. Ils risquent d'être fort déçus.

    Mohamed BENABID










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