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Ramadan des Autres
Tunisie: Un mois de ferveur et de divertissement

Par L'Economiste | Edition N°:2373 Le 02/10/2006 | Partager

A l’occasion du mois de Ramadan, L’Economiste publie une série d’articles sur cette période spéciale. Chaque jour, un pays est à l’honneur. Des mythes aux rites en passant par la spiritualité, l’animation et la cuisine… Un voyage ramadanesque. . Prières et animations: Des soirées jusqu’à l’aurore. Cette année: Jil Jilala, au programme du festival Al Madina de Tunis . Shorba, l’abrik, kamounia, kaftaji… les mets prisésTunis connaît un engouement sans pareil pour la religion et un regain de ferveur durant le mois sacré. Dans la capitale tunisienne, la piété se traduit par l’affluence massive des fidèles dans les mosquées au point de faire la prière dans les rues qui avoisinent les lieux de culte. Sur ce plan, Tunis ressemble donc à toute autre ville du Maroc.Prêches, prières, hadiths, psalmodies, charité… Tout le monde y trouve son compte. La mosquée de Zeitouna, vieille de plus de 13 siècles, est très sollicitée pour les Tarawihs. Ce monument à mi- chemin entre Al Azhar au Caire et Al Quarawiyyine à Fès illustre parfaitement le rayonnement en matière de sciences théologiques et le ressourcement religieux en Tunisie. Chaque année, à l’occasion du mois sacré, on y organise un concours international de psalomodies. De nombreux pays arabo-musulmans y participent chaque année.Dans les rues de Tunis, le retour en force du référentiel religieux se traduit aussi par la réapparition du port du voile chez les femmes et jeunes filles qui l’arborent en dépit de son interdiction dans les bureaux et les établissements scolaires. Ce phénomène s’accentue davantage au milieu du mois sacré et le 27e jour. Chez les hommes, c’est le come-back des gandouras, jebba, chachia (couvre-chef en laine) et autres costumes traditionnels. Comme quoi, même les codes vestimentaires changent et annoncent les traits du mois sacré. Dans la capitale, Ramadan est le mois du repentir pour les uns, mais aussi de la convivialité et de la joie de vivre pour les autres. Le soir correspond à un mois de réjouissances, de plaisirs culinaires et de divertissement. Familles et amis se retrouvent pour le rituel de l’Iftar et concoctent des programmes pour la soirée, souligne une Tunisienne basée à Rabat. A l’extérieur, les rues commencent à s’animer dès les premières heures qui suivent la rupture du jeûne. Différents quartiers vibrent aux rythmes de chants folkloriques, percussions ou encore les Mouachahets, Malouf (l’équivalent du Malhoune), musique soufie et autres «Kalthoumyates». Orchestres populaires, Aouada (troupes folkloriques), troupes de théâtre… l’animation bat son plein tous les soirs. Pour la circonstance, Tunis a son festival du mois sacré: baptisé le festival de la Médina, c’est un événement haut en couleur dont la musique traditionnelle ou à caractère spirituel domine. Des têtes d’affiche sont programmées cette année. Outre le Tunisien Lotfi Bouchenak, l’Argentine Julia Migenes Johnson qui a chanté dans la célèbre opérette de Carmen, José Fernandez (Gospel)… Le Maroc sera à l’honneur cette année. Il sera représenté notamment par Jil Jilala et Abderrahmane Souiri.Non loin du festival, les grandes avenues ne connaissent pas de répit. Les cafés et salons de thé affichent complet. Des programmes à la carte: animation, orchestres, karaoké, voire jeux de cartes et chicha. «Les filles et les femmes commencent à en fumer à volonté dans les salons de thé modernes, c’est tendance», explique une Tunisoise. Les assidus des jeux de cartes sont plutôt nombreux et plus âgés dans les quartiers populaires, plus chaleureux et plus animés. Ce sont généralement, des retraités. Les parties sont interminables, elles peuvent se poursuivre jusqu’à l’aurore. Côté jeunes, c’est le m’as-tu-vu sur les terrasses. La banlieue nord de Tunis, notamment à Sidi Boussaïd, des milliers de noctambules se donnent rendez-vous le soir, loin du vacarme urbain. En plus des prières et du divertissement, les repas du mois du jeûne incarnent aussi l’alliance des contraires. Autant, le jeûne est un exercice de l’abstinence, de la faim et des privations du lever au coucher du soleil, autant le soir est l’occasion de se faire plaisir sur le plan culinaire. En témoigne la table de l’Iftar à Tunis. Elle est assez variée et riche. La tradition est de rompre son jeûne par des dattes. Il y a un ordre particulier pour les différents plats. Après les dattes et le lait, vient la Chorba, une soupe de poischiche, de viandes et céréales (blé, orge…). A Tunis, l’on raffole de l’brik, l’équivalent des briouates marocaines. C’est une feuille farcie d’une garniture à base de pommes de terre cuites et broyées, d’œufs et de viandes ou thon. A cela s’ajoute labssissa, un breuvage rafraîchissant. Servi en même temps que le f’tour, le dîner est tout aussi consistant. Les salades tunisiennes sont généralement assez classiques.Le pot-au-feu épicé avec légumes et l’incontournable lahrissa (sauce piquante) suivent l’brik. La cuisine tunisienne est très épicée et riche en sauces. Le plat connu de «lahmate» est une autre spécialité locale consommée pendant le mois sacré. Ce sont des grillades de viandes au fromage gratinées. La kamounia n’en est pas moins réputée; un plat à base de foie, cœur et viande… Le kaftaji est tout aussi prisé. C’est un mets composé de pomme de terre, de tomates et courgettes frites et râpés avec des œufs et mélangés avec le foie d’agneau et la viande hachée.


Bourguiba, le moderniste

Polygamie interdite, divorce autorisé, avortement légalisé…Pour de nombreux Tunisiens, la Tunisie moderne doit beaucoup à Bourguiba, son fondateur. Décédé en 2000, le défunt leader était un fervent défenseur de la laïcité et passionné de modernité. Il a mis en place un enseignement moderne avec un cursus d’enseignement coranique et occidentalisé. L’école devient publique et gratuite. Bourguiba abolit également le double circuit de la justice, mettant ainsi fin à l’influence des religieux sur la magistrature et instaure des cours civiles.L’ancien président tunisien s’est également distingué de ses homologues en politique étrangère. A contre-courant de ses homologues arabes, la priorité est donnée à l’éducation et à la santé au détriment de l’armement.Vingt ans avant le président égyptien Anouar Sadate, il préconise la normalisation des rapports avec Israël en proposant la création d’une fédération entre les Etats arabes et l’Etat hébreu, une suggestion qui lui attirera les foudres des nationalistes de la région. Bien que l’Islam reste la religion d’Etat, le pouvoir des chefs religieux fut grandement réduit du temps de Bourguiba. Ce leader a également marqué son temps par le choix du libéralisme et de la laïcisation de la société tunisienne: du coup, les femmes ont accèdé à un statut inouï dans le monde arabe, dépassant même celui des Françaises dans certains domaines.«L’économie tunisienne a réalisé une croissance du PIB à peine supérieure à 4% en 2005 contre 6% un an auparavant. La sécheresse qui a pénalisé l’activité agricole est en partie à l’origine de ce tassement compensé par une saison touristique record (6,5 millions de visiteurs). Cette année, les autorités ont mis l’accent sur la bonne tenue des principaux indicateurs économiques avec un déficit budgétaire maintenu au-dessus de 3% du PIB. En 2006, la Tunisie table sur le retour aux années fastes (2003-2004) avec une croissance de 5,5% et 6% en 2007. L’économie tunisienne reste en général très dépendante de facteurs exogènes, principalement les exportations sur le marché UE. La dévaluation du dinar est favorable à l’export, mais la Tunisie importe plus qu’elle n’en exporte. Bon an, mal an, la valeur du dinar se dévalue de 5% par rapport à l’euro. En plus de la sécheresse en 2005, l’irruption des produits chinois sur le marché européen du textile a pénalisé l’activité industrielle. Le prêt-à-porter, branche qui représente 70% des exportations du secteur, est le plus touché. Du coup, de nombreuses unités de textile installées en zones franches ont connu le chômage technique. En 2006, les pouvoirs publics ont promis de concentrer leurs efforts sur l’emploi et la lutte contre le chômage dont le taux atteint 14%. L’Etat s’est engagé à mettre en place un fonds national de l’emploi destiné à prendre en charge, sur 3 ans, 50% du salaire de chaque nouveau dipômé recruté par une entreprise privée. Aussi, un financement à hauteur de 75% est prévu pour les filières universitaires à insertion difficile. Objectif, ramener le taux de chômage de 14 à 10% à l’horizon 2010.Chaque année, le marché tunisien de l’emploi doit absorber 40.000 nouveaux diplômés. Les experts estiment à 6% la croissance moyenne pour pouvoir réaliser cet objectif.« Amin RBOUB

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