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    Courrier des Lecteurs

    "L'inflation d'ajustement" analysée par le Centre Marocain de Conjoncture

    Par L'Economiste | Edition N°:58 Le 17/12/1992 | Partager

    Du temps des prix administrés, "l'inflation de structure" provenait des chocs pétroliers, de dérapages ou de la masse monétaire. Depuis le PAS, et la libéralisation des prix, l'inflation d'ajustement trahit l'état des structures de production, de financement et des comportements nouveaux.

    Le "regain d'inflation" perceptible depuis 88-89 est une conséquence du Plan d'Ajustement Structurel. C'est l'analyse du Centre Marocain de Conjoncture, dans son bulletin trimestriel de Novembre. La notion "d'inflation d'ajustement" est introduite par les auteurs du bulletin. Dans la pure tradition de l'analyse économique, ils relèvent des comportements nouveaux des consommateurs, des entreprises, établissent de corrélations avec les taux d'intérêt, libérés par le PAS, la croissance de l'économie. "La variable prix dans une économie libéralisée est le meilleur baromètre des comportements des agents économiques".

    Régulation

    Avant le PAS, les prix étaient administrés, et leurs dérapages un signe de mauvaise performance des pouvoirs publics. Ou bien les chocs pétrolier "variables exogènes" étaient incriminés. Le gonflement de la masse monétaire était aussi responsable. Avec le PAS, la "régulation" est progressivement laissé au marché. Les dérapages de prix forment un autre signe. L'inflation reflète "un dysfonctionnement des principales structures économiques". L'appareil de production s'est révélé "inadéquat" pour répondre à la demande. D'où hausse sur les prix des biens et services. L'appareil financier s'est révélé également incapable de répondre à la demande, d'où hausse du prix de l'argent, des taux d'intérêt intérêt.

    Les analystes du CMC posent courageusement le problème de la mesure de l'inflation. Ils expliquent le parallélisme entre les 3 indices suivis par la Direction des Statistiques: Indice du coût de la Vie (prix de détail), du prix de détail à la production industrielle et énergétique. Ils ajoutent un deuxième groupe d'indices, "les déflateurs implicites et monétaires du produit intérieur brut", d'une portée plus globale, permettant de suivre les évolutions du PIB et de la monnaie.

    Si l'instrument de mesure de l'inflation n'intéresse que les économistes, ses effets intéressent les ménages, qui ressentent l'ICV avec "appréhension" faute d'indexation indexation des revenus.

    Les entreprises craignent les autres indices pour leurs marges. Quant aux autorités, elles y jouent leur crédibilité. Toutes ces catégories d'agents économiques, "dans un contexte véritablement concurrentiel" auront des comportements "conditionnés par l'évolution effective ou anticipée des prix".

    Epargne - consommation

    Les comportements sont relevés sur les marchés financiers. "Une nouvelle dynamique en matière d'arbitrage entre les possibilités d'épargne et de consommation". L'épargne est essentiellement à vue, alors qu'il y a une légère progression de titres financiers longs, et un tassement des actifs liquides et à court terme. Le marché reste dominé par le secteur public ou para-public. D'un autre côté la croissance de la consommation est devenue vigoureuse, entre 1984 et 1991: 9,6% l'an en termes nominaux 3,1% en termes réels au détriment de l'épargne. La fameuse propension à épargner a été réduite par les ménages, pour maintenir leur niveau de vie, face à l'inflation nouvelle. Ils ont préféré la consommation à l'épargne, le présent au futur. La "dynamique des prix a été plus décisive que le taux d'intérêt".

    Cette évolution, même si elle traduit des "dysfonctionnements", semble "normale" aux analystes du CMC. Le passage de l'économie administrée à l'économie de marché doit être "assimilé" et ne peut se faire sans "heurts". La configuration des "rapports de force", Etat, entreprises, institutions financières est née. Il lui faut du temps pour se stabiliser. L'inflation permet "l'ajustement" dans cette phase de "turbulences".

    Il reste néanmoins nécessaire de maîtriser cette "inflation d'ajustement" pour maintenir un environnement économique sain, développer l'investissement, l'offre globale, et donc.., maîtriser l'inflation.

    K.B.

    Définitions

    Déflateur implicite du PIB = taux de croissance en termes courants - taux de croissance en termes réels.

    Déflateur monétaire du PIB = taux de croissance de la masse monétaire - taux de croissance du PIB en termes courants.

    L'indicateur n'est pas très utilisé au Maroc.

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