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Evénement

Rapport de la Cour des comptes
Conflit d’intérêts chez l’Anapec

Par L'Economiste | Edition N°:3513 Le 21/04/2011 | Partager
Quand des formateurs sont salariés de groupes bénéficiaires
Des taux de déperdition alarmants

Scandaleux! De nombreuses insuffisances ont été relevées chez l’Anapec par les magistrats de la Cour des comptes. Les dysfonctionnements touchent aussi bien le cadre réglementaire, le dispositif de pilotage que la gestion des programmes sur la période 2006-2008. Période pendant laquelle trois programmes ont été lancés: Idmaj, Taehil et Moukawalati.
Le rapport épingle également la formation pour l’accompagnement aux métiers de l’offshoring. En effet, de nombreux détournements sont révélés. «L’absence de contrôle a conduit à des situations d’abus particulièrement de la part de certains centres qui sont tous filiales d’un même groupe international», dénonce la Cour des comptes. Sur la période 2007-2008, ce même groupe a bénéficié de plus de 2,8 millions de DH, soit près de 20% du montant global des crédits accordés à l’offshoring (14,7 millions de DH). Pis encore, la Cour a découvert un conflit d’intérêts. Il a été constaté «qu’un formateur était aussi salarié du groupe bénéficiaire».
Par ailleurs, la performance de l’ensemble des programmes de l’agence a été jugée faible. Pour le programme Taehil par exemple, l’effectif formé et non inséré représente une perte de fonds qui correspond à quelque 10,5 millions de DH.
Au démarrage des programmes de formation qualifiante ou de reconversion, 3.472 candidats se sont présentés dont seulement 1.500 ont achevé le cursus. Ce qui représente un taux de déperdition de 44% ! Plus accablant encore, le volet du rapport sur le programme Moukawalati. Le taux de réalisation des TPE n’a pas dépassé les 5% sur la période à l’étude. Or, à l’origine, l’objectif avancé tablait sur 30.000 créations d’entreprises.
A noter que le nombre de création d’entreprises de Moukawalati représente à peine 4% des porteurs de projets inscrits. Plus encore, 86% des projets accompagnés par les guichets Moukawalati ont disparu dans la nature.
Pour le programme Idmaj, sur un total de plus de 120.000 jeunes diplômés, seule la moitié des candidats des contrats de formation-insertion ont été insérés.

IL. B.

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