×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

"La promotion à distance a montré ses limites"

Mohamed Lahlou, président du CNCE

Par L'Economiste | Edition N°:509 Le 18/05/1999 | Partager

· Les spécificités sectorielles seront maintenues

· Les moyens financiers ne sont pas un obstacle. C'est la volonté qui compte


Le président du Conseil National du Commerce Extérieur (CNCE) défend l'idée de création d'un organe unique de promotion économique à l'étranger. Avec son réseau d'antennes extérieures, cette structure devrait mieux assurer la gestion de l'image globale du pays, dit-il. L'Agence est une structure fédératrice, les spécificités sectorielles seront préservées.

- L'Economiste: L'idée suggérée par le CNCE de la création d'un organe unique chargé de la promotion économique du Maroc à l'étranger regroupant l'ODI, l'ONMT, La Maison de l'Artisan et le CMPE sous un même toit vous paraît-elle un gage d'efficacité?
- M. Mohamed Lahlou: En matière de promotion, la comparaison effectuée par une commission spéciale du CNCE avec les expériences étrangères n'a pas été flatteuse pour notre pays. Il s'est avéré que, même sur le plan juridique, les organismes existants ne remplissaient pas exactement la mission pour laquelle ils avaient été créés. Il y a même des chevauchements et des fois où les informations économiques et statistiques diffusées sur le Maroc étaient différentes d'un organe à l'autre. De même, les dépenses de fonctionnement accaparaient l'essentiel de leur budget au détriment des actions sur le terrain. Tout le monde est d'accord sur le besoin de l'ouverture des antennes à l'étranger pour représenter le Maroc et assurer le suivi des visites officielles du pays. Se réunir et nouer des contacts c'est bien, mais c'est le suivi qui est la clé du succès de toutes ces relations. C'est cette dynamique qui nous a confortés dans l'idée de l'Agence de Promotion Economique du Maroc à l'Etranger. Nous ne pouvons plus nous contenter, tel qu'on le fait aujourd'hui, de la promotion à distance. C'est une démarche qui a montré ses limites.

- Par rapport à l'architecture du projet gouvernemental, avez-vous au niveau du CNCE quelques pistes ou une autre manière de ce que pourrait être cette Agence?
- S'il y a une addition, une mise en commun des moyens humains et financiers des entités existantes, je crois que l'opération, étant donné son importance, nécessite une phase de préparation et de mise à niveau. C'est un préalable et il y a, à mon avis, un travail préparatoire à faire avec toute la sérénité qu'il faut pour que cette agence soit porteuse, dynamique et qu'elle réponde aux besoins de tous les secteurs. Je n'irai pas jusqu'à préjuger de la volonté du gouvernement, là il s'agit d'un texte de base. Le chemin est encore long avant d'arriver à la mouture finale. D'ici là, les opérateurs économiques et les administrations concernées pourront apporter des améliorations. Nous avons une occasion exceptionnelle pour essayer de procéder aux changements essentiels pour dynamiser la promotion de notre pays à l'étranger. Chaque démarche dynamique démarre sur un texte, c'est une base que nous devons enrichir pour qu'elle réponde à nos souhaits et à nos attentes.

- Il reste que dans le tourisme les opérateurs ne sont pas enthousiastes à cette idée d'organisme unique de promotion. Ils craignent d'y être dilués.
- En toute sincérité, je ne comprends pas les réactions de nos amis du tourisme. Leur Fédération est représentée au CNCE et en plus elle siège dans le Bureau. Elle a suivi avec nous toutes les opérations de bout en bout. Le Ministère du Tourisme est également membre du Conseil, et il avait participé à plusieurs réunions et recevait d'une façon systématique les procès-verbaux de toutes les réunions et délibérations du Bureau, du Conseil et de l'assemblée. Il n'y a pas eu d'effet de surprise. Tout le monde était informé. Le schéma global est une formule qui fédère plusieurs activités et qui positionne des directions spécifiques. Le cas du Portugal dont nous nous sommes inspirés n'est pas l'idéal. C'est juste un schéma de réflexion que nous devons améliorer et ajuster en fonction de nos réalités.

- Il faudra régler aussi l'épineux problème du financement. La constitution d'un réseau extérieur de cette agence nécessitera des moyens conséquents...
- Quand il y a de la conviction, de la volonté, les moyens se dégagent. Ce qui manque souvent, c'est des idées fortes, mobilisatrices. C'est un moment propice pour demander au gouvernement de revoir sa vision de la promotion économique du Maroc à l'étranger et d'y mettre des moyens. Si l'on se compare aux pays concurrents, étrangers, il s'avère que les ressources affectées à la promotion économique au Maroc sont d'un niveau bas. C'est une occasion exceptionnelle pour que le gouvernement comprenne qu'il doit réfléchir et mettre les moyens qu'il faut pour redynamiser la promotion du pays à l'étranger. Je suis convaincu qu'il allouera les moyens qu'il faut à cette structure.

Propos recueillis par
Abashi SHAMAMBA


Place à la diplomatie économique


Un des grands chantiers inscrits à l'agenda du Conseil National du Commerce Extérieur (CNCE) porte sur ce que son président qualifie de "diplomatie économique". En clair, que les décideurs (ministres et autres responsables) jouent les VRP des produits marocains dans leurs déplacements à l'étranger. Il s'agit aussi dans l'optique du Conseil de redéfinir le rôle assigné aux représentations diplomatiques (ambassades et consulats) du Royaume à l'étranger en matière de promotion économique du pays. D'ores et déjà, une commission spéciale travaille sur la question et devrait rendre les conclusions de ses travaux dans les mois à venir. On devrait s'orienter vers un repositionnement des missions des attachés économiques actuels dans les ambassades. Car ces derniers, même après l'institution de l'Agence Marocaine de Promotion Economique à l'Etranger, continueront à jouer un rôle important plutôt complémentaire à l'action de l'Agence. D'abord, parce que celle-ci, même en s'appuyant sur le réseau actuel des représentations de l'Office National Marocain du Tourisme à l'étranger par exemple, ne pourra pas couvrir l'ensemble des zones et régions économiques. Pour être efficace et compte tenu de la contrainte des moyens, elle devra cibler des zones prioritaires pour implanter ses représentations.
La coordination entre l'Agence de promotion économique à l'étranger et l'Agence de promotion de l'investissement devrait se poser le moment venu. Pour M. Mohamed Lahlou, il est indispensable de prévoir des liaisons fortes avec l'Agence de promotion de l'investissement, pour éviter d'éventuels doubles emplois. Quant à la gestion de cette Agence, le président du CNCE insiste sur la participation active des opérateurs privés dans ses organes de gestion. "Cette animation des professionnels devrait lui apporter plus de dynamisme", précise-t-il. A noter que le projet de loi relatif à la création de l'Agence Marocaine de Promotion Economique à l'Etranger prévoit l'intégration de l'ensemble des employés de différents organismes publics qui vont être fusionnés. Le président du CNCE voit la mise sur pied de cette agence d'ici deux ans. Ce serait, selon lui, "exceptionnel et une véritable réussite pour le Maroc".

Abashi SHAMAMBA

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc