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Entreprises

"Intervenir ou laisser-faire", les conserveurs ne voient pas le bout du tunnel

Par L'Economiste | Edition N°:577 Le 20/08/1999 | Partager

· Bataille feutrée entre grandes et petites conserveries
· La dispersion des conserveurs dans les destinations à l'export ne favorise pas une stratégie de marque collective


Au vieux dilemme "intervenir ou laisser-faire" qui pèse depuis plusieurs années déjà sur toute la branche des conserveurs s'ajoute aujourd'hui une problématique "intervenir, mais quand?". Pour n'avoir pas su répondre, l'Etat risque de ne faire dans ce dossier que des mécontents. En effet, si les conserveries chancelantes dénoncent à la fois la concurrence maroco-marocaine et le manque d'initiative de l'Etat pour régler le problème de l'approvisionnement, les grandes unités remettent toujours sur la sellette le manque de visibilité. Autrement dit, faut-il favoriser les mouvements de concentrations et d'intégrations de la filière pêche ou non? Mais là aussi le problème n'est pas simple puisque les professionnels de la pêche côtière considèrent l'octroi d'autorisation d'affrètement pour les conserveurs comme une intrusion dans leur territoire. Il faut dire aussi que la pêche pélagique est un nouveau métier pour les unités de conserves.
Aujourd'hui, seuls deux indicateurs renseignent sur la prochaine recomposition de la branche de conserveurs. Il s'agit d'abord du plan de sauvetage de la ville de Safi que M. Thami El Khyari, ministre des Pêches Maritimes, est chargé de mettre en place. Pour l'heure, et même si aucune orientation stratégique ne s'en est encore dégagée, la colère des industriels de cette ville (les conserveurs en grande majorité) qui ont assisté à une succession impressionnante de faillites semble s'apaiser. Quant au second indice, il émane du Plan quinquennal du Ministère des Pêches Maritimes (1999-2003) qui prévoit une augmentation des captures de sardines et une plus grande capacité de production pour les conserveurs et ce, dans la perspective de la non-reconduction de l'accord de pêche.
A travers ces deux signaux, les observateurs avancent que la trame de la politique gouvernementale consiste en un dosage entre le "laissez-faire" d'une part et "un interventionnisme régalien" de l'autre. Plus imagée encore est la citation de cet industriel: "Le gouvernement veut laisser-faire, mais avec un coeur néanmoins tendre".
En attendant donc une meilleure "visibilité", les deux clans peaufinent leurs arguments et avancent différents scénarios sur la prochaine configuration du secteur. Contre les "ambitions" des grandes conserveries marocaines, les petites avancent que l'arrivée de mastodontes étrangers risque de les détrôner. Pour eux, la concentration n'a pas de limite. "Et si les Marocains écartent les Portugais, leurs traditionnels concurrents sur le marché européen (dans les conserves de sardines), cela risque de ne pas durer si ces derniers s'implantent au Maroc". Réponse du berger à la bergère: nous pouvons être plus compétitifs que n'importe qui à condition que nous intégrons notre filière. Un grand débat mais dont les signaux du côté officiel tardent à venir.


Exporter ou stocker?


Pourquoi les exportateurs de fruits et légumes avancent en rangs serrés, alors que les conserveurs préparent individuellement leur campagne à l'export? Petite question pour un grand problème. En fait, c'est la nature du produit exporté qui est derrière cette situation.
Ne tolérant aucun retard après la récolte, les exportateurs de fruits et légumes mettent aussitôt les bouchées doubles pour accélérer la mise sur le marché de leurs marchandises. En revanche, les conserveurs profitent de la flexibilité que leur offre leurs produits "non périssables" pour stocker, réduire ou augmenter le débit de leurs exportations. Ne mâchant pas ses mots, un observateur qualifie les conserveurs de "dirigeants paresseux dans la prise de décision".
Par ailleurs, la présence des conserveurs en rangs dispersés sur les destinations à l'export profite souvent à leurs concurrents. Ces derniers mettent soigneusement au point des stratégies de marque collectives favorisant une meilleure pénétration.

Hassan BOUCHACHIA

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