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Ramadan des Autres
Un mois de jeûne «made in China»

Par L'Economiste | Edition N°:2381 Le 12/10/2006 | Partager

A l’occasion du mois de Ramadan, L’Economiste publie une série d’articles sur cette période spéciale. Chaque jour, un pays est à l’honneur. Des mythes aux rites en passant par la spiritualité, l’animation et la cuisine… Un voyage ramadanesque. . Les musulmans de Chine seraient entre 20 et 30 millions. La communauté des Hui, au nord du pays. Témoignages d’un Marocain à Beijing «Ramadan est plus souple à Beijing (Pékin) et l’on n’y ressent moins le poids de l’abstinence», résume Chamssedine El Hajraoui, directeur du Centre de recherche maroco-chinois et qui vit depuis plus de 16 ans en Chine. L’Empire du Milieu compterait antre 20 millions et 30 millions de musulmans, dispersés partout dans ce pays-continent.A Beijing, les musulmans de la capitale sont basés essentiellement dans le quartier Niu Jie tout autour de la mosquée du même éponyme (traduisez: Mosquée de la Vache). C’est dans cette mosquée que se rassemblent la majorité des musulmans de Pékin durant le mois sacré. Dès les premiers jours du mois et même un peu auparavant, des calendriers sont distribuées dans les principales mosquées et les restaurants musulmans. Tout y est précisé, du 1er jour du mois jusqu’à la fête: les horaires des prières, le coucher du soleil, la rupture du jeûne, des repas… selon les régions. En Chine, l’annonce du mois sacré et l’apparition de la Lune sont calculées selon une méthodologie pointue, astrologique et non sur la simple apparition du croissant. Dans la mosquée de la Vache à Pékin, le vendredi dernier, «l’imam a donné le prêche en arabe et en chinois», témoigne Chamssedine El Hajraoui. Selon lui, les imams font de plus en plus un effort de vulgarisation et de traduction dans les mosquées, surtout pendant les Taraouihs. Ils expliquent le contenu des versets coraniques et les préceptes de l’islam en différents dialectes chinois. Dans ces lieux de culte «made in China», les calottes blanches et les voiles sont de plus en plus visibles durant le mois sacré. D’année en année, le nombre de pratiquants ne cesse de croître.Aujourd’hui, plus de 700 imams officiels dirigent les prières et donnent des prêches dans quelque 300 mosquées en Chine. L’Empire du Milieu a aussi ses imams femmes. Appelées nü ahong, elles exercent uniquement dans des mosquées pour femmes, les nü si. En fait, les lieux de cultes exclusivement destinés aux femmes ne datent pas d’hier. Ils remontent au XIIIe siècle. Leur apparition remonte à la dynastie des Yuan (XIIIe). Certains chercheurs l’attribuent à l’arrivée de nombreux musulmans d’Asie centrale ayant épousé des femmes autochtones. Converties à l’islam, ces dernières auraient cherché à se doter de lieux qui s’apparentent aux associations bouddhistes et taoïstes organisées alors par des femmes. Comme toutes autres les religions en Chine, l’islam est soumis à des restrictions. L’interdiction du prosélytisme vient en tête des restrictions. Ce qui explique que l’appel du muezzin ne saurait être audible qu’à l’intérieur des mosquées. «C’est aussi pour ne pas incommoder les riverains des mosquées», répète-t-on à Beijing.Autre restriction: tous les imams doivent avoir leur autorisation du gouvernement. Ce qui sous-entend la suprématie de l’Etat sur la religion. La Chine est officiellement un pays bouddhiste, mais l’athéisme y est aussi fortement représenté. L’Empire du Milieu prône également la liberté du culte. Ce qui se traduit parfois par une interprétation très large ou simpliste de la religion. Il arrive que des musulmans ne jeûnent pas ou boivent du vin pendant le mois sacré. D’autres se limitent à la Chahada et à la prière. D’autres encore se contentent du strict minimum de la religion: la Chahada.Mais ceux qui pratiquent n’ont rien à envier à leurs coreligionnaires de La Mecque et du Caire. Ils passent des heures dans les mosquées à invoquer Dieu et se plongent dans une intense ferveur.Le f’tour à Beijing est assez particulier. Le repas riche en calories est généralement composé de sucreries, des gâteaux qui ressemblent à la Chebbakia, mais aussi la fameuse soupe chinoise à la vermicelle (appelée pang). Les fruits secs (prunes, abricot, noix, amandes…) sont consommés à volonté durant ce repas, de même qu’un pain spécial, le neng. C’est une variété de pain, rond, gonflé au milieu.Pour le plat de résistance, les Chinois raffolent des pâtes aux viandes durant le mois sacré. D’autres consomment plutôt des soupes au riz et des plats variés (œufs aux tomates, fromages chinois d’origine végétale…)Après le f’tour, les musulmans de Chine boivent beaucoup de thé avec une spécialité locale qui s’apparente au sellou. Le café n’est pas dans les habitudes du pays de Mao. En revanche, les rafraîchissements sont consommés à volonté: différents types de jus de fruits (raisin, pomme, orange, pêche…)A chaque Ramadan, des repas de f’tour sont gracieusement servis dans les mosquées. De même, dans les universités chinoises, où il existe a une communauté d’étudiants musulmans, le repas du shour est servi à l’ensemble des étudiants, toutes obédiences confondues. Autre particularité des musulmans chinois: la charité s’intensifie les dix derniers jours du mois sacré. La communauté organise des échanges inter régions: «Des voyages entre musulmans à Shanghai, Beijing, Yinchuan… ainsi que des causeries religieuses et débats sont tenus durant cette période», précise El Hajraoui. Et d’ajouter: «cela permet aux musulmans de vivre leurs différences en communauté et en même temps découvrir leur pays dans la ferveur».


Les musulmans de Ningxia

L'ISLAM chinois a plus de 1.200 ans d’histoire. La plus grande communauté musulmane est celle des Hui. Basés au nord de la Chine, les Hui comptent pas moins de 10 millions de fidèles. On les retrouve particulièrement dans la région autonome de Ningxia, les provinces du Gansu et du Henan. Les musulmans de Ningxia seraient des descendants de commerçants du Moyen-Orient qui empruntaient la Route de la soie sous la dynastie des Tang et des Chinois qu’ils avaient convertis. Les Hui ont leurs propres spécificités. Ils manifestent un attachement indéfectible à l’islam. Selon Elisabeth Allès, auteur de «Musulmans de Chine», les signes extérieurs de cette communauté se manifestent par «l’apposition du premier verset de la première sourate du Coran à l’entrée des maisons, le port du calot blanc, le respect d’interdits, en particulier celui de la consommation du porc, la célébration des principales fêtes religieuses musulmanes, les différents moments de rassemblement au sein des mosquées… et la fidélité à la même mosquée». Autrefois, les Hui faisaient partie des musulmans les moins orthodoxes. Ils fumaient et buvaient. Peu d’entre eux se laissaient pousser des barbes, et les femmes portaient rarement le voile. Entre-temps, l’influence des wahabites est passée par là. Les mosquées sont bondées le vendredi; le port du voile et de la calotte se généralise. Et les Hui sont de plus en plus nombreux à se rendre à La Mecque. Les jeunes étudiants musulmans de cette région s’inscrivent dans des universités au Moyen-Orient pour parfaire la maîtrise de la langue arabe, suivre des études islamiques, voire développer des affinités culturelles.


Mao, le dernier empereur

IL y a 40 ans démarrait la «Révolution culturelle» en Chine. A l’origine: un homme, Mao Zedong. En quelques dizaines d’années, Mao réusit à imposer le maoïsme, «communisme à la sauce chinoise» et bouleverse des structures plus que millénaires de la société chinoise.D’abord chef de guerre puis membre fondateur du Parti communiste chinois en 1918, Mao entre rapidement dans le conflit armé contre les forces nationalistes de Chiang Kai-chek. La «Longue Marche» et la constitution d’une République soviétique chinoise se présentent très tôt comme une incroyable épopée au coût humain très onéreaux, sur fond de guerre contre le Japon. Le nouvel Etat communiste chinois est proclamé en 1949. Dix ans plus tard, Mao chasse les encombrants conseillers et experts soviétiques et liquide des milliers d’intellectuels au terme de la campagne dite des «Cent Fleurs». Il lance alors la Chine populaire dans le «Grand Bond en avant» et crée des communes populaires fondées sur un mode de vie collectiviste. La Chine se lance donc dans une politique de modernisation à marche forcée. L’obsession du développement de la production industrielle, la désorganisation de l’économie paysanne par l’établissement de coopératives et les nationalisations des usines et des commerces figurent parmi les principaux axes de ce «bond». Quelques années plus tard, Zedong désire remobiliser la jeunesse pour conforter son pouvoir. Il lance alors la «Révolution culturelle». C’est une mobilisation de la jeunesse contre le Parti communiste et toutes les valeurs du passé. C’est l’époque où, dans les universités occidentales, les étudiants issus de la bourgeoisie et les intellectuels tombent en pamoison à la seule évocation du «Grand Timonier» ou de son «Petit livre rouge». Dans les années 1960, des représentants des droites européennes, comme Alain Peyrefitte ou Valéry Giscard d’Estaing, n’échappent pas à la «maolâtrie» ambiante! Le 9 septembre 1976 meurt Mao à Beijing à l’âge de 82 ans.«En incluant Hong Kong et après la réévaluation de son PIB en 2004, la Chine occupe le 4e rang mondial devant la France. L’investissement a représenté 50% du PIB en 2005, un niveau jugé excessif. Ces dernières années, l’on parle de l’émergence d’une classe moyenne estimée à plus de 150 millions de Chinois. Ce n’est qu’en 2005 que la Chine prend effectivement pied dans le processus de la mondialisation. Quatre ans après son accession à l’OMC, l’Empire du Milieu opère la levée des quotas du textile à destination de l’Europe et des Etats-Unis, ce qui donne un coup de fouet aux exportations. Mais il n’y a pas que le textile qui a dopé les exportations (85 milliards d’euros en 2005 contre 27 milliards un an auparavant). C’est cette performance qui marque la rupture avec le passé. Les investissements actuels dans l’industrie automobile chinoise permettront à la République populaire d’atteindre une capacité de production de 20 millions de voitures en 2010. Et les exportations ont déjà commencé et font tomber des préjugés même en Europe. Des véhicules comme Land Wind, Hover, Jinbei, Zonghwa… cassent les prix et titillent les lobbies des constructeurs européens. Des semi-conducteurs à l’électroménager en passant par l’acier, les Chinois sont conscients qu’ils doivent gagner en valeur ajoutée et monter en gamme.En 2005, les exportations ont représenté 40% du PIB, un ratio rare. Ce qui expose ce pays à des pressions internationales et aux variations de la conjoncture mondiale. Les lobbyistes américains ont longtemps réclamé une réévaluation du yuan. Côté investissements étrangers, les multinationales se bousculent au portillon de l’Empire du Milieu: délocalisations, coentreprises, sous-traitance… Ce sont les banques étrangères qui lorgnent le plus sur la République populaire. L’UBS suisse a pris part dans la Banque de Chine, alors que BNP Paribas a acquis 19% des parts de la Banque commerciale de Nanjing. Dans un autre registre, l’agriculture, qui emploie 50% des actifs, ne contribue qu’à hauteur de 15% au PIB. Morcelée, très peu mécanisée et caractérisée par des rendements jugés faibles, l’agriculture chinoise traîne des boulets. Un agriculteur nourrit 3 à 4 personnes en Chine, 75 aux Etats-Unis et 160 au Danemark.«Amin RBOUB

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