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    Courrier des Lecteurs

    Rating: Le processus est enclenché

    Par L'Economiste | Edition N°:271 Le 13/03/1997 | Partager

    La notation du Maroc annoncée pour le mois de juin ne sera probablement arrêtée qu'en automne. L'agence retenue est Standard & Poors. En dépit du poids de la dette, le risque pays est jugé acceptable. L'étape ultérieure consistera à lancer un emprunt en Eurobonds.


    Le Ministère des Finances et JP Morgan, banque-conseil, travaillent d'arrache-pied pour faire avancer le processus de notation et arrêter une stratégie à moyen terme de la gestion de la dette extérieure. L'opération devrait aboutir en juin prochain. C'est ce qu'avait annoncé M. Mohamed Kabbaj, ministre des Finances et des Investissements extérieurs, lors de la conférence de presse du 29 janvier dernier. Il l'a d'ailleurs confirmé publiquement à Londres la semaine dernière (voir pages 32 et 33).
    Selon une source privée, c'est l'agence de notation Standard & Poors qui a été retenue, mais son rating n'interviendra pas avant l'automne prochain.
    La même source indique que le Maroc aurait des chances de se rapprocher de la barre "Investment Grade", signifiant que le risque pays est acceptable pour un investisseur. Si comme l'Egypte (1) et la Tunisie, le Maroc décroche ce classement, il pourra lever au moindre coût des capitaux sur le marché international.
    En effet, le rating conditionne le coût de financement du pays et détermine le spread par rapport aux Bons du Trésor américains.

    Emprunt en Eurobonds?


    Une nuance toutefois: même s'il obtient l'Investment Grade, le Maroc ne présente pas, à en croire des analystes étrangers, les mêmes opportunités macro-économiques que l'Egypte (taille du marché, programme de privatisation...). Parmi les facteurs qui défavorisent le Maroc sont cités, non seulement le poids de la dette dans le PIB, mais aussi les difficultés de restructuration des futures privatisables.
    De bonne source, il est précisé toutefois que le Maroc tendrait davantage vers un BB+ alors que l'Egypte et la Tunisie ont bénéficié d'un BBB- par la même agence de notation, Standard & Poors. Ce qui le placerait derrière ces deux pays.
    Contrairement à l'Egypte, le Maroc a lui-même sollicité ce rating et désigné la banque-conseil, "pour profiter des bonnes conditions du marché international", explique un analyste financier. Une fois qu'il aura obtenu sa notation, il n'est pas exclu qu'un emprunt en Eurobonds (emprunt d'Etat en dehors du pays) d'un montant de 300 à 500 millions de Dollars soit lancé.
    Le ministre des Finances en a fait la déclaration à notre correspondant à Londres ainsi qu'au Financial Times.

    Toujours selon le même analyste, la première émission est souvent initiée par la banque-conseil. Il n'est pas exclu qu'elle soit confiée à une autre banque que JP Morgan, Merrill Lynch et Paribas étant dans la course. C'est une véritable bataille pour les commissions. Dans tous les cas, la levée de fonds a de fortes chances de s'opérer sur le marché européen.
    Pour apprécier le risque pays, l'agence de notation s'appuie sur des critères subjectifs (risque politique...) mais surtout objectifs.
    Le premier ratio pris en compte n'est autre que le poids de la dette extérieure dans le PIB. Pour le Maroc, ce ratio s'établit à 60%. Il atteindrait même 64% cette année, selon Paribas.
    Pour atténuer ce handicap, le rating ouvre la voie à deux alternatives. On pourrait restructurer la dette extérieure en remboursant l'encours et en empruntant à nouveau au moindre coût. Et cela suppose une émission de grande envergure sur le marché international. Ou on procéderait à de petites émissions correspondant aux remboursements annuels de la dette (6 milliards de DH environ).
    L'objectif recherché est de réduire le poids de celle-ci en maintenant constant son montant. En supposant que le PIB va croissant, la dette finira donc par se diluer à moyen terme.
    L'obtention d'une notation favorable devrait inciter les grandes entreprises, en particulier les banques en quête de capitaux étrangers, à se soumettre au même exercice.

    Hakima EL MARIKY & Mouna KABLY

    (1) L'Egypte est classée Investment Grade (BBB-) par Standard & Poors mais pas par Moody's, autre agence de rating. Cette dernière est connue pour être plus sévère que sa consoeur.

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