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Rallye Aïcha : 220 «Gazelles» à la conquête du désert - DNES à Mhamid Al Ghizlane, Zineb SATORI

Par L'Economiste | Edition N°:3501 Le 05/04/2011 | Partager
110 équipages de 15 nationalités et 260 organisateurs sur le terrain
L’étape «L’Economiste», la plus dure
Bivouacs et nuits à la belle étoile

Elles étaient toutes là ! On reconnait Adriana Karembeu, «la pin-up» venue se frotter au sable du désert. Là-bas , il y a Malika Mennar, la Miss France 2010, et puis on voit un homme, parmi les gazelles, Alain Manoukian portant de grosses lunettes noires. Après 6 longues heures de route, il est 19h30 en ce dimanche 27 mars. Nous sommes à Nejjakh à 35 km d’Erfoud. Premier bivouac donc de L’Economiste dans ce 21e Rallye Aicha des gazelles.… Autour des vedettes et des «gazelles», il y a foule. Tout le monde s’agite. Mais, nous n’avons pas le temps de souffler: direction la tente de presse. «Bienvenue L’Economiste !», lance enjouée Dominique Serra, directrice générale du Rallye. Dans une ambiance détendue pleine d’éclats de rires, organisateurs et journalistes de différentes nationalités écoutent attentivement les instructions et le programme du lendemain. Parcours, fréquences radio, check-point, road book, orgas, Pc sportif… Tous les détails techniques sont minutieusement étudiés, les parcours définis, les places dans les 4 X 4 attribuées. «Mais attention, ce n’est pas une partie de plaisir. Je vous avertis», ajoute Serra, donnant le ton réel sur ce qui nous attend.

Une longue nuit d’attente

Une petite demi-heure plus tard, c’est la découverte du bivouac. A l’aide de lampes torches, Isabelle, une des organisatrices nous explique: «60 personnes et 6 heures de travail sont nécessaires à chaque étape pour le montage du bivouac». Impressionnant! Toujours est-il que la réalité l’est plus encore. 30 tentes modulaires sont placées selon «un schéma précis, le même à chaque étape pour permettre une prise de repères». Des repères? Difficile d’en prendre dans l’obscurité! Et pourtant…tant bien que mal, notre hôte nous les fait découvrir l’un après l’autre.
On cherche les stars, elles sont en vadrouille dans le camp. Des rires et des bribes de discussions enflammées parviennent à nos oreilles. En effet, au milieu du bivouac, une tente «espace détente» a été érigée. A l’intérieur, Lucie et Géraldine, de Nissan, se concertent. L’équipage de Mercedes raconte les péripéties de sa journée. Fourmillant de monde installé autour des tables en osier ou encore sur des tapis à même le sol, gazelles, organisateurs, presse, invités, échangent, discutent, rigolent, se taquinent. Tout autour, se dressent des tentes de presse, médicale, massage, une aire de couchage, des camions douche et wc, un restaurant et… la poste (française). La poste ? Oui, par souci de sensibilité et d’encouragements, les organisateurs ont installé une tente postale. Objectif ? Rassembler les emails et les messages de sympathie destinés aux «gazelles», les imprimer et les distribuer à chacune d’elles le soir à leur arrivée au camp. Hélène, une des «communicantes» de la poste, souligne que «c’est un moment de pur plaisir que de donner des nouvelles de leurs proches aux gazelles». Privées de téléphones et d’ordinateurs, ces «communicantes» sont la seule relation des participantes avec «l’extérieur». Les minutes défilent. A toute vitesse, même ici. Il est déjà 21h00, l’heure du diner. Sous une tente de 500m2 aménagée en restaurant, c’est l’effervescence totale. La longue queue menant au buffet est l’occasion de faire connaissance. Stars de télé-réalité, animateurs télé, Miss France, ou encore simples inconnus, tout le monde est logé à la même enseigne. Les serveurs visiblement enchantés de faire partie de cette aventure s’en donnent à cœur joie: souriant et chaleureux, dans un français impeccable, ils expliquent les particularités et contenus de chaque plat. «Pour nous c’est une occasion unique, une expérience humaine exceptionnelle», souligne émerveillé l’un d’entre eux. Un autre ajoute: «autant de femmes aussi belles que courageuses (de véritables battantes), réunies sous le même «toit», c’est un honneur». D’ailleurs, à l’approche d’un compatriote, d’un faciès familier, leurs visages s’égaient, les comportements changent, les encouragements fusent. Un des serveurs souligne que «les femmes marocaines participant au rallye sont une fierté nationale». Bien dit, parce que c’est le cas.
Après 2 heures de discussions enflammées ponctuées par des allers-retours entre les tables, l’heure du coucher est arrivée. Direction l’aire du couchage, délimitée par des rubans (par souci de sécurité pour indiquer aux «gazelles» arrivant en pleine nuit la présence des tentes). Dans une nuit éclairée seulement par les étoiles, le montage de la tente est une opération des plus complexes. Une demi-heure «d’installation» a été nécessaire: entre le balayage de la surface, le montage, le déroulement des sacs de couchage. Avant que, dans un silence total, près de 400 personnes s’endorment par un froid glacial. Seuls quelques ronflements témoignant de la fatigue et de l’épuisement perturbent la sérénité d’une très très courte nuit.

A vos marques…

Lundi 28 Mars, 4h00 du matin, au 10e réveil des 220 gazelles, plus ou moins difficile, la bonne humeur est au rendez-vous. Au pied levé, il faut ranger le nécessaire de couchage et, rapidement, se diriger vers la tente restaurant. Pendant le petit déjeuner matinal, les organisateurs expliquent aux participantes le programme des deux jours suivants. En effet, l’étape dénommée «L’Economiste» est le premier des deux marathons du Rallye. Se déroulant sur deux jours et près de 360 km , le trajet, d’une difficulté particulière, inclut l’adoption d’une stratégie minutieusement établie prenant en compte les distances entre les balises et l’heure de fermeture des Cp. De plus, l’épreuve impose de passer la nuit en dehors du bivouac, au cœur du Sahara. Munies de trois cartes, d’une boussole et d’une règle, les «gazelles» devront alors pointer à chacune des 17 balises du marathon.
A 6h, le départ du marathon L’Economiste est donné par la représentante du journal à cette manifestation de grande envergure. En trombe, et selon leur ordre d’arrivée à l’épreuve précédente, les «gazelles» filent vers l’aventure. En suivant le cap pour arriver aux balises, elles ont pu, au passage, admirer une multitude de paysages: des dunes aux plateaux de pierres noires, à travers collines, vallées et palmeraies à perte de vue. De quoi leur faire perdre la tête et aussi… le Nord qu’elles devaient garder!
Très vite, difficulté oblige, les mésaventures commencent. Une voiture embourbée par-ci, des cartes oubliées au bivouac, la traversée d’un oued, un changement de cap oublié…Ca n’en finit pas! La chaleur (38°) et le climat sec aidant, découragement et premières crises de nerfs font leur apparition. A midi pile, chacune à son rythme, grâce à des rations repas réchauffables de l’armée française fournies par les organisateurs, les gazelles réglées comme des horloges font une pause déjeuner en plein air. La tentation de prolonger cette pause pour lézarder au soleil est grande! Mais, il est déjà l’heure de partir. La compétition reprend ses droits.
Les balises défilent et chacune d’entre elles est une autre occasion de rencontrer des participantes, des gens de la région émerveillés par le courage de ces femmes. L’un d’entre eux affirme que, chaque année, il est impressionné par la ténacité des participantes. En tête de course, simultanément avec une voiture d’organisateurs, mais hors classement, la voiture média M14 dont nous faisions partie, parcourt prés de 138km avant d’arriver à la balise numéro 8. A l’arrivée, un petit groupe de sahariens, allongés sous l’ombre d’un arbre chaleureux, propose du thé, «le vrai de vrai», affirme l’un d’entre eux. Le pointeur (personne qui, à chaque balise est présente pour noter le numéro des candidates et leur heure d’arrivée à la balise) se détache du petit groupe pour déclarer, désolé: «cette étape est dure, aucune des gazelles n’est encore arrivée». Oui, monsieur, vous avez entièrement raison, l’étape est encore plus dure pour nous!
Il est 17h00, le coucher du soleil ne va plus tarder. Aussi, la décision de bivouaquer sur place s’est-elle imposée de facto. Choisir le terrain, défaire la tente, amasser du bois pour le feu… Tous les préparatifs pour une nouvelle nuit se font pourtant dans la joie.
Juste après, les «gazelles» arrivent. A coup de klaxons, elles manifestent leur joie d’atteindre la balise. Les «quadeuses» en tête, elles sont au total 9 à arriver. «Ereintées mais heureuses d’être arrivées», soulignent en chœur Betty et Caroline, les premières sur place.
A la nuit tombée, les cris des «gazelles» retentissent un peu partout. Dopées par cette formidable expérience, elles s’apprêtent à passer leur première nuit à la belle étoile…le dépaysement est garanti.
Les bivouacs de ce soir seront nombreux, «à la carte», et généralement très gais. La fiesta est méritée tel le repos du guerrier avant de repartir au front. La compétition continue, ce n’est pas encore fini. Demain, deuxième tronçon. L’aventure n’attend pas, ne peut pas attendre, du moins pour ces «gazelles» qui en sont friandes!

 

Quelques heures de sommeil au compteur, les «gazelles» sont d’appoint. Un café corsé plus tard, elles reprennent la route sereinement, ce matin-là, pour entamer la deuxième moitié de l’étape marathon. Surtout que pour celles qui ont été les moins rapides hier, perdues ou tankées, il y a encore une dizaine de balises à pointer. Celles-ci fermeront aujourd’hui les unes après les autres, éliminant ainsi de la compétition toutes les «gazelles» qui n’y auront pas pointé.
La seconde étape du marathon est faite d’horizons, de terrains roulants, de pistes sablonneuses, au cœur de cet espace désert et aride. Plus difficile que la première partie parcourue, les «gazelles» trouvent des difficultés à naviguer et à s’orienter. «Cécile et Caroline, en Dacia Duster, tournent en rond depuis une demi-heure déjà», entend-on à la radio de bord des organisateurs.
5h30 de route plus loin, ponctuées par de très courtes pauses pour se désaltérer, ouf le bivouac de Mhamid, au cœur de la vallée du Draa, émerge des dunes ! L’Economiste est arrivé à bon port. Pourtant, l’on est triste, parce que c’est pour nous le moment de dire au revoir au rallye, à l’ambiance, au cadre féerique, et de revenir à Casablanca.
A l’heure de notre départ, les «gazelles» étaient encore loin derrière, se démenant pour rentrer au bercail avant la tombée de la nuit.

L’étape L’Economiste

LA cinquième étape du Rallye Aïcha des Gazelles est l’étape L’Economiste. Soucieux d’accompagner les concurrentes dans les moments les plus forts du Rallye, «L’Economiste» a été associé à la première étape marathon. En effet, les valeurs humaines partagées par les «gazelles» durant cette épreuve correspondent aux valeurs prônées par le groupe à savoir performance et solidarité entre les équipes.

Les gazelles marocaines

LA 21e édition du Rallye Aïcha des Gazelles a connu la participation de cinq Marocaines. Dounia Bennani, Maha Hafiani, Nadia Berrada, Nadia Lakhlal et Amal Belmeki. Portant les numéros 122, 148, et 193 et arborant fièrement le drapeau national, les Marocaines sont là «pour vivre une expérience unique». Elles se sont classées respectivement 22e, 34e, 68e et 91e sur les 110 équipages avec des pénalités allant de 1044 à 2342 points au terme de l’étape marathon L’Economiste.

Cœur de Gazelles

EN marge du Rallye, l’association Cœur de Gazelles a organisé plusieurs opérations caritatives. Au niveau médical, une caravane a permis de réaliser 20.000 consultations. Par ailleurs, la création d’espaces verts au sein de 2 écoles avec le soutien de GDF Suez et de Suez Environnement a été menée. De plus, le forage d’un puits à Bahlou et l’équipement d’un système Aquassistance vont permettre à des populations locales d’avoir accès à l’eau potable. En outre, une «caravane verte» afin d’informer et expliquer les méfaits des sacs en plastique sur l’environnement et offrir à la population d’autres en toile et réutilisables. Enfin, une opération de réinsertion professionnelle des femmes a été mise en place. Son financement sera assuré par la vente de calendriers «Gazelles 2011».

Une distinction de choix!

Cette année, le Roi Mohammed VI a donné son accord pour que les concurrentes de la 21e édition du Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc puissent porter sur le gilet officiel les Armoiries du Royaume du Maroc. A ce jour, le Rallye Aïcha des Gazelles est une des seules manifestations à être honorée de cette distinction.

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