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    Courrier des Lecteurs

    Rating: Goldman Sachs table sur BB

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Le Maroc attend toujours son rating. Le calendrier initial ne sera pas respecté. Pour la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, l'analyse de la dette permet de prétendre à un BB. Mais la stabilité politique et l'engagement des réformes militent en faveur d'un BB+.


    Le verdict de Standard & Poors se fait toujours attendre. La notation du Maroc devait être rendue publique en automne d'après le ministre sortant des Finances et des Investissements Extérieurs, l'objectif étant de retourner sur le marché international des capitaux en 1998 (1). L'arrivée de M. Driss Jettou aux affaires bouleverse quelque peu le calendrier. Selon les milieux financiers, il faudra probablement attendre le mois de janvier.
    Dans son étude consacrée au Maroc publiée en août, la banque d'affaires américaine Goldman Sachs table sur la même échéance. Les analystes de la banque estiment que le Maroc peut prétendre à un BB, sans pour autant exclure la possibilité de décrocher un BB+. "Cette estimation découle de l'analyse de l'historique de la dette extérieure et de la comparaison des fondamentaux avec d'autres pays similaires", précise Goldman Sachs. En outre, il est rappelé que le Maroc a rééchelonné six fois sa dette publique (Club de Paris) entre 1983 et 1992 et trois fois sa dette bancaire privée (Club de Londres) entre 1986 et 1990.
    Aujourd'hui, le poids de la dette est estimé à 37,8% des exportations de biens et services non financiers. "Il est significativement plus lourd qu'en Argentine ou en Algérie".

    "Sub-investment grade"


    Globalement, le Maroc reste comparable à quelques pays ayant bénéficié d'un "sub-investment grade". Il s'agit par exemple du Mexique (BB), du Panama (BB+) et des Philippines (BB+) ou encore de l'Argentine (BB). En outre, le Maroc présente des similitudes structurelles avec l'Egypte (BBB-) et la Tunisie (BBB-).
    La situation fiscale du Maroc n'est pas aussi serrée que celle de ses concurrents, à l'exception de l'Argentine et de la Tunisie.
    Le déficit courant est jugé relativement élevé (sauf en 1996).
    Toutefois, sur ce plan, le Maroc fait mieux que l'Algérie et les Philippines. La première lutte contre la charge onéreuse du service de la dette et le second s'industrialise à un rythme accéléré.
    Autre caractéristique commune aux pays notés "sub-investment grade": la faiblesse du taux d'investissement présenté comme un frein à la modernisation de l'économie.
    Concernant la comparaison des taux d'épargne, le Maroc devance l'Argentine et le Mexique. "Mais dans ce groupe de pays, le Maroc présente un profil relativement moins attractif, compte tenu de la forte dépendance de ses performances macro-économiques des fluctuations pluviométriques", soulignent les experts de Goldman Sachs.

    Parmi les atouts sont cependant relevées les avancées effectuées en matière de contrôle de l'inflation et de réserves en devises. "Même si la libéralisation manque parfois d'ambition, la réforme économique a été aidée par la stabilité politique", poursuivent-ils.
    A moyen terme, la stratégie du Maroc vise à améliorer de façon substantielle son taux de croissance du PIB. D'après la banque américaine, le gouvernement aura besoin de réduire son rôle dans l'économie et d'augmenter ses taux d'épargne et d'investissement. "Nous estimons que la croissance du PIB réel s'établira autour de 4,4% durant les cinq prochaines années, supporté par une croissance de 3,5% du taux d'investissement (23,5% du PIB) et de 0,7% du taux d'épargne (18,4% du PIB)". De plus, le pays aura besoin d'attirer davantage de flux d'investissements étrangers directs (IED) pour développer l'infrastructure. "Nous prévoyons que les besoins annuels globaux en capitaux étrangers se stabiliseront autour de 2 milliards de Dollars, soit 3,5% du PIB environ". Il est attendu que l'essentiel des emprunts extérieurs soient contractés par le secteur privé. Le Trésor, lui, se limitera probablement au refinancement de la dette extérieure pour en alléger le poids. Goldman Sachs conseille la prudence aux investisseurs en portefeuille. Le potentiel du Maroc à recevoir des flux massifs est limité par l'absence d'un marché secondaire liquide, par l'opacité du régime des taux de change et par les restrictions des transactions en devises pour les non-résidents.

    Mouna KABLY

    (1) CF L'Economiste numéro 271, supplément finances.

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