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Evénement

Rapport de la Cour des comptes
CIH: Les révélations sur le mandat Alioua

Par L'Economiste | Edition N°:3513 Le 21/04/2011 | Partager
Prise de décisions unilatérales, acquisitions «douteuses»
Grosses défaillances au niveau de la gestion des engagements
Non-respect de la réglementation bancaire

L’ex-président de la banque, principal mis au banc des accusés, agissait selon le rapport de la Cour des comptes «aux dépens des intérêts de la banque»

La Cour des comptes vient de rendre public son rapport, tant attendu, sur la gestion des établissements publics. Les magistrats de la Cour n’y vont pas par quatre chemins et pointent du doigt la gestion calamiteuse de grandes entreprises. Le Crédit immobilier et hôtelier (CIH) en fait partie. Le rapport remonte à la surface les démons de la banque. Alors que l’établissement opère sa mutation vers la banque universelle, le document de la Cour des comptes impute en partie ses déboires passés à son positionnement. Ce qui rend pertinent aujourd’hui la volonté du nouveau management (en place depuis 2009) de changer de trajectoire et de diversifier les activités de la banque.
Bien avant, d’autres facteurs expliquent les difficultés -l’assainissement est toujours en cours- de la banque. Les magistrats s’attardent sur le poids des créances en souffrance qui constituent toujours un fardeau pour la banque. Malgré une baisse de 50% entre 2004 et 2008, elles se sont chiffrées à 7,4 milliards de DH à cette échéance. Plus de la moitié représentent des créances grands comptes. Le rapport incrimine au passage l’externalisation du recouvrement des créances sur les particuliers qui serait entaché de plusieurs anomalies.
Le refinancement est également pointé du doigt, même s’il est perçu comme une contrainte structurelle du CIH depuis les années 1990. Il s’est aggravé en 2007, remarque la Cour des comptes. En 2008, il s’est traduit par une crise de liquidité aiguë avec un coefficient de liquidité inférieur à 12% pendant près de 10 mois, est-il indiqué.
Des difficultés qui ont été favorisées par un pilotage chaotique de la banque. Khalid Alioua, l’ex-président de la banque, principal mis au banc des accusés, agissait selon la Cour des comptes «aux dépens des intérêts de la banque». Au point d’en réduire à néant les pouvoirs du conseil d’administration. Le rôle de ce dernier se limitait principalement à prendre acte des décisions prises par Alioua. Même le changement du mode de gouvernance de l’établissement en directoire et conseil de surveillance n’y a rien changé. «Le CA était informé sur les décisions déjà prises, que consulté au préalable». En clair, Alioua était pour ainsi dire seul maître à bord. Certaines de ces décisions – l’octroi de crédits ou de facilités à certains promoteurs en marge des prescriptions du règlement intérieur du directoire ou encore la cession du patrimoine hors exploitation de la banque à soi-même ou à des proches à des prix nettement inférieurs à ceux du marché – ont nuit à la banque.
Concernant l’activité même de l’établissement, les défaillances relevées au niveau de la gestion des engagements portent entre autres sur l’assainissement des créances contentieuses par de nouveaux prêts. L’ex-directeur général adjoint en charge du pôle exploitation s’est, lui, vu accorder de larges prérogatives dans le déblocage des prêts pour les grands comptes. «Il a reçu compétence pour statuer sur toutes les dérogations de déblocage pour problèmes d’apport personnel sans fixation de limite», révèle la Cour des comptes. Cette dernière relève également le non-respect de la réglementation bancaire en termes de coefficient de division du risque. En clair, «la banque a été en dépassement du coefficient de division du risque sur certains clients». Ce qui persiste toujours, notamment avec le groupe CDG qui est également l’actionnaire principal de la banque.


Opérations «douteuses»


Selon le rapport de la Cour des comptes, les décisions de cession du patrimoine hors exploitation de la banque sont presque toujours prises unilatéralement par Khalid Alioua, l’ex-président de la banque. Certaines cessions décidées entre 2004 et 2007 l’ont été sur la base des prix de l’année 2000 «sans la prise en compte de la flambée des prix de l’immobilier». Selon le rapport, Alioua s’est fait attribuer directement certains de ces biens, notamment deux appartements mitoyens à Casablanca d’une superficie totale de 493 m² à 1,7 million de DH. La cession a eu lieu en 2006, selon le rapport de la Cour des comptes, sans l’approbation préalable du conseil d’administration. De plus le CIH a continué à supporter les frais supplémentaires d’aménagement des deux appartements pour un montant de 1,9 million de DH (il s’agit des factures dont la Cour des comptes à pu disposer). Il faut attendre la veille du départ d’Alioua pour que le CA du 24 avril 2009 ne décide de réajuster le prix de vente des appartements à 3,8 millions de DH. La différence de prix, c'est-à-dire 2,1 millions de DH et les frais supplémentaires ont été imputés sur la prime de départ de 7,1 millions de DH octroyée à Alioua en 2010. D’autres opérations douteuses (c’est le terme utilisé dans le rapport) complètent les infractions relevées à l’encontre d’Alioua. A côté, celui-ci et des membres de sa famille bénéficiaient de certains avantages notamment les ressources, produits et équipements des hôtels qui sont souvent mis à leur disposition. En outre, les dépenses personnelles de l’ex-président du CIH étaient prises en charge par les hôtels.


F. Fa

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