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    Que doivent faire les gouvernements?
    Par J. Bradford DeLong

    Par L'Economiste | Edition N°:2770 Le 06/05/2008 | Partager

    J. Braford DeLong enseigne l’économie à l’université de Californie de Berkeley. Il coédite le «Journal of Economic Perspectives», une revue de référence sur la nouvelle recherche économique mondiale. Il a été secrétaire d’État adjoint aux Finances sous la présidence de Bill Clinton, de 1993 à 1995. Il a enseigné à Harvard, au MIT et à l’université de Boston, universités qui figurent parmi les plus prestigieuses des Etats-Unis.Son dernier livre est «Speculative Microeconomics for Tomorow’s Economy» sur le rôle des décisions des acteurs. Ses recherches précédentes portaient sur les «mystères» qu’il y a à avoir en même temps de l’inflation, du chômage et de la croissance. L’auteur a un site web où l’on peut accéder gratuitement à ses plus importants travaux, ainsi que discuter ses théories: www.j-bradford-delong.net (Ph. J.B.D.)Depuis 15 ans, les trois locomotives, NTIC, immobilier et industrialisation de l’Asie (voir encadré) ont permis de maintenir une croissance rapide et le quasi-plein emploi. Avec la fin du boom des nouvelles technologies en 2000, la Réserve fédérale américaine a orchestré son remplacement par le boom immobilier, tandis que les investissements en Asie destinés à l’approvisionnement du marché américain ont ralenti. Aujourd’hui, une partie des observateurs critique la politique monétaire d’Alan Greenspan pour alimenter ces trois locomotives: «fabricant de bulles spéculatives en série» est encore l’expression la plus polie que j’ai entendue à son égard. Mais la situation économique mondiale serait-elle vraiment meilleure si avec une autre politique, il avait contenu le chômage à 5% plutôt qu’à 7%, mais sans les 300 milliards de dollars par an de demande américaine pour les produits venant d’Europe, d’Asie et d’Amérique latine? Néanmoins, la première locomotive -les investissements dans les nouvelles technologies- n’est plus alimentée depuis sept ans et l’on ne voit pas aujourd’hui quel autre secteur de pointe, comme les biotechnologies, pourrait inspirer la même exubérance, qu’elle soit rationnelle ou pas. La deuxième locomotive a commencé à toussoter il y a deux ans et elle est sur le point de s’arrêter, ce qui signifie que la troisième -les USA comme importateur de dernier recours- perd également de la vitesse: avec un dollar faible et la crise immobilière, exporter vers les USA n’est plus rentable. . Problème de moteurL’économie mondiale, ainsi que l’a dit Keynes il y a 75 ans, a un problème de moteur. Elle a besoin d’une impulsion : une demande globale plus importante. Aux USA, le dollar faible va doper les exportations nettes et par conséquent la demande globale. Mais du point de vue mondial, les exportations sont un jeu à somme nulle. Il faut donc disposer d’autres sources de demande globale. La première source est le gouvernement lui-même. La prudence budgétaire est importante à moyen et long terme. Mais sur les trois prochaines années, il faudrait un peu partout baisser les impôts - en particulier pour les pauvres qui dépenseront alors davantage. La seconde est l’investissement privé. Les banques centrales baissent déjà les taux d’intérêt sur les actifs les plus sûrs, et elles continueront dans cette voie quand la proximité et l’amplitude de la récession mondiale apparaîtront clairement. Mais des taux d’intérêt bas ne sont pas incompatibles avec la stagnation ou la dépression si les primes de risque restent élevées -ainsi que le monde l’a appris dans les années 1930 et ainsi qu’on l’a vu au Japon dans les années 1990. La tâche la plus délicate pour les gouvernements est de stimuler la capacité de prise de risque du secteur privé de manière à ce que les entreprises puissent accéder plus facilement au capital, ce qui les inciterait à s’agrandir.


    Trois locomotives

    IL n’est pas encore certain que le monde soit condamné à une forte récession dans les trois ans à venir, nous pouvons encore y échapper. Pour cela, il faudrait que les différents pays prennent des mesures plus énergiques pour amortir la montée du chômage, raccourcir sa durée, ainsi que celle de la période de fléchissement de la croissance, voire de régression, qui nous guette. Du fait de la nature humaine, les mesures avisées et appropriées prises aujourd’hui sembleront sans doute excessives vues dans quelques années, car à un moment donné la croissance reprendra. Mais il serait imprudent de croire que ce revirement a déjà eu lieu et que la situation ne va pas empirer. La meilleure façon de la considérer est peut-être d’avoir présent à l’esprit les trois locomotives de l’économie mondiale depuis 15 ans: - des investissements importants -essentiellement aux USA- dans les technologies de l’information en raison de la révolution dans ce secteur;- l’investissement immobilier - également centré sur les USA en raison du développement de ce marché dans ce pays;- les investissements industriels ailleurs dans le monde -notamment en Asie- tandis que les USA sont devenus les importateurs de dernier recours.Copyright: Project Syndicate, 2008 Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz

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