×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Economie

    "La reprise est encore fragile"

    Mohamed Benamour, président de la Fédération du Tourisme

    Par L'Economiste | Edition N°:446 Le 18/02/1999 | Partager

    Tout en se réjouissant du regain de la demande de la destination Maroc, le président de la Fédération du Tourisme à la CGEM reste prudent. La situation peut basculer à tout moment, dit-il. Il attend des pouvoirs publics d'"ériger enfin des socles solides pour faire du tourisme une véritable industrie".


    - L'Economiste: Depuis deux ans, l'activité est entrée dans un nouveau cycle de croissance: les flux de touristes, les nuitées et les recettes sont en hausse. Que faut-il maintenant pour entretenir cette dynamique?
    - M. Mohamed Benamour: Cette reprise ne me surprend pas. Il y a plus d'une année que nous en avions déjà perçu les prémisses. J'espère tout simplement qu'elle porte en elle des perspectives durables et structurelles pour le secteur.
    Tout compte fait, il faut rester prudent, car la situation est encore fragile. Les annulations des congrès suite aux raids américains sur l'Irak nous l'ont rappelé. Nous avons à peine récupéré nos positions commerciales grâce à la reconquête et la reprise de confiance de nos partenaires. Il reste à tout mettre en oeuvre pour consolider ce regain de confiance, car les fondamentaux du secteur n'ont pas bougé. Cette croissance ne nous est imputable que très faiblement. Très sincèrement, je crois que nous avons bénéficié d'une conjoncture favorable dans les marchés émetteurs même si je dois aussi souligner les efforts conjugués de professionnels ainsi que de nos partenaires: le Ministère de tutelle, l'ONMT, la RAM, etc...

    - Quelle est la suite au mémorandum que la Fédération avait adressé au gouvernement à l'automne dernier?
    - Nous n'avons pas encore reçu de réponse gouvernementale concrète pour la stratégie et les mesures à entreprendre. Toutefois, le Ministère du Tourisme a formulé à différentes rencontres sa volonté d'appuyer notre action pour faire aboutir nos options, qui représentent l'expression et la synthèse du travail commun défini et arrêté par une quarantaine d'administrations. Les travaux et les axes stratégiques issus de ces groupes contribueront à la définition d'une stratégie globale cohérente pour notre secteur afin d'en faire la locomotive de développement de l'économie nationale. Tous les spécialistes conviennent que le tourisme sera, avec les nouvelles technologies, l'industrie du prochain siècle. Le potentiel existe, il faut plus de volonté politique. Le Maroc a assuré la réalisation de 7.000 lits minimum par an dans les années 80/90 et, avec la volonté, il est possible de passer à 10.000 lits sur les sites balnéaires, soit 50.000 lits en cinq ans avec un effet multiplicateur à raison de 7 emplois par lit. Ce sont 50.000 emplois créés.

    - Le problème foncier est un des obstacles au développement et à la diversification du tourisme. Que de promesses sans lendemain, alors que le projet d'une agence foncière a été définitivement abandonné?
    - Le terrain reste effectivement un grand problème, mais il peut également être surmonté. Aujourd'hui, la volonté des pouvoirs publics est de permettre un aménagement du territoire qui tient compte d'une projection pour les vingt-cinq ans à venir. En principe, tous les secteurs doivent disposer de réserves foncières de développement à long terme au vu de mutations socio-économiques de notre pays. La remise sur le marché de projets touristiques comme le Founti/Agadir (260 hectares pour une capacité de 20.000 lits), du lancement du projet Tiznit (196 hectares), la Plage blanche, le pôle Essaouira/Safi, El Jadida-Azemmour, Larache-Asilah, Tanger-Malabata, Saïdia et Nador sont autant de sites et de pôles de développement balnéaires qui représentent pour notre pays des potentialités intéressantes pour accueillir des touristes en provenance d'Europe, qui, faut-il le rappeler, est le plus grand marché du tourisme et en plus, la demande va doubler entre l'an 2000 et 2010.

    - Quelles sont les principales propositions que votre Fédération a formulées pour le Plan quinquennal? Lesquelles vous paraissent concrétisables à court et moyen termes?
    - En ce qui concerne nos propositions dans le cadre du Plan, nous avons tenu à hiérarchiser les priorités afin d'assurer une visibilité à long terme tout en étant réalistes quant aux possibilités concrétisables à brève échéance. Avec les Fédérations professionnelles du tourisme, nous envisageons de promouvoir la mise à niveau de notre parc hôtelier. Le Ministère du Tourisme sera sollicité pour accompagner la Commission Nationale de Classement, en vue d'identifier à travers un cahier des charges toutes les unités qui auront l'obligation de mettre à niveau leurs équipements, moyennant des mesures d'accompagnement et un financement à faible taux d'intérêt, en les assistant à moderniser leur exploitation comme leurs méthodes de gestion. Cela permettra de tirer la qualité de nos prestations vers le haut et nous inscrire ainsi dans un concept de qualité nécessaire pour aligner nos prestations et nos services aux normes internationales.

    Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc