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Economie

"L'Europe est nécessaire, mais elle n'est pas vitale"

Interview exclusive avec Habib El Malki, ministre de l'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes

Par L'Economiste | Edition N°:655 Le 08/12/1999 | Partager

· Le Maroc doit se positionner maintenant pour profiter du réveil russe
· Objectif, atténuer les aspects négatifs du tête à tête traditionnel avec l'Union Européenne

- L'Economiste: Pouvez-vous affirmer que les objectifs de votre visite en Russie ont été atteints?

- M. Habib El Malki: Largement. La qualité des contacts effectués, a été admirable et ce, pour tous les Départements concernés: Agriculture, Pêche, Commerce ou Finances. Le principal objectif de la visite a été de faire de la coopération avec la Russie une réalité vivante et en mouvement. De manière concrète, la conclusion d'un accord de coopération dans le domaine agricole et agro-alimentaire avec ce pays reflète bien cet état d'esprit. Cet accord, le premier du genre, définit le cadre de coopération, les moyens qui lui sont consacrés, ainsi que le mécanisme de suivi qui sera mis en place par la suite.
La Russie traverse actuellement une période de transition difficile. Un autre modèle de société est en cours. A partir de l'an 2000, nous vivrons un sursaut russe qui rendra au pays sa force, sa stabilité et son importance sur l'échiquier international. Il convient de se positionner dès aujourd'hui pour mieux profiter du réveil de la Russie.
A ce propos, il convient de rendre hommage au secteur privé, car l'accord conclu n'est que la consécration des efforts qu'ils ont déployés pour que le produit marocain retrouve sa place dans l'esprit du consommateur russe.

- Dans le cadre de la coopération agricole, le système d'irrigation complémentaire, prôné par votre Département, devrait-il profiter de l'expérience russe?
- L'agriculture russe, de même que celle du Maroc, reste soumises aux aléas climatiques. Cette année encore, la Russie a été rudement éprouvée par une sécheresse très forte. Cette similitude permet d'entrevoir des synergies importantes entre les deux partenaires. Au Maroc, la mise en oeuvre du programme céréalier créera de nouveaux espaces de coopération. Avec la Russie, cela concernera leur savoir-faire et les techniques déjà éprouvées. Avec les Américains, la coopération portera sur la mise en place de l'observatoire de la sécheresse. Ainsi, le programme de sécurisation sera un nouveau vecteur de partenariat international.

- Concernant l'accord de pêche avec la Russie qui est arrivé à terme le 30 novembre, la réaction de la partie russe a été plutôt virulente?
- Il est normal qu'un accord qui s'achève soulève des interrogations de l'une des parties contractantes. Pour sa part, le Maroc a besoin de ses richesses halieutiques pour progresser dans la voie de la sécurité alimentaire. Il faut aussi signaler que le non-renouvellement n'est pas un acte unilatéral. Nous restons ouverts à toutes les propositions pouvant s'inscrire dans une nouvelle sorte de partenariat. Il serait dangereux cependant de réduire la coopération à un seul domaine d'activité.
Le marché russe est en train de devenir stratégique pour nos produits agricoles. Deux chiffres peuvent l'illustrer: le tiers de nos exportations d'agrumes et le cinquième de celles des tomates sont absorbées par cette destination. C'est une donnée de base à prendre en considération dans notre diplomatie agricole dont l'un des objectifs est la diversification des débouchés. C'est la meilleure manière d'atténuer les aspects négatifs du tête à tête traditionnel avec l'Union Européenne.

Marchés captifs


- Quelle sera donc la ligne de conduite de votre Département dans les futures renégociations agricoles avec l'Europe?
- La démarche adoptée, depuis un an par le Ministère, est de dégager, à la lumière de l'expérience des cinq dernières années, une nouvelle vision du secteur d'exportation agricole et ce, en concertation étroite avec les opérateurs privés. Principal constat à retenir, l'Europe est nécessaire mais elle n'est pas vitale. Il faut apprendre à redéployer toute notre capacité d'exportation en direction de marchés nouveaux pour mieux consolider les destinations traditionnelles. C'est ce que nous tentons de faire avec le secteur privé agricole en direction des Etats-Unis et des pays d'Europe centrale et orientale et prochainement en direction des pays scandinaves. Ce sont des marchés captifs qui expriment des besoins nouveaux et que nous pouvons satisfaire dans des conditions de compétitivité confortables. Il est primordial toutefois que nos exportateurs coordonnent leur efforts, même si cette concertation relève beaucoup plus de contraintes pragmatiques que de choix volontaires.

- L'opération de conversion de la dette russe en moyen de paiement des exportations, entamée l'année dernière, sera-t-elle maintenue pour cette année?
- L'accord de principe est obtenu. Le produit du reliquat du crédit affecté à la construction du Barrage Al Wahda fait l'objet d'une coopération fructueuse entre le Ministère marocain des Finances et son homologue russe. Dans ce cadre, nous avons présenté deux projets d'irrigation, l'un dans la région du Loukkos et le second à El Oulja (près de Rabat). Les choses avancent normalement. Une partie de ce reliquat sera utilisée dans le cadre de la compensation par l'importation des produits agricoles marocains. C'est une formule spécifique qui aura certainement un effet stimulant sur la coopération et les échanges commerciaux maroco-russes.

Propos recueillis par Ghassan KHABER


Les fruits et légumes en force


Quatre jours durant, du 28 novembre au 2 décembre, une importante délégation marocaine composée de représentants de l'Administration et d'opérateurs privés a pu défricher les terrains de la coopération avec la Russie. Les producteurs de fruits et légumes, principaux opérateurs sur ce marché, étaient présents en force. Conduite par M. Habib El Malki, la délégation a rencontré des représentants des Départements russes de l'Agriculture, des Pêches, du Commerce ainsi que du Ministère des Finances du pays de Boris Eltsine.

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