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"Au Maroc, nous travaillons encore à perte"

Salvatore Le Boffe, président-directeur général de Fiat Auto Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:499 Le 04/05/1999 | Partager

· Objectif affiché pour 1999: 50% de part de marché, 50% d'intégration

· 6 fournisseurs sur 18 certifiés ISO 9001

- L'Economiste: Peut-on dire que le changement à la tête de Fiat Auto Maroc s'effectue dans la continuité?
- M. Salvatore Le Boffe: Oui, c'est effectivement le cas. Pour une multinationale, les changements à la tête des filiales sont normaux pour insuffler du sang neuf à l'organisation. Il y a des périodes différentes dans la vie d'une entité industrielle et commerciale comme la nôtre. Il y a eu le démarrage, puis la mise en place de l'unité industrielle et du réseau de concessionnaires. Aujourd'hui, l'objectif est de consolider et d'améliorer toutes nos réalisations, que ce soit pour la partie commerciale ou pour l'aspect industriel.
Au cours du mandat de mon prédécesseur, M. Jean-Pierre Martin Tardivat, la priorité était de confirmer les acquis commerciaux et de compléter la gamme de véhicules commercialisés par Fiat Auto Maroc. L'année dernière a ainsi été marquée par l'introduction de la Siena et de la Palio. Ainsi, nous sommes actuellement à trois modèles déclinés en 10 versions de voitures pour les voitures montées localement.

- En parlant de modèles et de gammes, les objectifs de départ du projet de voiture mondiale étaient de construire à partir d'une seule et unique plate-forme cinq modèles différents(1). Où en est le projet aujourd'hui?
- Pour Fiat, le projet de voiture mondiale est déjà complété, puisque sur d'autres marchés, nous avons déjà lancé les cinq versions de la voiture mondiale. Au Maroc, la convention signée avec l'Administration marocaine comprenait seulement deux modèles, la Palio et la Siena. Il n'était pas prévu à l'époque de construire d'autres modèles. Cela ne signifie pas pour autant que nous exclurons la possibilité d'en produire d'autres dans le futur si les opportunités existent.
Mais pour cette année et l'année prochaine, notre gamme sera composée uniquement de la Uno, de la Siena et de la Palio.

- Quels sont les objectifs de vente pour cette année?
- Nous aspirons à arriver à un total de 15.000 voitures. En termes de part de marché, notre objectif est d'approcher les 50%.
Au cours du premier trimestre de cette année, nous avons réalisé 43% du marché, soit une évolution de 10% par rapport à 1998. En volume, c'est une progression de plus de 60% qui est enregistrée.

- Concernant la voiture montée localement, quel est le taux d'intégration actuel des véhicules Fiat produites au Maroc?
- Nous sommes aujourd'hui à 33%. Garce à l'assemblage moteur et boîte de vitesses, prévu à partir du mois prochain, nous atteindrons un taux d'intégration de 50% au cours du deuxième semestre de l'année 1999.
En fait, l'objectif de cet exercice est de deux fois 50%: 50 d'intégration et 50 de part de marché.
Vers la fin de l'année, notre taux d'intégration dépassera sûrement les 50% avec les 15% que va rapporter la partie moteur, un taux conforme aux engagements de la convention.

- A propos d'engagement, quel risque poserait pour vous la non-reconduction de la con-vention qui vous lie à l'Administration marocaine en 2003?
- L'histoire de l'industrie automobile tant au Maroc qu'à l'étranger est basée sur la compétitivité reposant sur deux paramètres évidents: la qualité et le coût.
Pour l'aspect qualité,nous avons investi au niveau de trois volets, à savoir un investissement de 160 millions de DH dans l'outil industriel de la Somaca, un investissement de plus de 100 millions de DH en termes de sous-traitance et enfin un volet important de formation du personnel.
Actuellement, les voitures sortant des chaînes de la Somaca répondent aux mêmes normes de qualité que celles de nos autres usines.
Pour la sous-traitance, tous nos équipementiers ont bénéficié de notre support et de notre assistance pour le transfert de technologie et de know-how. Sur les 18 fournisseurs installés au Maroc, 6 sont déjà certifiés ISO 9001.
Concernant le coût, la question est différente. Pour l'instant, le coût de production au Maroc est encore trop élevé en comparaison avec ceux dont bénéficient d'autres pays. Et c'est sur cette variable que doivent être concentrés nos efforts actuels. Ceci nous permettra donc d'appréhender l'après 2003 avec sérénité.

- Serait-il envisageable, en cas de compression des coûts, de réduire les prix de vente des voitures Fiat produites au Maroc?
- Nous sommes en train de procéder actuellement, avec nos fournisseurs, à une analyse de coûts pour étudier la possibilité de les comprimer, l'objectif étant d'arriver aux standards que nous avons dans les autres pays. Toutefois, il ne faut pas se leurrer, aucune baisse des prix ne serait envisageable à court terme. En effet, nous offrons actuellement au client marocain des produits montés localement dont le prix ne couvre pas les frais de production. Autrement dit, nous travaillons encore à perte au Maroc. Mais nous avons décidé de continuer malgré tout, parce que nous croyons en l'avenir de ce marché.

Propos recueillis par Ghassan KHABER

(1) La Siena, la Palio, la Palio Week-end (Break), un pick-up et une camionnette.

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